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MALI
Les personnes déplacées sur le chemin du retour
Soumaila T. Diarra

BAMAKO, 12 avr (IPS) - Avec leurs propres moyens ou des cars affrétés par les autorités locales, des personnes déplacées regagnent leurs domiciles dans le nord du Mali, une zone encore en proie à l’instabilité après la destruction des bases des djihadistes qui occupaient la région depuis un an.

Depuis l’intervention armée de l’armée française le 11 janvier, les troupes franco-maliennes ont chassé progressivement les groupes islamistes armés qui imposaient la charia aux populations du nord, notamment Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO).

Les déplacés internes avaient trouvé refuge dans les villes maliennes situées plus au sud, fuyant l’occupation islamiste et la guerre contre les différents groupes terroristes.

Au 31 janvier, environ 241.000 déplacés étaient enregistrés au Mali. Contacté au téléphone depuis Tombouctou par IPS, Abdoulaye Touré, un ancien déplacé, a expliqué qu’il est retourné dans sa ville natale dès que les compagnies de transport ont repris la route. «J’étais à Bamako avec ma famille. Mais depuis février, j’ai commencé à faire revenir peu à peu les membres de ma famille à Tombouctou», a-t-il déclaré.

Touré avait trouvé refuge à Bamako, la capitale, lorsque les islamistes et les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont occupé Tombouctou (nord-ouest) en 2012. «J’étais obligé de quitter la ville avec ma famille comme beaucoup d’autres personnes. Les islamistes ont interdit la vente des objets d’art dont je vivais», a-t-il ajouté à IPS.

Dans un rapport publié en février 2013, l’Organisation internationale des migrations (OIM) estimait que 93 pour cent des ménages déplacés au Mali avaient l’intention de retourner dans leur région d’origine. «Sur les ménages déplacés souhaitant retourner, 92 pour cent retourneront dans leur ancien habitat; 23 pour cent souhaitent rentrer dès février, 32 pour cent entre mars et la fin de l’année».

L’OIM indique que les ménages fondent leurs choix sur le retour de la sécurité dans le nord, les calendriers scolaire et agricole. «Il y a beaucoup de gens qui souhaitent retourner dans leur domicile, et ils n’ont pas les moyens de le faire», a affirmé Sadou Diallo, le maire de Gao, la plus grande ville du nord du Mali.

Les autorités municipales de Gao ont lancé, vers la fin-mars, une opération d’aide au retour des déplacés. «Actuellement, 500 volontaires sont inscrits sur la liste des prochains départs. Mais nous, nous n’avons pas assez de moyens; nous sollicitons des cars auprès des compagnies de transport», a indiqué Diallo à IPS. Déjà, plus de 1.000 personnes ont été transportées dans leurs localités d’origine, a-t-il ajouté.

Pourtant, selon le site d’information 'MaliJet' http://www.malijet.com, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), estime que les violences et les combats qui continuent au nord du Mali, n’incitent pas toutes les personnes déplacées à retourner chez elles.

Mais le même site indique que le CICR a constaté depuis début-février un début de retour des déplacés dans le centre du Mali, avec environ 7.000 personnes rentrant chez elles.

Si des déplacés n’hésitent pas à rentrer chez eux malgré l’insécurité, ils sont toutefois dans l’impossibilité de continuer d’exercer une activité économique.

«Avant, je vendais des chaussures en cuir pour nourrir ma famille sans problème. Mais les choses ont changé; il n’y a pas de marché, les gens cherchent à manger d’abord», a expliqué à IPS, Alassane Maïga, un déplacé retourné à Gao grâce à un car réquisitionné par les autorités municipales.

Contacté par IPS, Daouda Guirou, de l’antenne malienne du Programme alimentaire mondial (PAM), a expliqué que les déplacés qui sont de retour dans leurs régions d’origine, ne peuvent pas encore travailler normalement.

«L’économie locale ne fonctionne pas, les marchés sont fermés et même les transporteurs réfléchissent par deux fois avant d’accepter de transporter les vivres que nous distribuons aux populations», a ajouté Guirou.

La situation économique est particulièrement difficile dans le nord-est du pays, notamment dans les villages des régions de Gao et Kidal. Pour répondre aux besoins urgents des personnes déplacées, le PAM leur apporte l’aide alimentaire à travers des organisations non gouvernementales.

Le CICR et la Croix-Rouge malienne ont distribué 122 tonnes de vivres (riz, huile, semoule, sel iodé) à 6.600 personnes à Tin Zaouatène, une localité de la région de Kidal (extrême nord-est), près de la frontière algérienne.

A Korientzé et Sendegué, dans la région de Konna (centre du pays), quelque 3.240 autres personnes déplacées et résidentes ont reçu une assistance en vivres.

Pour sa part, le gouvernement malien poursuit le déploiement de l’administration dans les zones où les déplacés retournent.

Le ministre des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, a déclaré à la presse, le 5 avril, que le Mali est en train de travailler pour que la prochaine résolution des Nations Unies puisse instituer une nouvelle force de stabilisation sous le chapitre VII. Le déploiement rapide de cette force facilitera le retour de l'administration et des déplacés dans les régions nord du pays, a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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