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ZIMBABWE
Des enfants apprennent les leçons de commerce dans les rues
Jeffrey Moyo

HARARE, 8 avr (IPS) - Susan Sithole* a 14 ans et devrait être en classe de troisième ou de seconde, selon le système éducatif du Zimbabwe, en train d'apprendre ses cours de mathématiques, anglais et d'autres matières.

Mais vous la trouvez plutôt à l’angle de la 'Leopold Takawira Avenue' et la 'Robert Mugabe Street', dans le centre de Harare, la capitale du Zimbabwe, en train de vendre des cigarettes, bonbons et des cartes de recharge de téléphone cellulaire, d’apprendre les dures leçons du commerce et de la survie.

Sithole, qui vit dans la banlieue à faible revenu de Machipisa, à Harare, a déclaré à IPS que les 25 dollars qu'elle gagne par semaine ne suffisent pas à payer ses frais d’entretien et doit en avoir encore assez pour envoyer à ses parents pauvres à Chipinge, un district situé à plus de 500 kilomètres à l’est d'Harare.

"Mes parents m'ont envoyée auprès des proches ici pour trouver quelque chose à faire après avoir été incapables de réunir les frais de scolarité pour moi", a indiqué Sithole. Alors, au lieu de continuer l'école jusqu’en classe de troisième, elle a été forcée d'abandonner au milieu de la classe de CM1 pour venir à la capitale du Zimbabwe.

Même si elle pouvait retourner à l'école, elle a dit qu'à son âge, elle se sent gênée de reprendre ses études dans une classe d'enfants qui seront plus jeunes qu’elle d’au moins cinq ans.

Selon les statistiques publiées en janvier par la Coalition contre la corruption, Sithole est seulement l'une des quelque 63.000 enfants de moins de 15 ans dans tout le pays qui sont obligés de travailler en tant que vendeurs, principalement dans les villes frontalières du Zimbabwe. Ceci était une hausse remarquée par rapport aux 42.000 enfants vendeurs annoncés en 2010 dans ce pays de près de 13 millions d’habitants.

Certains disent que l'interdiction des organisations non gouvernementales (ONG) par le gouvernement zimbabwéen en février peut avoir augmenté le nombre d’enfants vendeurs dans ce pays d'Afrique australe puisque bon nombre de ces organisations payaient autrefois les frais de scolarité des enfants défavorisés dans le pays, en particulier ceux des zones rurales.

"Le gouvernement a interdit les ONG locales ici, qui avaient l’habitude de payer les frais de scolarité pour les enfants défavorisés, puisqu’il soupçonnait que ces organisations nourrissaient des ambitions politiques. Cela a fait que beaucoup d’enfants n’ont d’autre choix que de se tourner vers la vente", a expliqué à IPS, un responsable du Bureau de la protection sociale de Mutare, la troisième plus grande ville du pays, dans la province du Manicaland.

L’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, le parti au pouvoir du président Robert Mugabe, a banni 29 organisations en avril 2012, affirmant qu'elles œuvraient pour un changement de régime.

Des responsables de l'Association nationale des organisations non gouvernementales (NANGO), qui ont parlé sous le couvert de l'anonymat, ont déclaré à IPS que depuis l'interdiction des ONG, les écoliers défavorisés ont été incapables de payer leurs frais de scolarité compris entre 30 et 35 dollars par trimestre pour le primaire.

Plus de 850.000 écoliers défavorisés avaient été pris en charge par des ONG avant leur interdiction l'année dernière, ont indiqué les responsables de la NANGO à IPS.

Et 30 dollars sont considérés comme une somme énorme dans un pays où, selon les chiffres d’un rapport de 2010 du Fonds des Nations Unies pour l’enfance intitulé "Protection sociale sensible aux enfants au Zimbabwe", près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté du pays estimé à 1,25 dollar par jour.

En outre, le taux de chômage était de 94 pour cent en 2009, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires. Une grande majorité travaille maintenant dans le secteur informel.

"La situation est vraiment pathétique pour les enfants que nous avons l’habitude de soutenir", a souligné à IPS, un responsable de 'Action Aid International-Zimbabwe' sous le couvert de l'anonymat. "En ce moment, pendant que je vous parle, notre organisation a reçu des informations selon lesquelles plus de 10.000 écoliers ont depuis lors abandonné l'école pour défaut de paiement de leurs frais de scolarité. Il s'agit d'une situation qui oblige les écoliers pauvres à plonger davantage dans la misère".

Givemore Zinyoro, un agent social, a déclaré à IPS que le fait que des enfants soient en train de vendre des biens et des marchandises au bord des voies équivalait au travail des enfants et a accusé le gouvernement d’être laxiste dans la maîtrise de l’augmentation des cas dans le pays.

"Quand les enfants s’aventurent dans la vente, cela équivaut certainement au travail des enfants qui, selon les lois internationales, est illégal", a souligné Zinyoro.

Philip Bohwasi, président du Conseil des agents sociaux du Zimbabwe, a indiqué que l'augmentation du nombre d'enfants qui vendent des biens pour gagner leur vie mettait en lumière un approfondissement de la crise économique et sociale.

"C’est le reflet de l'état actuel de la société, où notre pays continue de tomber davantage dans la crise économique et sociale. Plus de 84 pour cent de la population est au chômage – il ne s'agit pas que des enfants vendeurs".

*Le nom a été modifié pour protéger l’identité de la mineure. (FIN/2013)

 

 

 

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