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TANZANIE
Préserver le sol pour obtenir des récoltes plus grandes
Orton Kiishweko

MOROGORO, Tanzanie, 7 mai (IPS) - Peter Mcharo, un petit fermier dans la région de Morogoro, dans l’est de la Tanzanie, a raison de sourire. Ses champs sont remplis de plants de maïs verts et robustes, il a un sol plus riche et passe désormais moins de temps à cultiver qu'il ne le faisait il y a deux ans.

Considérée comme l'une des principales solutions à l'insécurité alimentaire et comme un mécanisme pour s'adapter au changement climatique en Afrique, l'agriculture de conservation (AC) donne aux petits fermiers tanzaniens comme Mcharo de meilleures récoltes pendant que le pays est confronté à une grave pénurie alimentaire.

Le 22 avril, le ministre tanzanien de l'Agriculture, de la Sécurité alimentaire et des Coopératives, Christopher Chiza, a exhorté les agriculteurs à utiliser l’AC, puisque 47 districts dans ce pays d'Afrique de l’est sont confrontés à une grave pénurie alimentaire. Et cela malgré un excédent de 12 pour cent enregistré au cours des récoltes de 2011-2012.

Les régions touchées comprennent Kilimanjaro, Lindi, Tanga, Mtwara, Coast, Iringa, Kagera, Mwanza et Singida.

Mais Mcharo, qui est originaire du village de Kibaigwa, a déclaré à IPS: "Dans mes cinq saisons d'utilisation du système, j'ai confirmé que c'est mieux de pratiquer l'agriculture de conservation puisque mes collègues de la coopérative villageoise ont fait un profit plus grand par demi-hectare (par rapport au moment où nous) cultivions un lopin de terre plus grand". Mcharo et les 30 agriculteurs de son village qui appartiennent à la coopérative Umoja (Unité en swahili), sont tous impliqués dans l’AC.

Ils sont parmi un certain nombre d'agriculteurs dans le pays qui ont bénéficié d'un projet agricole de l'AC depuis que l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) l’a introduite dans la région en 1998. Ce projet appuyé par la FAO et géré par le ministère de l'Agriculture, de la Sécurité alimentaire et des Coopératives, a profité à quelque 4.000 petits fermiers, dans les régions du centre et du nord comme Morogoro, Kilosa, Mbeya, Arusha, Babati et Manyara.

Selon un rapport de 2007 rédigé par Richard Shetto et Marietha Owenya en collaboration avec la FAO et d'autres partenaires intitulé "L'agriculture de conservation telle que pratiquée en Tanzanie - trois études de cas", l'agriculture est la base de l'économie du pays.

Elle représente "environ la moitié du produit intérieur brut et des exportations de marchandises à la fois. Environ 80 pour cent de la population de 34,5 millions d’habitants du pays, en particulier ceux des zones rurales et périurbaines, dépendent de l'agriculture pour leurs moyens de subsistance".

L'AC est une pratique de production agricole efficace en ressources qui implique une perturbation mécanique minimale ou même zéro du sol, gardant le sol couvert en tout temps - soit par une culture en croissance ou un paillis mort de résidus de culture - et utilisant la rotation de cultures diversifiées. En outre, l'utilisation de pesticides est réduite ou évitée et le contrôle biologique est encouragé.

L'accent est mis sur des outils simples et peu coûteux tels que les planteurs et les rippers tirés par des bœufs. Une invention brésilienne, le Fitarelli, un planteur sans labour, devient de plus en plus un outil populaire de l’AC.

Pour cette saison agricole, Mcharo a utilisé un ripper - un outil qui provoque une perturbation minimale du sol. Il n'a même pas labouré la terre ou utilisé d’engrais, mais la récolte obtenue sur sa ferme de 1,2 hectare a augmenté pour passer d'à peine 20 kilogrammes de maïs par demi-hectare il y a deux ans, à 50 kg sur la même superficie au cours de la dernière récolte en novembre 2012. Mcharo cultive aussi des arachides, avec son maïs.

"Je pouvais dépenser bien plus de 125 dollars pour préparer mon petit lopin de terre et acheter de l'engrais et des semences, mais je ne récolterais que 15 kg de maïs par demi-hectare, et obtiendrais 106 dollars pour cette quantité", a affirmé Mcharo. "Outre la réduction des coûts de production, j'ai trouvé que cette technologie fait gagner du temps et est moins rigoureuse".

Cette pratique a également amélioré son mode de vie.

Mcharo a gagné 250 dollars au cours de sa dernière récolte - presque trois fois ce qu'il a obtenu l'année précédente. Ce fermier, qui a une famille de neuf personnes, a indiqué qu'il a pu refaire le toit de sa maison avec des feuilles de tôle, acheter un motoculteur et ajouter 1,2 hectare supplémentaire à sa terre arable où il commencera à cultiver du riz la saison prochaine.

Mark Lyimo, un ingénieur agronome au ministère de l'Agriculture, de la Sécurité alimentaire et des Coopératives, a dirigé la première phase de la mise en œuvre de l’AC et de la mécanisation agricole pour une production durable de cultures et de bétail.

Il a déclaré à IPS que le labour de conservation - labour zéro ou minimal - est l'une des pratiques avérées pour lutter efficacement contre la dégradation des sols.

"Cela était nécessaire en raison de l'érosion et de la baisse de la fertilité des sols qui menacent de vastes surfaces de terres agricoles en Afrique et, par conséquent, l'existence des fermes et des familles agricoles", a-t-il dit.

"Cette technologie se focalise principalement sur la production durable des cultures sous une exploitation intensive des terres où deux cultures, une légumineuse et une céréale, sont produites ensemble deux fois par an", a expliqué Lyimo.

Selon le ministère de l'Agriculture, de la Sécurité alimentaire et des Coopératives, le maïs et les légumineuses ainsi que les haricots et les arachides sont généralement produits ensemble dans les régions du nord et du centre. (FIN/2013)

 

 

 

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