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SOUDAN
Des rebelles préparent la guerre
William Lloyd-George

ADDIS-ABEBA, 6 mai (IPS) - Une coalition rebelle au Soudan a déclaré la guerre au gouvernement, moins d'une semaine après avoir attaqué les forces soudanaises. "Désormais, il y a une guerre totale dans le nouveau sud du nord", a déclaré à IPS, Yasir Arman, un leader d'un des groupes armés dans l'alliance. Il ajoute que les rebelles contrôlent maintenant une partie sud du pays.

L’activité rebelle avait été auparavant restreinte au sud et à l'est du Soudan. Mais l'attaque du 27 avril par le Front révolutionnaire du Soudan (FRS) au Kordofan-Nord, qui se trouve à 482 kilomètres de la capitale soudanaise, Khartoum, était la première grande offensive à être lancée dans le centre du Soudan.

"Maintenant, nous nous battons sous un seul commandement, et nous avons un leadership politique unifié", a indiqué Arman, le secrétaire général du Front de libération du peuple soudanais-Nord (SPLM-N), lors d’une interview dans un hôtel à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie voisine.

Le FRS est composé de groupes d'insurgés originaires de la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, notamment le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) et les deux principales factions du Mouvement de libération du Soudan. Le SPLM-N, qui fait également partie du FRS, est originaire des Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, dans le sud du Soudan.

Auparavant, ces groupes avaient combattu de manière relativement indépendante, le désir des rebelles du Darfour d'un Etat islamiste étant un obstacle majeur à la formation d'une alliance. Lorsque le MJE a cédé à l'offre du SPLM-N de créer un Etat laïque au Soudan, une fois le président Omar al-Bashir déposé, l'alliance a été formée en novembre 2011, et elle a apparemment gagné en force depuis lors.

Les objectifs principaux du FRS sont pour la formation d'un nouveau gouvernement de transition d'union nationale, la fin de la marginalisation des périphéries, et l'installation d'un système fédéral décentralisé fondé sur une constitution laïque. Ils ont également souligné la nécessité des droits fonciers et d’un appui pour les éleveurs.

Le 5 janvier, le FRS a tendu la main aux partis d'opposition et aux groupes de la société civile, et a signé une "Charte de l'aube nouvelle" à Kampala, en Ouganda, qui appelle à une transition inclusive.

"Nous croyons que la réponse de la communauté internationale devrait être de chercher un nouveau mécanisme pour mettre fin aux guerres au Soudan. Pas à travers des solutions fragmentaires. Si le Parti du congrès national (le parti au pouvoir au Soudan) est autorisé à poursuivre ses politiques, alors le Soudan n'aura jamais la stabilité. La stabilité réside dans l'obtention d’un nouveau plan qui abordera les questions fondamentales du Soudan", a expliqué Arman.

Suite à la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011, le Sud-Kordofan a été laissé comme faisant partie du Soudan, mais un accord a été conclu pour permettre aux habitants de voter pour leur avenir.

Toutefois, le SPLM-N a pris les armes en juillet 2011, suite à ce qu'ils ont jugé être des élections frauduleuses pour choisir un gouverneur d'Etat et une assemblée d'Etat pour le Sud-Kordofan en mai 2011. Ils ont allégué que le gouvernement soudanais a truqué le scrutin afin de nommer leur candidat choisi, Ahmed Haroun, en tant que leader régional du Sud-Kordofan.

Au moment de son interview accordée à IPS, Arman et une équipe de négociation du SPLM-N étaient à Addis-Abeba pour des pourparlers entre le groupe rebelle et le gouvernement soudanais, qui se sont rapidement achevés dans une impasse. Selon Arman, Khartoum n'est pas intéressé à trouver une solution globale aux conflits, mais cherche plutôt à coopter les différents groupes individuellement pour qu’ils travaillent sous le système du régime - un système qu'ils rejettent.

"Ils n'ont pas un plan stratégique pour trouver la paix, ils veulent juste nous offrir des emplois et travailler selon cette constitution", a déclaré Arman. "Nous ne voulons pas cela. Nous ne sommes pas des demandeurs d'emploi, nous voulons une transition inclusive qui comprend toutes les composantes de la société, pour une nouvelle constitution".

Mais un rapport publié en février par 'International Crisis Group', une ONG internationale anti-conflits, indiquait: "La création du FRS met en cause l'incapacité (ou la réticence) des acteurs internationaux à répondre aux crises du Soudan dans leur ensemble. La plupart des diplomates continuent de rechercher des solutions fragmentaires, localisées, rapides (et souvent mort-nées)".

Cependant, le rapport a également estimé que le FRS pourrait fournir une bonne occasion pour étendre les négociations locales au niveau national et, finalement, s'attaquer aux causes profondes des conflits au Soudan. Il a expliqué que si les négociations abordent partiellement la marginalisation politique des périphéries, des appels à l'autodétermination pourraient bien s’intensifier.

Le principal obstacle à la réalisation de la paix, a indiqué Arman, était un manque de volonté de la part du gouvernement soudanais d’engager tous les rebelles dans leur ensemble et de s'attaquer aux vraies causes des conflits. Jusqu'à ce que chacune des parties fasse marche arrière, ou qu’un terrain d'entente soit trouvé, il apparaît que la guerre continuera de faire rage entre les deux parties.

Arman a affirmé que des troupes du FRS sont encore au Nord-Kordofan et se préparent pour plus d’attaques dans la région.

"Je crois que l'équilibre des forces signifie maintenant que nos troupes auront plus d’avantages sur le terrain dans les deux prochaines semaines. Le gouvernement se prépare, et fait venir ses troupes de tous les coins du Soudan; nous nous préparons également", a déclaré Arman. (FIN/2013)

 

 

 

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