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ZIMBABWE
Les vieux doivent céder la place aux jeunes en politique
Ignatius Banda

BULAWAYO, 7 mai (IPS) - Comme les jeunes politiciens du Zimbabwe accentuent leurs exigences d’être autorisés à jouer un rôle plus important dans la gestion du pays, des analystes estiment que cela pourrait signaler un changement dans l'apathie des jeunes électeurs lors des prochaines élections.

"Les jeunes commencent à voir la politique autrement", a déclaré à IPS, Tinaye Juru, un analyste politique travaillant à Bulawayo, dans le sud du Zimbabwe.

"Nous assistons à un changement passant de l'acceptation d'être appelée les leaders de demain pour (voir la jeunesse) demander 'Pourquoi attendre jusqu’à demain, alors que nous pouvons faire cela aujourd'hui?'", a indiqué Juru.

Les élections dans ce pays d'Afrique australe sont prévues après le 29 juin à la fin du mandat du parlement.

Et beaucoup estiment que ces élections pourraient être une occasion pour les jeunes de s'engager dans la politique active en tant que législateurs – à condition que leurs partis politiques cèdent à la demande croissante de les inclure plus activement.

Historiquement, les jeunes politiciens dans le pays ont été limités à battre campagne pour les hauts responsables du parti.

La participation des jeunes aux élections au Zimbabwe est faible, selon 'Freedom House', une ONG internationale de défense des droits et de la démocratie. Un rapport publié en juin 2012 par l'organisation, intitulé "Le changement et la 'nouvelle' politique au Zimbabwe", notait qu'il existe "des niveaux disproportionnellement faibles d'enregistrement des électeurs dans deux tranches d'âge, de 18 à 25 ans et de 26 à 35 ans".

Dans un pays où, selon l'Agence nationale des statistiques du Zimbabwe, jusqu'à 60 pour cent de la population a moins de 35 ans, c'est un sujet de grande préoccupation.

Il y a déjà un tollé au sein du Mouvement pour le changement démocratique dirigé par le Premier ministre Morgan Tsvangirai (MDC-T) contre de hauts responsables du parti qui n'ont pas obtenu de bons résultats. L'Assemblée des jeunes du parti, son aile de la jeunesse, a exigé que le MDC-T organise ses propres élections primaires afin de sélectionner les candidats pour des sièges au parlement lors des prochaines élections.

Auparavant, les candidats en exercice au sein du parti n'étaient pas confrontés à une lutte interne quelconque pour leurs sièges à la législature et recherchaient simplement la réélection. Mais l'Assemblée des jeunes du MDC-T a déclaré que la jeunesse pourrait faire un meilleur travail pour le parti et leur pays et a proposé un quota pour la jeunesse au parlement.

Clifford Hlatshwayo, le secrétaire national à l’information de l’Assemblée des jeunes du MDC-T, a affirmé à IPS: "Nous voulons que des sièges soient réservés pour les jeunes. C'est la seule façon de nous préparer (les jeunes) pour l'avenir si nous devons diriger ce pays".

La même situation existe au sein du MDC dirigée par Welshman Ncube, une faction dissidente du MDC original. Les futurs candidats dans les rangs de sa ligue des jeunes sont mécontents des responsables qui les ont rejetés comme des "casse-pieds", a indiqué à IPS, un membre de l'aile de la jeunesse, sous couvert de l'anonymat.

"Le parti nous a demandé, avec d'autres futurs candidats, de présenter nos documents de candidature pour les primaires. Mais, curieusement, nos documents de soumission ont disparu", a-t-il dit.

Alors que de l’autre côté, l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF) du président Robert Mugabe a été accusée de réprimer la jeune génération et de l’empêcher de monter dans les rangs du parti.

Un haut responsable de la ligue officielle des jeunes de la ZANU-PF à Bulawayo, qui parlait sous couvert de l'anonymat, a déclaré à IPS qu'il était difficile de percer le plafond de verre du parti puisque ceux qui n'avaient pas combattu dans la guerre de libération n'étaient pas bien considérés par les membres supérieurs du parti. Entre 1964 et 1979, les Zimbabwéens ont lutté pour un régime indépendant du gouvernement de la Rhodésie d'alors d’Ian Smith.

"Il y a encore des personnes âgées dans le parti qui pensent que si vous rivalisez avec elles lors des élections primaires, vous êtes en train de les saboter", a-t-il dit.

"Finalement, nous nous asseyons derrière et faisons de notre mieux pour battre campagne pour le parti. Même les plus jeunes députés du parti n'apprécient pas les critiques et n'hésitent pas à prétendre que nous (agissons au nom de) l'une ou l'autre faction (lorsque nous nous opposons à eux), et c’est devenu quelque chose dont nous ne discutons pas".

Philemon Ncube, un prêtre et analyste politique à Bulawayo, a déclaré à IPS que les partis politiques doivent faire davantage pour s'assurer que les jeunes sont en mesure de diriger. "Aucun mécanisme n'a été mis en place par tous les partis politiques pour encourager le renouvellement du leadership et cela fera qu’il sera difficile pour les jeunes de s'introduire dans les rangs".

Mais ce ne sont pas tous les jeunes qui ont apprécié l'idée d'être gouvernés par leurs pairs.

"Les jeunes ont vu les bénéfices de la fonction publique à partir des parlementaires qui exigent toujours des avantages ridicules auprès (du trésor)", a indiqué à IPS, Nathan Molife, un étudiant de 22 ans à l'Université nationale des sciences et de la technologie.

"Leurs motivations sont devenues gâchées par notre politique où beaucoup croient qu'aucun politicien ne devrait être pauvre, peu importe le niveau de pauvreté dans lequel les gens vivent. Peut-être je voterai pour un jeune député, peut-être je ne le ferai pas. Je ne sais pas", a déclaré Molife, exprimant la méfiance envers les politiciens en général.

*Cet article a été produit en collaboration avec la Fondation Heinrich Böll et apparaît dans leur rapport sur les Perspectives. (FIN/2013)

 

 

 

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