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SOMALIE
Les femmes profitent des affaires
Abdurrahman Warsameh

MOGADISCIO, 25 avr (IPS) - A Hamarweyne, le plus grand marché de Mogadiscio, la capitale somalienne, Maryama Yunis, 24 ans, connaît du succès avec son petit magasin de produits cosmétiques.

Cette jeune femme somalienne entrepreneuse est dans les affaires depuis deux ans, vendant tout, depuis les savons et les shampoings jusqu’aux rouges à lèvres et les eye-liners (crayons de beauté), et maintenant elle réalise un bénéfice décent.

"Comme davantage de jeunes femmes en Somalie deviennent de plus en plus conscientes de leur beauté et aiment à prendre soin d'elles-mêmes, les affaires dans les produits cosmétiques se sont naturellement développées et je me suis lancée pour répondre à cette demande", a déclaré Yunis à IPS, à Mogadiscio.

Yunis fait partie d'un nombre croissant de femmes dans ce pays musulman traditionnellement conservateur qui se lancent dans les affaires en raison de la possibilité d'atteindre l'indépendance financière et la mobilité ascendante.

Même les femmes instruites dans ce pays de la Corne de l'Afrique devraient se concentrer sur l'entretien des familles, mais les attitudes changent avec le rôle des femmes dans la société, affirme Hawa Dahir, une activiste sociale à Mogadiscio.

"Les temps changent en Somalie et les gens sont maintenant plus conscients du potentiel entrepreneurial des femmes et sont plus tolérants du rôle que les femmes peuvent jouer dans l'économie de la famille et de l’ensemble du pays", a souligné Dahir à IPS.

Yunis elle-même est une diplômée de l'université. Elle a fait des études d’infirmière, mais a choisi plutôt de poursuivre son rêve de devenir une entrepreneuse.

"Avec l'aide de ma mère, j'ai réussi à convaincre mon père de me permettre de réaliser mon rêve et de démarrer le magasin. Avec l'argent que je gagne, je deviens plus indépendante de jour en jour et je suis devenue une source d'inspiration pour beaucoup de jeunes femmes", a indiqué Yunis.

Mais pour bon nombre de femmes, entrer dans le monde des affaires n'est pas un choix, mais une nécessité qui leur est imposée par la mort ou le chômage de leurs maris, selon Dahir, qui étudie les femmes dans les affaires.

Faduma Maow possède une boutique dans le marché de Bakara à Mogadiscio, où elle travaille en tant que vendeuse de vêtements depuis le décès de son mari il y a trois ans.

Cette mère de quatre enfants a affirmé à IPS qu'elle amène ses enfants, âgés de sept à 15 ans, à l'école avant de se diriger vers le marché.

"C’est difficile d'être un parent qui travaille, mais cela peut être aussi gratifiant. Je suis financièrement indépendante et heureuse de pouvoir dire que je fais des progrès vers mon objectif d'élever une famille et de construire un avenir stable pour moi-même et mes enfants", a déclaré Maow.

Dahir a indiqué que bien qu'il n'existe pas de statistiques fiables sur les femmes entrepreneuses somaliennes, leur présence dans la scène des petites entreprises du pays est "palpable".

"Beaucoup de femmes ont commencé des affaires ici au Sinai et dans d'autres marchés à Mogadiscio", a expliqué à IPS, Rahmo Yarey, propriétaire d'un salon de thé dans ce marché très animé. "J'apprends que la même chose se passe sur les marchés dans les régions. Les femmes deviennent des soutiens pour bon nombre de familles dans notre pays".

Les femmes sont impliquées dans une gamme de petites affaires, vendant des vêtements, produits cosmétiques, fruits et des légumes, ou des khats - les feuilles de l'arbuste 'Catha edulis', mâchées comme un stimulant en Somalie.

On trouve également des femmes en train de vendre du carburant dans des marchés en plein air et aux coins des rues de Mogadiscio. Et elles font tout cela avec très peu d’aide.

Les femmes d'affaires somaliennes disent que travailler en tant qu’entrepreneuses a ses défis. D'abord, il est presque impossible de réunir le capital pour démarrer une entreprise.

Les institutions financières locales et internationales ont fermé les portes suite à l'effondrement du gouvernement central en 1991 qui marquait le début de deux décennies de guerre civile.

Deux banques locales sont désormais créées, mais une gère seulement les épargnes et les envois de fonds des Somaliens de la diaspora. L'autre fait des prêts, mais uniquement aux personnes qui peuvent présenter de garanties, ce que peu de femmes ont.

"Ce n'est pas possible d'obtenir de l'argent pour démarrer une entreprise – encore plus difficile si vous êtes une femme", a déclaré à IPS, Aisha Guled, une vendeuse de khats à Mogadiscio.

Guled elle-même a commencé seulement grâce au soutien d'un parent. Elle a affirmé qu'elle a du mal à joindre les deux bouts depuis qu'elle a commencé à vendre les khats.

"La plupart d'entre nous ont commencé avec le peu que nous pourrions obtenir et ont lutté pour arriver au sommet de l'échelle. Certaines ne parviennent pas à le faire, d'autres restent coincées au début, mais certaines sont assez chanceuses d’atteindre le seuil de rentabilité et font de bénéfice tôt puis se développent", a-t-elle indiqué. (FIN/2013)

 

 

 

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