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SOMALIE
Accorder aux extrémistes une seconde chance
Muhyadin Ahmed Roble

MOGADISCIO, 9 mai (IPS) - A 18 ans, Farah Osman ne devrait pas être un soldat aguerri. Il n'aurait pas dû passer les sept dernières années à se battre pour le groupe extrémiste islamiste somalien Al-Shabaab, ou avoir été formé par des djihadistes étrangers dans le maniement et la réparation des armes et dans l'amélioration de ses compétences de tir.

Mais il l’a fait. Et aujourd’hui, il est aussi un déserteur. Cet adolescent élancé et mince est l'un des quelque 800 ex-combattants d'Al-Shabaab qui séjournent au Centre de réintégration Sarendi à Mogadiscio, la capitale somalienne. Il espère qu'il sera bientôt réinséré dans la société et dans les Forces armées somaliennes.

Osman ne se souvient pas exactement du mois où il a été recruté comme combattant par Al-Shabaab lié à Al-Qaeda, mais c'était vers la fin de 2006, l'année où les troupes éthiopiennes soutenues par les Etats-Unis ont envahi la Somalie pour appuyer le Gouvernement fédéral de transition de la Somalie.

Il rentrait de l'école une journée bien chaude lorsque son ancien maître d'une école religieuse locale l'a stoppé et l'a emmené dans une base d'Al-Shabaab.

Osman s’est assis paniqué et seul sous un arbre dans la base pendant un moment, puis le maître est revenu avec un groupe d'hommes et de bouteilles d'eau minérale et des dates qu’ils ont distribués aux jeunes garçons. Des prédicateurs ont ensuite parlé pendant des heures de la guerre sainte, de l'animosité avec l'Ethiopie, et de l'importance de défendre le pays.

C’était l’année où il avait 11 ans.

"Le paradis, l'argent et le prestige étaient des incitations convaincantes. Leurs promesses étaient irrésistibles", déclare Osman.

Il dit que tous semblaient prêts à sacrifier leur vie pour défendre leur religion et leur pays.

Ses formateurs étaient tous des Somaliens, y compris Adan Hashi Farah "Eyrow", un vétéran de la guerre qui a fondé Al-Shabaab, la branche armée de l'Union des tribunaux islamiques. Farah a été tué lors d’un raid aérien américain sur sa maison dans la ville de Dhuusomareeb, dans le centre de la Somalie, en mai 2008.

"Ils offrent un téléphone portable et un salaire mensuel de 50 dollars", affirme Osman. Mais il ajoute que ce n'était pas la seule chose qui l'a poussé à rejoindre l'organisation. "Je voulais paraître puissant et être un homme respecté, et les gens (à l'époque) respectaient les hommes qui avaient un fusil".

Pendant cinq ans, Osman se déplaçait à travers les bâtiments marqués par la guerre à Mogadiscio, autour des forêts près des frontières entre le Kenya et la Somalie et dans le sud de la Somalie, dans sa mission de tuer les forces somaliennes et éthiopiennes ainsi que les soldats africains de maintien de la paix dans l'espoir d'aller au paradis après la mort.

Puis en octobre 2011, Al-Shabaab a mené un attentat-suicide contre le ministère de l'Education à Mogadiscio. Plus de 70 personnes ont été tuées, la plupart des étudiants qui vérifiaient la situation de leurs bourses d'études.

"C'est à ce moment que j'ai réalisé qu’Al-Shabaab ne se battait plus pour des raisons religieuses ou pour le jihad", raconte Osman à IPS dans un restaurant près de la 'Villa Somalia', la Maison Blanche du pays. "Ce n'est pas ce que le jihad est censé représenter".

Osman n'est pas le premier ni le dernier combattant d'Al-Shabaab à déserter l'organisation. Des centaines de combattants à travers le sud de la Somalie ont rendu leurs armes et se sont rendus depuis 2010, lorsque le gouvernement leur a proposé l'amnistie, la protection et un avenir meilleur.

Al-Shabaab ayant des difficultés financières en raison de multiples lignes de front et de la perte des villes stratégiques du pays, beaucoup d’autres combattants sont censés se rendre au gouvernement, qui a offert logement et opportunités d'emploi aux anciens combattants.

En une journée en septembre 2012, dans la ville de Jowhar, à quelque 80 kilomètres de Mogadiscio, 250 combattants d'Al-Shabaab sont devenus le plus grand nombre à se rendre en un jour aux forces somaliennes et à la Mission de l'Union africaine en Somalie.

Le chef des services de renseignements à Mogadiscio, Khalif Ahmed Ereg, a déclaré aux journalistes, lors d'une conférence de presse en février, que les défections des membres d'Al-Shabaab augmentaient de façon spectaculaire, avec beaucoup d’autres attendues dans les mois à venir. Toutefois, l'Agence nationale des renseignements et de sécurité (NISA) du pays enquête d'abord sur les déserteurs avant de les autoriser à entrer dans les programmes de réintégration.

Des critiques ont soulevé des inquiétudes au sujet du processus d'enquête sur les déserteurs, affirmant que beaucoup d'entre eux ont encore des liens étroits avec l'organisation extrémiste.

Ibrahim Sheikh Hassan, un analyste et ancien professeur de sciences politiques à la 'Strategy College', avant la guerre à Mogadiscio, déclare à IPS que le processus de tri de la NISA est fragile et insuffisant et qu’Al-Shabaab en profite pour effectuer une "infiltration planifiée" des forces de sécurité du gouvernement.

"Ils fournissent des informations fiables pour faire apparaître sincères leurs 'fausses' défections tout en planifiant des opérations de destruction au sein du gouvernement", ajoute Hassan.

C'est une affirmation que la NISA réfute, mais la plupart des récents assassinats, y compris une explosion à la bombe et des attentats-suicides dans la capitale, ont été imputés aux faux déserteurs.

En janvier, un membre d'Al-Shabaab, qui a affirmé avoir fait défection du groupe, a tenté de tuer le Premier ministre dans un attentat-suicide au palais de la présidence. Un soldat gouvernemental a été tué et plusieurs autres ont été blessés.

"L'agence devrait trouver une autre stratégie consistant à utiliser les déserteurs comme un atout sans les y incorporer officiellement. Leur effet à long terme devrait être un sujet de préoccupation". (FIN/2013)

 

 

 

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