Inter Press Service News Agency
10:33 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

RD CONGO
La réintégration des déserteurs du M23 dans l’armée divise l’opinion
Taylor Toeka Kakala

GOMA, RD Congo , 13 mai (IPS) - La réintégration "aveugle et non encadrée" des déserteurs du M23 au sein de l’armée congolaise, pourrait être préjudiciable pour le pays, affirme Thomas d’Aquin Mwiti, président de la société civile du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis le 21 avril, 87 combattants du M23, dont 12 officiers, se sont rendus par vagues successives dans les bases de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) à Kiwanja, sur le territoire de Rutshuru, et à Nyiragongo, au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

Dans la même période, le colonel Nzala Ngomo, et 81 autres combattants rebelles, ont fait défection pour se rendre aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu, affirme qu’ils étaient, au 7 mai, 519 déserteurs à réintégrer l’armée, depuis 2012.

Ces redditions ont poussé le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, porte-parole militaire de la MONUSCO à parler, sur Radio Okapi - la radio des Nations Unies - d’une "accélération des capitulations des rebelles".

Mais Mwiti déclare à IPS que "les mêmes erreurs produiront les mêmes effets", craignant que ces "réintégrations automatiques ne soient une infiltration des rebelles" dans les FARDC. "Le gouvernement devrait d’abord mettre sur pied un mécanisme sur la réintégration et la surveillance des déserteurs qui peuvent, à tout moment, regagner la rébellion", estime-t-il.

Mwiti rappelle, à cet égard, les déclarations du colonel Ngomo, qui commandait le 41ème bataillon commando des FARDC lors de la prise de Goma en novembre 2012 par la rébellion. "Ces responsables du M23 nous trompent et font tuer inutilement leurs combattants. Il n’y a aucun avenir dans ce mouvement armé", avait déclaré Ngomo lors de sa réintégration, le 1er mai, devant la presse à Goma. Ce colonel avait, lui aussi, rejoint les rebelles lorsque le M23 avait pris Goma.

Cette tendance de la société civile affirme que certains déserteurs du M23 cherchent à se mettre à l’abri de la justice internationale dès lors qu’ils ont été cités dans des rapports des Nations Unies pour exactions et violations des droits humains contre les civils. "Sur ce, nous exigeons l’application de la justice militaire dans sa rigueur contre ceux qui sont cités dans ces rapports", ajoute Mwiti.

"L’armée est une idéologie commune", estime Juvénal Munubo, un élu de Walikale (Nord-Kivu) et membre de la Commission de défense et sécurité à l’Assemblée nationale de la RDC. "C’est imprudent de réintégrer ces déserteurs au sein des FARDC sans...savoir leur réelle motivation. Ils devraient d’abord passer par un centre de transit pour la rééducation", indique-t-il à IPS.

Par contre, la 'Ligue des jeunes' de Rutshuru, un collectif de 24 associations qui luttent contre l’enrôlement de désœuvrés dans les groupes armés, encourage le gouvernement à réintégrer les rebelles sans condition pour "mettre fin à la guerre", déclare Bienvenu Mazirane, président de ce groupe de la société civile de Rutshuru.

Selon Mazirane, la peur a gagné certains combattants du M23 depuis l’annonce d’une nouvelle brigade des Nations Unies pour neutraliser tous les groupes armés dans l’est du pays. "Ils étaient disposés à se battre contre les FARDC, mais pas contre la brigade de la MONUSCO", ajoute-t-il à IPS.

Mais malgré les défections dans ses rangs, le M23 est déterminé à se battre contre la brigade d’intervention rapide de l’ONU. "Comme le gouvernement de Kinshasa refuse de signer le cessez-le-feu avec le M23, c’est cette brigade qui signera la fin de la guerre par la victoire du gouvernement ou du M23", déclare le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de ce mouvement rebelle.

En minimisant ces défections, Kazarama affirme à IPS que la rébellion compte "4.500 hommes pour sauver" la RDC par "le sacrifice du sang".

Pour empêcher ses combattants de déserter et de se rendre à la MONUSCO, le M23 a installé une position d’observation à 30 mètres de la base de l’ONU à Kiwanja. Les rebelles ont même tiré, le 28 avril, sur deux policiers de M23 qui se rendaient avec armes à la MONUSCO. "Mais, ils ont réussi à accéder à la base de la MONUSCO", indique Mazirane.

Selon la MONUSCO, les rebelles qui se présentent à elle, suivent le processus de Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation, en collaboration avec les services de sécurité et de renseignements de la RDC.

Par contre, les déserteurs qui se présentent aux FARDC sont directement réintégrés dans l’armée à partir de la base de Bweremana, à 50 kilomètres de Goma.

Paluku s’en félicite, décrivant les déserteurs comme des "enfants égarés qui sont retournés au bercail". Le gouverneur du Nord-Kivu appelle les autres rebelles à suivre cet exemple.

Du côté des autorités nationales, personne n’a fait de déclaration sur le sujet. Le gouvernement ne fait que constater les défections, pour l'instant. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>