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ECONOMIE
Aller au-delà de l’aide pour se développer
A. D. McKenzie

PARIS, 8 avr (IPS) - Avec le niveau de l'aide de l’Occident aux pays les plus pauvres de la planète en baisse en pleine crise financière mondiale, les économistes appellent à des moyens "innovants" de développement qui vont d'une taxation appropriée des multinationales à des lois assurant l'égalité de genre.

"Les changeurs de jeu sont une croissance inclusive, l'intégration régionale et l'équité entre les sexes – s’assurer que les femmes ont droit à la propriété et à l'héritage", a déclaré le professeur Mthuli Ncube, économiste en chef et vice-président de la Banque africaine de développement dans une interview accordée à IPS.

Ncube était à Paris il y a une semaine pour assister au Forum mondial sur le développement organisé par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une grande partie de l'attention était focalisée sur l'Afrique, l'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, étant un intervenant principal.

"Il doit exister des relations plus justes et plus transparentes entre les investisseurs et les populations africaines. Toute la question de la négociation des commissions plus équitables est cruciale parce que nous avons vu les prix des produits de base monter, mais les recettes pour les gouvernements africains n’augmentent pas", a affirmé Ncube à IPS.

"L'Afrique dispose d'énormes ressources naturelles, et les investisseurs dans ces ressources naturelles viennent principalement de l'extérieur. Nous devons examiner comment ces investissements peuvent profiter aux populations africaines à travers la création d'emplois, la protection de l'environnement, le développement des entrepreneurs africains et l'utilisation des recettes provenant des ressources pour diversifier les économies africaines", a-t-il dit.

Le Forum mondial a suivi la publication du rapport annuel de l'OCDE qui a montré que l'aide au développement a diminué de quatre pour cent en termes réels en 2012, après une baisse de deux pour cent l'année précédente.

L'OCDE a déclaré que "la poursuite de la crise financière et l'agitation dans la zone euro ont conduit plusieurs gouvernements à resserrer leurs budgets, ce qui a eu un impact direct sur l'aide accordée aux pays pauvres".

Elle a affirmé qu'il y a eu également "un détournement notable de l'aide loin des pays les plus pauvres vers les pays à revenu intermédiaire", mais qu'une reprise modérée des nivaux d'aide est prévue en 2013, selon les plans projetés des dépenses des donateurs.

"Come nous nous approchons de l'échéance de 2015 pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, j'espère que la tendance de l'aide éloignée des pays les plus pauvres sera inversée. Cela est essentiel si l'aide doit jouer son rôle dans la réalisation de ces objectifs", a déclaré Angel Gurría, le secrétaire général de l'OCDE.

Mais l'aide des pays riches n'est pas nécessairement la solution, estiment plusieurs économistes. Franklyn Lisk, professeur de la politique et de la pratique du développement à l'Université de Warwick au Royaume-Uni, a indiqué à IPS que toute la question de l'aide devait être examinée dans le contexte du "développement et de la justice".

"En Afrique, nous avons cette situation paradoxale où le continent le plus riche en termes de ressources naturelles est le plus pauvre en termes de développement humain et de développement physique. Cela est dû en partie au fait que les gouvernements africains sont loin de pouvoir réaliser les bénéfices réels qu’ils devraient obtenir de leurs ressources naturelles", a souligné Lisk à IPS.

"J’aimerais voir ce que j'appelle la justice fiscale parce que beaucoup d’entreprises étrangères dans les industries extractives en Afrique et dans d'autres pays en développement s'en sortent en payant peu ou pas d'impôts, à travers la manipulation et la connivence avec des régimes corrompus", a-t-il ajouté.

Lisk et d'autres économistes estiment que si les pays africains étaient en mesure de réaliser la "vraie valeur de la fiscalité", les recettes représenteraient six fois le volume de l'aide totale.

"Il n'y aurait pas besoin d'aide si les pays africains obtenaient leur part réelle en termes de recettes et de redevances", a affirmé Lisk à IPS. "Nous devons aller au-delà de la croissance économique et au-delà des questions de durabilité pour examiner les dimensions de développement telles que les questions sociales, la justice fiscale, l'égalité de genre - des questions qui ne sont pas suffisamment prises en compte".

Toutefois, pour l'OCDE, l'aide joue un rôle dans le développement, et les hauts responsables de l'organisation ont exprimé leurs inquiétudes par rapport à la baisse des niveaux d'aide, qualifiant cette tendance de "préoccupante".

Ouvrant le Forum le 4 avril, Gurría a déclaré que bien que la pauvreté ait diminué dans le monde, en partie à cause de la croissance économique et des politiques innovantes dans des pays tels que le Brésil et le Bangladesh, il était toujours crucial que la communauté internationale "travaille ensemble pour mettre en avant une vision nouvelle plus ambitieuse pour un monde de développement poste-2015".

En 2012, les membres du Comité de l'aide au développement (CAD) de l’OCDE avaient fourni 125,7 milliards de dollars dans l'aide publique nette au développement, représentant 0,29 pour cent de leurs recettes nationales brutes combinées.

Pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les Nations Unies ont fixé un taux de 0,7 pour cent des recettes nationales brutes comme un objectif.

Gurría a déclaré qu'il était encouragé par le fait que neuf pays aient toutefois réussi à augmenter leur aide, en dépit de la crise. Pendant ce temps, le nouveau président du CAD, Erik Solheim, a indiqué que son comité continuerait d’encourager ses membres à honorer leurs engagements.

"Je salue les efforts déployés par ces neuf membres du CAD qui ont augmenté leur aide en 2012, et j’exhorte les autres à accroître leur aide dès que leurs conditions budgétaires le permettent", a indiqué Solheim.

"Maintenir l'aide n'est pas impossible, même dans le climat fiscal actuel. Le budget 2013-2014 du Royaume-Uni augmente son aide à 0,7 pour cent des recettes nationales, ce qui donne l'espoir que nous pouvons inverser cette tendance qui est à la baisse", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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