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AFRIQUE DU SUD
Opposition au déploiement de troupes en RDC
Stanley Karombo

JOHANNESBURG, 12 avr (IPS) - Kholekile Dlamini a été dévastée par la mort de son fils Xolani Dlamini, un soldat de la Force nationale sud-africaine de défense, décédé en République centrafricaine. Comme beaucoup de Sud-Africains, elle n'avait même pas été au courant du déploiement de cette force dans ce pays riche en ressources.

Xolani Dlamini, 27 ans, a été tué par les rebelles de la Seleka en République centrafricaine (RCA) il y a près de trois semaines lors du coup d'Etat du 24 mars qui a fait 13 morts, 27 blessés et un disparu parmi les soldats de la Force nationale sud-africaine de défense (SANDF, son sigle en anglais).

En sanglots, sa mère a déclaré à IPS que les membres de sa famille ont été "attristés et choqués" par la mort prématurée du "Rifleman" (Fusillier) - comme on appelait affectueusement Xolani Dlamini.

Et comme la SANDF a annoncé le 9 avril que tous les soldats avaient été officiellement retirés de la RCA, le gouvernement sud-africain a fermement gardé le voile sur les informations concernant le déploiement controversé qui aurait été mené pour empêcher l'ancien président François Bozizé d'être évincé par les rebelles.

Mais comme le public sud-africain demeure encore largement ignorant des activités de cette mission, une information était tombée le 7 avril selon laquelle le pays allait bientôt envoyer des troupes en République démocratique du Congo (RDC). Les partis d'opposition ont contesté cette décision et exigé que le président Jacob Zuma informe le parlement des détails du déploiement.

Le professeur Shadrack Gutto, un expert du droit constitutionnel à l'Université d'Afrique du Sud, a indiqué à IPS que les événements en RCA "encore frais dans l'esprit de tout le monde, les rebelles en RDC profiteront de cela".

L'Afrique du Sud a accepté d'envoyer des troupes après qu’une résolution adoptée en mars par le Conseil de sécurité des Nations Unies a demandé le déploiement d'une brigade d'intervention en RDC. Cette offensive vise à neutraliser les rebelles, y compris le groupe rebelle M23, dans l'est de la RDC.

"Le président doit dire la vérité sur la question. Il est obligé d’indiquer au public les raisons du déploiement de la SANDF en RCA, au lieu de se cacher derrière la façade de la protection des intérêts nationaux", a déclaré Gutto.

Cependant, le porte-parole de la présidence sud-africaine, Mac Maharaj, a affirmé à IPS que le parlement avait été informé du déploiement en RCA, et que le droit du public à l'information a été pris en compte. Il a indiqué qu’à chaque occasion, lors du déploiement de la SANDF, le président l’avait fait conformément aux exigences constitutionnelles et avait informé le parlement. Il a ajouté que le président continuerait à respecter les exigences constitutionnelles en cas de déploiement des soldats sud-africains.

Bien que le porte-parole de la SANDF, le général de brigade Xolani Mabanga, ait confirmé à IPS que l'Afrique du Sud déploierait plus de troupes en RDC d'ici à la fin d’avril, il n'en a pas révélé le nombre.

Mais le groupe militaire rebelle endurci, le M23, a écrit un message sur tweeter pour dire qu'il riposterait s’il était attaqué par la SANDF. Mabanga a répondu, affirmant que la SANDF ne serait pas "dissuadée de s'acquitter de ses obligations internationales à cause d'un message sur Internet. La SANDF sera prête à exécuter toutes les tâches qui lui seront assignées".

Pendant ce temps, des rapports non confirmés rédigés par des partis d'opposition ont indiqué que le déploiement en RCA était initié pour protéger les intérêts miniers du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC). L'ANC a nié cette allégation.

Pendant cinq ans, des effectifs non divulgués de soldats de la SANDF ont aidé à consolider le gouvernement fragile de la RCA. Le gouvernement sud-africain a déclaré que cela faisait partie d'un accord bilatéral avec le gouvernement centrafricain, signé en 2007 et renouvelé en 2012, visant à assurer la formation de la garde présidentielle de la RCA.

David Zounmenou, un spécialiste de l'Afrique centrale à l'Institut d’études de sécurité, a indiqué à IPS que beaucoup d’observateurs croient que "cela est loin de la réalité" et a accusé l'Afrique du Sud de déployer des troupes à cause des concessions minières.

"Il est encore difficile de vérifier l'exactitude de ces observations. Le contexte dans lequel le déploiement a eu lieu était problématique. Bozizé était attaqué par une coalition de groupes rebelles. Et bien que des partenaires régionaux tels que le Tchad, le Gabon et le Cameroun aient intervenu tôt pour stopper la progression du mouvement et l’aient forcé à aller en négociation, Bozizé avait perdu confiance dans les mécanismes régionaux", a expliqué Zounmenou.

"Son initiative d'inviter l'Afrique du Sud (pour se défendre contre les rebelles) n'était pas bien appréciée. En effet, avec la présence sud-africaine, il pensait qu'il n'était plus vulnérable, il était devenu arrogant et a ignoré l'accord de paix conclu à Libreville".

La Seleka avait lancé une offensive contre le régime de Bozizé en décembre 2012. Elle a abouti à l'Accord de Libreville, un accord de paix signé en janvier entre la Seleka et le gouvernement de Bozizé.

Cependant, Zounmenou estime que l'Afrique du Sud a toujours un rôle à jouer dans les missions de maintien de la paix sur le continent.

Mais il a averti que le pays devrait toujours demander un mandat international auprès de l'ONU avant de se déployer et devrait opérer dans le cadre des accords régionaux.

"L'Afrique du Sud doit aussi s'assurer qu'il existe une paix à maintenir et que les soldats sont suffisamment équipés pour se protéger", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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