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SENEGAL
Loin du pays, des réfugiés maliens luttent pour refaire leur vie
Issa Sikiti da Silva

DAKAR, 12 avr (IPS) - Mariama Sow, une veuve malienne de 30 ans, et ses trois enfants essaient de trouver un semblant de normalité dans leur vie à Dakar, la capitale du Sénégal, depuis qu'ils ont quitté la ville historique de Tombouctou dans le nord du Mali en juin 2012, pour échapper à l'occupation islamiste.

Sow et ses enfants vivent maintenant dans une sécurité relative avec sa sœur aînée vivant dans ce pays d’Afrique de l’ouest, puisqu’elle aide sa sœur à gérer ses deux Tangana (restaurants informels de banlieue) à Dakar.

"L’occupation (islamiste) n'était pas bonne du tout, elle a affecté beaucoup de vies et continuera de hanter bon nombre d'entre nous dans les années à venir", déclare Sow à IPS, refusant d'expliquer davantage, sauf pour dire que c'était "l'enfer".

"Même si je n'oublierai jamais ce qui s'est passé, j'ai décidé de m'en remettre et de me concentrer sur l'avenir de mes trois enfants qui mangent maintenant bien grâce au soutien de ma sœur aînée", dit-elle avec émotion, ajoutant que l'imposition de la charia dans le nord du Mali a affecté non seulement les femmes, mais tout le monde dans les territoires occupés.

Pendant qu'elle parle, un groupe d'hommes qui travaillent sur un chantier de construction à proximité attendent chacun son tour pour être servi avec un plat de tchep (mets sénégalais fait du riz au gras avec du poisson et des légumes).

Mais Sow est toujours préoccupée par l'avenir de son fils aîné. Son fils de huit ans ne va pas à l'école depuis que les groupes islamistes armés alliés à Al-Qaïda ont occupé le nord du Mali en avril 2012. Ses filles, âgées de quatre et deux ans, ne fréquentent pas encore.

"La première année de mon fils à l'école a été perturbée par l'occupation. C'est maintenant un dilemme parce qu’il ne va pas à l'école depuis lors, et l'année prochaine, il aura neuf ans. Et je ne sais pas quand la vraie paix reviendra au Mali afin qu'il puisse retourner à l'école", dit-elle.

Bien qu'une intervention internationale dirigée par la France en janvier - demandée par le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré – ait finalement chassé les combattants islamistes du nord, la vraie paix dans ce pays d’Afrique de l’ouest semble bien loin. Les djihadistes vaincus ont désormais recours aux attentats-suicides et à d’autres attaques à la guérilla.

Un rapport intitulé "Le Mali au lendemain de l'opération militaire française", publié à la fin de février par l’Institut des études sécuritaires, basé en Afrique du Sud, a demandé que le nord soit rapidement stabilisé et sécurisé maintenant qu'il a été libéré.

"Afin de consolider les acquis militaires obtenus et compte tenu du désir exprimé par la France de réduire sa présence ou, au moins, de 'multilatéraliser' son engagement, l'idée est désormais de déployer une opération des Nations Unies qui prendra la relève de la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali)", indique le rapport rédigé par Lori Anne Théroux-Bénoni.

La guerre dans le nord du Mali a conduit des milliers d'hommes, femmes et d'enfants loin de leurs maisons. A ce jour, il y a 167.370 réfugiés maliens éparpillés dans cinq pays en Afrique de l'ouest, indique le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

La Mauritanie compte le plus grand nombre, avec 68.385 réfugiés, suivie de 50.000 réfugiés au Niger, et 48.939 au Burkina Faso. Il y a 26 et 20 réfugiés en Guinée et au Togo, respectivement.

Awo Dede Cromwell, chargé des rapports sur la situation au Mali au bureau régional du HCR pour l'Afrique de l'ouest, déclare à IPS qu'il y a 31 demandeurs d'asile maliens au Sénégal dont le statut n'a pas encore été examiné par la Commission nationale d'éligibilité au ministère de l'Intérieur. "Il s’agit de sept femmes et de 24 hommes. Il y a trois enfants parmi les 31 demandeurs d'asile", explique Cromwell.

Cependant, Sow est l'un de quelques réfugiés au Sénégal qui ne se sont pas fait enregistrer auprès du HCR, puisqu’elle a eu la chance d'être hébergée par un parent. Beaucoup de Maliens ne sont pas si chanceux, puisqu’ils ont été obligés de vivre dans des camps de réfugiés au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso.

Mais la situation à laquelle son fils est confronté avec sa scolarisation est la même que celle des autres enfants réfugiés maliens.

"Dans les camps de réfugiés, beaucoup d’enfants maliens ont déjà raté des semaines et des mois cruciaux de scolarisation. S’ils n'ont pas accès rapidement à l'éducation, ils peuvent même rater toute l'année scolaire et risqueront d’abandonner l’école lorsqu’ils retourneront au Mali", explique à IPS, Laurent Duvillier, spécialiste régional de la communication au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) pour l’Afrique occidentale et centrale.

"L'avenir de ces écoliers maliens ne doit pas être compromis parce qu'ils sont des réfugiés. Comment le Mali peut-il se reconstruire après le conflit si des milliers de ses enfants sont privés de l'accès à l'éducation?", demande-t-il. (FIN/2013)

 

 

 

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