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RD CONGO
Le pays attend une ONU moins 'timide'
Stanley Karombo

JOHANNESBURG, 24 avr (IPS) - Comme les premières troupes sud-africaines devraient commencer à arriver en République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre de la force d'intervention des Nations Unies à la fin-avril, des experts de la gouvernance ont salué le nouveau mandat de l'organisation mondiale dans ce pays d’Afrique centrale.

Selon Dr Ola Bello, le directeur du Programme de la gouvernance des ressources africaines à l'Institut sud-africain des relations internationales (SAIIA, son sigle en anglais), le renforcement des forces de l'ONU en RDC est attendu depuis longtemps.

Le 28 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé de changer le statut de sa présence en RDC pour passer d'une force de stabilisation et de maintien de la paix à une force d'intervention.

"Le noyau de la force de l'ONU a été trop timide, comme le prouve la prise de Goma (Nord-Kivu) par les rebelles à la fin de 2012", a déclaré Bello à IPS. Les rebelles du M23 ont pris Goma en novembre 2012, mais se sont retirés après une semaine d'occupation de la ville.

Selon l'ONU, plus de 500.000 personnes ont été chassées de leurs maisons au Nord-Kivu, une province dans l'est de la RDC, à cause du conflit des rebelles.

Le porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), Madnodje Mounoubai, a annoncé sur Radio Okapi, une radio locale soutenue par l'ONU, que la résolution a accordé à cette brigade forte de 3.069 hommes le mandat de neutraliser environ 40 groupes armés opérant dans le pays. Cela se ferait "avec ou sans l'armée congolaise" et prendrait effet à partir de début-mai", a-t-il souligné.

Les pays voisins comme la Tanzanie, le Mozambique et l'Afrique du Sud fourniront des troupes à cette force.

Toutefois, Omar Kavota, le vice-président de la plateforme de la société civile du Nord-Kivu, a indiqué à IPS qu'ils ont condamné le transport des armes sud-africaines à travers l'Ouganda. Les experts de l'ONU ont accusé l'Ouganda et le Rwanda de soutenir les rebelles du M23.

Selon Radio Okapi, l'expédition provenant de la base militaire de Bloemfontein, en Afrique du Sud, a été transportée en Ouganda puis en RDC.

Bello a affirmé qu'il y avait des pièges potentiels dans l'inclusion de l'Afrique du Sud dans l'unité de combat, puisqu’elle pourrait être perçue comme n'étant pas neutre.

Il a ajouté que l'Afrique du Sud était vue comme étant proche du gouvernement du président Joseph Kabila, "ce qui pourrait être interprété comme étant anti-Rwanda et anti-Ouganda".

"Affronter le M23 comporte également un certain risque inhérent puisque le mouvement rebelle prétend (et en réalité, le fait dans une certaine mesure) représenter les intérêts des Tutsis dans l'est de la RDC".

"L'Afrique du Sud et les autres (pays qui) engagent ces forces de combat supplémentaires, devront veiller à ce que leurs actions ne soient pas considérées comme prenant parti dans ce qui est partiellement un conflit interne en cours au sein des différents groupes régionaux et ethniques en RDC", a souligné Bello.

Toutefois, des questions ont été soulevées sur le rôle de l'Union africaine (UA) dans le maintien de la paix sur le continent.

Bello a déclaré que l'UA, à travers son Conseil de paix et de sécurité, et l'Architecture africaine de paix et de sécurité, était en théorie chargée du maintien total de la paix en Afrique.

"La performance a été toutefois inégale avec le succès modeste en Somalie, par exemple, (et a été) entachée d'échecs précipités ailleurs, comme au Darfour, au Soudan, ainsi qu'avec la marginalisation de l'UA par l'Organisation du traité Atlantique Nord (OTAN) dans le conflit libyen".

En 2003, la guerre civile a éclaté au Darfour, entraînant la mort de dizaines de milliers de civils. En 2006, un accord de paix a été signé entre les parties grâce à l'aide de l'UA et en collaboration avec l'ONU. Et en 2011, l'OTAN a assisté la Libye avec des frappes armées lors du soulèvement contre l'ancien président Mouammar Kadhafi (1969-2011). L'UA avait plutôt tenté d'amener une issue pacifique à la rébellion et a plus tard retardé la reconnaissance des nouveaux dirigeants libyens.

Dr Annie Chikwanha, une chercheuse principale au SAIIA, est d’accord avec Bello. Elle a indiqué à IPS que l'approche diplomatique de l'UA peut être conçue pour donner aux Etats membres la chance de résoudre leurs propres différends, mais "des expériences dans les pays où des conflits violents ont éclaté, ont montré que cette solution 'idéale' ne produit pas les résultats escomptés".

"Une approche de réaction plus énergique, coopérative et rapide est susceptible de donner des résultats meilleurs et plus durables dans la protection des citoyens contre leurs dirigeants", a-t-elle ajouté.

Chikwanha a déclaré que les restrictions imposées par le chapitre VIII, article 53 de la Charte des Nations Unies, selon lequel aucune mesure coercitive ne sera entreprise en vertu d'accords régionaux ou par des organismes régionaux sans l'autorisation préalable du Conseil de sécurité, ont paralysé l'UA et fait qu’elle paraît inefficace.

"L'UA a donc tendance à apparaître sur la scène après qu’une grande partie des massacres (ont eu lieu) puisque ses appels diplomatiques n’auraient pas réussi à produire les résultats escomptés. Toutefois, elle a beaucoup d'autres options qu’elle peut utiliser pour prévenir de telles catastrophes", a-t-elle dit.

* Avec un reportage supplémentaire de Taylor Toeka Kakala à Goma, en RDC. (FIN/2013)

 

 

 

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