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COMMERCE
L’ONU reconnaît le trafic des espèces sauvages comme un "crime grave"
Carey L. Biron

WASHINGTON, 2 mai (IPS) - Les groupes de défense de l'environnement saluent une nouvelle décision des Nations Unies de qualifier officiellement le trafic international des espèces sauvages et du bois de crime grave organisé.

Cela constitue une démarche qui, selon les défenseurs, donnera enfin aux responsables chargés d'appliquer le droit international les instruments nécessaires pour contrer les taux grimpants de braconnage.

Les crimes liés au trafic de la flore et de la faune sont aujourd'hui l'une des plus importantes mines d’or pour des réseaux criminels, s'élevant à quelque 17 milliards de dollars par an, selon certaines estimations. Cela ferait de ce marché noir le quatrième plus grand crime transnational dans le monde, selon 'Global Financial Integrity', un groupe de défense basé à Washington.

Le 26 avril, une nouvelle résolution sur la question a été adoptée presque à l’unanimité à l'issue d'un sommet de la Commission des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice pénale (CPCJP, souvent appelée la Commission des Nations Unies sur les crimes). Cette résolution, proposée par les Etats-Unis et le Pérou, exhorte désormais les Etats membres à considérer formellement le commerce illicite de la flore ou de la faune sauvages comme un "crime grave".

"Il est louable que la CPCJP de l'ONU prenne note du crime sur les espèces sauvages", a déclaré à IPS, Peter Paul van Dijk, directeur du programme de la préservation des tortues et des tortues d'eau douce à 'Conservation International', un réseau international.

"Cela démontre comment le crime sur les espèces sauvages n'est plus perçu comme un type de crime proportionnellement mineur affectant des espèces spécifiques, mais commence maintenant à être compris comme étant symptomatique de problèmes sous-jacents de la sécurité des ressources naturelles, de gouvernance et de transparence, et des actions internationales inefficaces".

Il poursuit: "Le crime international sur les espèces sauvages peut générer des fonds pour alimenter des insurrections et l'instabilité, et justifie une réponse tout aussi coordonnée et priorisée de la communauté internationale, notamment les Nations Unies".

Selon les règles de l'ONU, la qualification de "crime grave" peut requérir des peines sévères de quatre ans d’emprisonnement ou plus, et permettra également à l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) d'étendre son rôle dans la lutte contre ce commerce. Pendant des années, les crimes liés à l'environnement ont enregistré l'un des plus faibles taux de condamnation au monde.

"Ceci est une résolution de pointe en termes de reconnaissance de la gravité des crimes sur les espèces sauvages, d’encouragement des gouvernements à voir cela non pas juste comme une question environnementale, mais en tant qu’un crime similaire au trafic d’êtres humains ou d’armes", a indiqué à IPS, depuis Genève, Wendy Elliott, la chef de file de la campagne relative au crime sur les espèces sauvages au Fonds mondial pour la nature (FMN), un groupe mondial pour la préservation.

"Depuis tant d’années, les braconniers et trafiquants d'espèces sauvages écopent des amendes et sont rapidement retournés dans les rues. L'élément le plus important ici, c’est l'effet dissuasif potentiel de peine de prison significative".

Impact sur le développement

Ces dernières années ont vu une augmentation spectaculaire du braconnage, en particulier en Afrique. Beaucoup indiquent que cela est largement dû à la force croissante des dépenses de consommation en Asie.

Au cours de la dernière décennie et demie, soulignent des experts, l'Afrique du Sud a enregistré une hausse vertigineuse de 5.000 pour cent de la chasse illégale de rhinocéros, alors que le braconnage des éléphants est aussi actuellement à des niveaux record, à environ 30.000 morts chaque année. Pendant ce temps, on pense que près d'un tiers de tout le bois à travers le monde aujourd'hui a été illégalement abattu.

Alors que le crime sur les espèces sauvages a été discuté pour la première par l'Assemblée générale de l'ONU il y a une dizaine d'années, Elliott affirme que la question n'a jamais été aussi grave qu'elle l'est aujourd'hui.

"Historiquement, le braconnage était une activité locale à petite échelle, mais la valeur à la fois du produit et de la demande est désormais vue à des niveaux semblables à d'autres grands produits de base illégaux", note-t-elle.

"En retour, cela a attiré des associations criminelles organisées, donc la réponse nécessaire est quelque chose de complètement différent. C'est le changement que nous commençons à voir maintenant, mais nous avons vraiment besoin de renforcer cela au niveau mondial – les crimes sur les espèces sauvages rongent un ensemble fini de ressources, après tout, et le temps passe".

Une grande partie du nouvel intérêt international pour le trafic des espèces sauvages et du bois peut être presque certainement attribuée aux groupes qui se sont impliqués, ainsi qu’au financement illicite qu'ils ont pu obtenir. Selon un communiqué de presse publié par le FMN et d'autres organisations de défense de l'environnement en prélude aux réunions de la CPCJP, ces groupes comprennent des rebelles en Somalie, au Rwanda, au Soudan et autres.

"Le commerce illégal d’espèces sauvages seul accumule des bénéfices de l'ordre de 10 milliards de dollars chaque année, [et] le commerce illicite est étroitement lié à la corruption, au blanchiment d'argent et au trafic d'autres produits tels que les armes et les stupéfiants", a souligné à la CPCJP, en introduisant la résolution, Brian A. Nichols, un secrétaire assistant au Bureau américain des affaires internationales de stupéfiants et d'application de la loi.

"Il compromet la sécurité, la stabilité et l’Etat de droit. Les criminels qui pratiquent illégalement le braconnage et le commerce des espèces sauvages font partie des réseaux intégrés qui couvrent des continents. Ils dévastent les communautés locales et ont poussé de plus en plus d’espèces vers la disparition".

En effet, l'impact du braconnage d’espèces sauvages sur les économies et les efforts de développement locaux peut être extrêmement significatif.

"Ces crimes non seulement mettent la survie des espèces en voie de disparition en péril, mais menacent également la sécurité et le développement économique durable", note Elliott.

"Dans beaucoup de pays africains, les espèces sauvages continuent de constituer une importante source de revenu familial et de produit intérieur brut. Donc cela est impératif du point de vue du développement, des années de progrès dans le développement étant potentiellement mises en danger". (FIN/2013)

 

 

 

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