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DROITS
Les OSC réprimées à travers le monde
Nalisha Adams

JOHANNESBURG, 1 mai (IPS) - Alors que le Zimbabwe doit organiser les élections dans un peu moins de deux mois, des mesures répressives contre les organisations de la société civile (OSC) dans ce pays d'Afrique australe se sont intensifiées.

Cette affirmation est faite par Godwin Phiri, président pour la région occidentale de l'Association nationale des organisations non gouvernementales au Zimbabwe.

Phiri déclare à IPS qu'il était très difficile de diffuser des informations aux communautés rurales sur leurs droits en tant qu'électeurs puisqu’elles n'étaient pas autorisées à organiser des rassemblements publics.

"La bataille se trouve dans les communautés rurales où, selon la Loi sur la sécurité et l'ordre public, nous devons informer la police quatre jours d’avance si nous voulons organiser un meeting. Mais la police dit que vous devez demander son autorisation, et ce que nous avons vu au fil du temps, c'est qu'elle décide de quels meetings peuvent être organisés", indique Phiri.

Il ajoute que comme les élections approchent, la police a commencé à interdire des meetings organisés par les OSC dans les zones rurales.

"Avant les élections, la principale chose que nous essayons d'activer, ce sont nos structures locales pour les utiliser comme points de diffusion des informations sur les électeurs. Mais beaucoup de communautés vivent dans un contexte où il y a trop de violences et leurs mouvements sont restreints par la crainte que tout peut arriver et peut être interprété comme anti-gouvernement. Alors, elles ont peur de parler des problèmes", explique-t-il.

Et 'Les Femmes du Zimbabwe s’élèvent' (WOZA, son sigle en anglais), un groupe féminin de pression pour la justice sociale, n'a pas fait exception à la répression contre les OSC, notamment des arrestations, au cours de l'année 2012, fortement considérées comme une mesure du gouvernement d’union pour contrecarrer des opinions contraires.

Jenni Williams, fondatrice et coordinatrice nationale du groupe, déclare à IPS qu'elle et sa co-fondatrice, Magodonga Mahlangu, ont été arrêtées plus de 50 fois au cours des 10 dernières années d’existence de leur organisation. En avril, WOZA a déposé une plainte auprès de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) lors de la 53ème session de cet organe de l'Union africaine.

Cependant, la militante pour les médias et la démocratie, Pedzisai Ruhanya, qui est la directrice de l'Institut de démocratie au Zimbabwe, affirme que cela n'aboutira à rien puisque le gouvernement provocateur du président Robert Mugabe a ignoré d’autres décisions de la CADHP.

"Ils ont fait cela auparavant et ils le feront encore. En réalité, il y a un précédent; ils l'ont fait et qu’est-ce qui leur est arrivé? Ils sont toujours là. Qu'est-ce qui leur est arrivé quand ils... ont défié d'autres décisions du tribunal de Banjul en Gambie où la CADHP est basée?".

"Ils continueront à faire comme d'habitude parce que ce tribunal (la CADHP) n'a pas de dents, c'est un bouledogue édenté et (il) ne peut pas appliquer ses décisions, donc c'est un appendice des Etats parties, y compris le Zimbabwe", souligne Ruhanya.

Mais les expériences de la société civile au Zimbabwe ne sont pas propres à ce pays. Un nouveau rapport publié par CIVICUS, l'alliance mondiale de la société civile, indique que malgré l'espoir que le Printemps arabe, les "indignés" d’Espagne et les mouvements mondiaux 'Occupy' pourraient amener un changement radical, cela ne s'est pas produit.

Ce rapport intitulé "L'état de la société civile 2013", publié le 29 avril, indique que les grands mouvements de personnes en 2012 ont été suivis par "une série d'événements négatifs qui rendent le travail de la société civile encore plus difficile".

"La diffusion sans cesse croissante des médias sociaux et de la technologie mobile, et la multiplication des plateformes numériques pour l'auto-expression, pourraient insinuer que jamais auparavant, la société civile n’a eu autant de canaux pour exprimer ses revendications et ses visions", déclare Mario Lubetkin, directeur général de 'Inter Press Service' (IPS), dans un chapitre de ce rapport co-rédigé avec Stefania Milan, une chercheuse au laboratoire interdisciplinaire 'Citizen Lab'.

Milan et Lubetkin affirment, cependant, que ce n'est pas vraiment le cas et notent que "le programme des informations est aujourd'hui largement dominé par des histoires provenant de l’ensemble du Nord.

"Le paysage médiatique est toujours caractérisé par la concentration croissante des médias, la prédominance de 'l'info-spectacle' et du 'sensationnalisme' sur l'information et l'analyse, et la prévalence des voix de l’Occident au détriment d'un Sud global réduit au silence".

Ils recommandent que "la familiarisation avec le monde du journalisme, ses besoins et ses pratiques, est essentielle pour les OSC, et même davantage pour les personnes dont la tâche est d’atteindre les journalistes".

Dans son introduction au rapport, Dhananjayan Sriskandarajah, secrétaire général et directeur général de CIVICUS, est d'accord avec Milan et Lubetkin.

"Les nouvelles technologies font qu'il est plus facile d'accéder à l'information, de communiquer avec d'autres personnes partageant les mêmes idées, et de mobiliser un grand nombre de personnes. Mais les restrictions sur les sites web et les médias sociaux sont de plus en plus utilisées comme instruments pour maintenir les citoyens dans l’obscurité et les empêcher de scruter la corruption".

*Avec un reportage complémentaire de Misheck Rusere à Harare. (FIN/2013)

 

 

 

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