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DEVELOPPEMENT
Des leçons d’intégration économique pour l’Union africaine
John Fraser

JOHANNESBURG, 8 mai (IPS) - Bien que l’Union africaine (UA) célèbre son 50ème anniversaire cette année, elle est encore plus jeune et moins intégrée que l’Union européenne qui a 56 ans, et a, selon des politiciens et des diplomates, un grand avantage sur les Européens pendant qu’elle trace sa propre voie d’intégration.

L’Afrique peut voir là où l’Europe a essayé d’aller trop loin, trop vite. Mais elle peut aussi regarder là où les Européens ont réussi, comme elle définit sa propre voie vers une intégration plus grande.

"L’Afrique en particulier a besoin d’être intégrée pour profiter des énormes économies en ressources d’Afrique du Sud, d’Angola, d’Ethiopie, des Soudans, et probablement de toute la région du Sahel – des économies peuplées en croissance comme le Nigeria et la République démocratique du Congo", a déclaré à IPS, Alec Erwin, ministre sud-africain de l’Industrie et du Commerce.

Erwin a négocié l’accord de commerce, de coopération et de développement de son pays avec Bruxelles, et possède une vaste expérience dans les affaires avec l’Union européenne (UE).

Il ne peut exister aucun doute que l’UE soit disposée à partager les leçons qu’elle a apprises, et il y a un dialogue régulier entre l’UE et l’UA.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et six de ses commissaires ont voyagé à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, du 25 au 26 avril pour rencontrer leurs homologues de l’UA dans le cadre des préparatifs pour le Sommet UE-Afrique qui aura lieu l’année prochaine.

Alors que les thèmes de coopération et de partenariat retentiront sans doute, la récente crise au sujet de l’euro, lorsque la Grèce et certains autres membres avaient besoin des renflouements pour maintenir leurs économies à flot, sert à souligner la façon dont l’intégration entre des nations souveraines peut apporter des pièges ainsi que des avantages.

Toutefois, bien que l’Europe ait réussi dans beaucoup de domaines techniques, la récente crise de l’euro montre comment les objectifs politiques étaient poursuivis sans le pivot nécessaire de l’intégration économique et financière.

"Le plus grand avertissement a émergé seulement récemment et il venait du processus d’intégration macro et monétaire", a indiqué Erwin.

"Malgré les tentatives de forcer un degré d’harmonisation – avec le Traité de Maastricht qui a créé l’Union européenne – il était devenu clair qu’en fait, les économies étaient trop disparates en taille, efficacité, et en stabilité économique pour résister à une crise".

Il a souligné qu’il y a en cela une leçon claire pour l’Afrique puisqu’il doit exister un plan systématique vers l’intégration économique.

"Nous courons le risque de tomber dans des problèmes avec la libéralisation des échanges", a-t-il prévenu.

"Bien que cela soit important, il peut avoir sérieusement des effets inverses si ce n’est pas correctement traité. La libéralisation des échanges nécessite une bonne facilitation du commerce entre les économies et les économies sensibles".

"Ces deux exigences tournent essentiellement autour d’une énergie, d’une logistique et des communications abordables et accessibles. En outre, il y a toute une série de réformes institutionnelles de facilitation des échanges qui doivent être faites".

"Alors, comme l’UE au début, nous devrions nous concentrer sur les infrastructures et la facilitation des échanges comme des projets essentiels".

Erwin a indiqué que dans le passé, le Nigeria, l’Algérie, l’Ethiopie, la Tanzanie et l’Afrique du Sud coopéraient plus étroitement, et que de grands progrès étaient faits dans le développement de l’Afrique.

"C’est cette coopération qui est aujourd’hui absente le plus et de façon frappante", a-t-il souligné. "Elle requiert une diplomatie et le doigté puisque personne n’aime penser que le monde africain va être dirigé par ses géants".

L’ambassadeur de l’UE en Afrique du Sud, Roeland van de Geer, a déclaré à IPS: "S’il y a quelque chose à apprendre de l’intégration européenne, c’est que la route vers une union est cahoteuse – l’intégration ne se produit par de façon isolée, et des facteurs tant internes qu’externes placeront des obstacles le long du chemin".

L’ancien ambassadeur d’Afrique du Sud à l’UE, le professeur Eltie Links, a repris ce message, indiquant à IPS: "Mon avertissement à l’Afrique, c’est de ne pas tenter d’imiter les Européens dans tous les aspects de la voie de l’intégration".

"Nous avons l’avantage de leur expérience au cours de ces dernières années et en particulier ces derniers mois pour tenter de comprendre la façon de gérer la vaste UE élargie dans toutes ses sphères".

"Ces choses nous invitent à être plus prudents dans notre propre besoin de nous intégrer, concernant spécialement la vitesse et la profondeur de l’intégration dont nous en tant qu’Africains parlons si aisément".

Links a affirmé que les niveaux de développement étaient si différents en Europe, sans parler de l’Afrique, que décider d’un rassemblement de pays dans une union économique ou monétaire, sans une préparation minutieuse nécessaire, serait une grave erreur.

John Mare, un ancien diplomate sud-africain, qui a servi à l’ambassade de son pays à Bruxelles, a indiqué qu’une grande partie de l’harmonisation plus détaillée des normes et règles, que l’UE a entreprise, pourrait servir de modèle pour l’Afrique.

"L’UA a beaucoup à apprendre de l’UE en termes de diverses formes d’intégration technique – telles que l’obtention de normes similaires pour les diplômes, les panneaux de signalisation, les normes environnementales, les normes de sécurité alimentaire, le développement infrastructurel, etc.", a-t-il souligné.

"Elle peut apprendre comment déléguer des activités coordonnées visant à améliorer l’intégration régionale aux entités sous-régionales qui produisent d’abord des résultats améliorés, et ensuite éliminent les doublons".

Toutefois, Links a estimé que l’Afrique pourrait appendre non seulement des pratiques de l’UE, mais aussi de ses valeurs. (FIN/2013)

 

 

 

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