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KENYA
Des femmes pour briser le plafond de verre dans le gouvernement
Brian Ngugi

NAIROBI , 13 mai (IPS) - Les personnes nommées aux postes de ministres du gouvernement kényan, dont un nombre sans précédent de femmes - six sur 18 - devraient faire l'objet d'un processus d'examen public très dur par la Commission parlementaire des nominations le 9 mai.

Malgré ces nominations - qui ne sont pas encore confirmées - les organisations de défense des droits des femmes dans ce pays d'Afrique de l'est estiment que le nouveau gouvernement du président Uhuru Kenyatta doit faire davantage pour intégrer sérieusement les questions de genre qui préoccupent le pays.

Kenyatta a fait l'histoire le 25 avril, quand il a nommé six femmes au gouvernement - le nombre le plus élevé que le pays ait enregistré depuis l'indépendance, en 1963.

Parmi les femmes nommées, figure l'ancienne diplomate Raychelle Omamo, qui était proposée pour diriger le ministère sensible de la Défense, un portefeuille qui n'avait jamais été occupé par une femme.

Et Anne Waiguru, une experte de la politique économique et publique, est censée diriger le ministère critique de la Décentralisation et la Planification, qui coordonnera la mise en œuvre du nouveau système décentralisé de gouvernance du Kenya dans 47 comtés.

Charity Ngilu, une ancienne ministre du gouvernement, a été nommée à la tête du ministère des Affaires foncières, du l’Habitat et du Développement urbain; Phyllis Kandie, une banquière de l'investissement, a été nommée pour diriger le ministère des Affaires de l’Afrique de l'est, du Commerce et du Tourisme; et Judy Wakhungu, une femme ancien maître de conférences des sciences, la technologie et de la société à l'Université de l’Etat de Pennsylvanie, a été choisie pour être à la tête du ministère de l'Environnement, des Eaux et des Ressources nationales.

Plus tôt, le 23 avril, Kenyatta et son adjoint, William Ruto, avaient annoncé la nomination d'Amina Mohamed comme la première femme à diriger le ministère des Affaires étrangères.

Au total 23 hommes, dont le président fondateur du Kenya, Jomo Kenyatta, ont occupé ce poste essentiel depuis 1963.

Mais avant ce processus d'examen, qui commencera par le dépôt de la liste des personnes nommées au parlement pour débat, approbation et confirmation ultérieure, Maria Nzomo, la première femme kényane à obtenir un doctorat en sciences politiques et en études internationales, à l'Université Dalhousie au Canada en 1981, a indiqué à IPS que malgré ces nominations historiques, les femmes dans le pays sont toujours bien loin derrière les hommes sur un certain nombre de fronts.

Elle a dit que beaucoup d'entre elles continuent de souffrir de l'accès limité aux soins de santé, à l'éducation, à la participation politique et à la vie culturelle, ainsi qu’à la protection juridique et aux opportunités économiques.

Par conséquent, Nzomo, qui enseigne à l'Institut de la diplomatie et des études internationales à l'Université de Nairobi, a déclaré que le gouvernement doit faire plus pour aborder le sort des femmes kényanes.

"Les femmes manquent de compétences requises, de l'accès au crédit abordable ou même d’une meilleure éducation, ce qui signifie par conséquent qu'elles sont éternellement défavorisées par rapport aux hommes et peuvent seulement survivre en sillonnant le secteur des emplois informels", a-t-elle expliqué.

Ses propos ont été repris par Grace Mbugua, la directrice exécutive de 'Women’s Empowerment Link', une organisation nationale non gouvernementale de défense des droits des femmes, qui a indiqué à IPS que l'autonomisation des femmes kényanes nécessiterait plus que la nomination des six femmes au gouvernement.

"Même si nous devons dire que nous reconnaissons que l'administration du président Kenyatta a effectivement respecté l'exigence constitutionnelle concernant la nomination des femmes à des fonctions publiques, cela n'est pas le plafond de verre pour les femmes kényanes, et l'Etat doit faire plus si nous voulons combler le fossé entre les sexes au Kenya", a-t-elle souligné.

Ces nominations signifient qu'une fois les personnes nommées au gouvernement de 18 membres seront finalement examinées et approuvées par le parlement, le gouvernement satisfera au seuil d'un tiers entre les sexes prévu dans la constitution du Kenya dans le cadre d'un principe de discrimination positive.

L'article 81 (b) de la constitution prévoit que "plus de deux-tiers des membres des organes publics électifs ne doivent pas être du même sexe".

La Cour suprême du Kenya a statué en décembre 2012 qu'une disposition constitutionnelle appelant à un tiers de représentation obligatoire des sexes ne s'appliquerait pas aux élections générales de 2013, mais devrait être plutôt mise en œuvre progressivement d’ici à août 2015.

Selon le Rapport annuel 2012 de la Banque mondiale sur le développement mondial, les efforts d'autonomisation des femmes dans des pays en développement comme le Kenya ont, au fil des années, considérablement payé, mais malgré les progrès dans la promotion des droits et privilèges des femmes, des écarts d'inégalité de genre entre hommes et femmes dans des domaines importants de la société, persistent toujours.

Soulignant cela, Mbugua a déclaré à IPS que le gouvernement doit désormais créer et mettre en œuvre des mécanismes pour combler les inégalités existantes entre les sexes.

"Il doit par exemple créer les structures appropriées pour encourager les femmes dans le leadership à travers la réforme continuelle des lois entourant les élections pour permettre à plus de femmes de participer équitablement à la politique électorale et d’accéder aux postes de prise de décisions", a-t-elle dit.

Selon Nzomo, la nomination de six femmes au gouvernement peut ne pas se traduire nécessairement par la priorisation de l'agenda des femmes pour le gouvernement en raison de ce qu’elle qualifie de caractère patriarcal enraciné des prises de décisions du gouvernement.

"Les nombres au gouvernement ne suffisent pas pour améliorer l'égalité des sexes puisque le cadre de gouvernance du Kenya est toujours dominé par les hommes et hostile à la participation des femmes", a-t-elle affirmé à IPS.

Toutefois, Nzomo a déclaré que cette décision était un pas en avant dans la bonne direction pour l'autonomisation des femmes, vu l'importance des ministères que les six femmes ont été appelées à diriger.

"C'est un signe de bonne volonté, mais nous sommes loin du point où nous pouvons dire que le Kenya a atteint l'égalité et l'équité entre les sexes", a-t-elle dit. (FIN/2013)

 

 

 

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