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OUGANDA
Conduire malgré les stéréotypes liés au sexe
Amy Fallon

GULU, Ouganda, 12 juin (IPS) - Keddy Olanya, une femme de 32 ans et mère de trois enfants à Gulu, dans le nord de l'Ouganda, qui est l'une de la petite poignée de femmes conductrices, négocie les routes défoncées du pays sur une bodaboda ou moto taxi.

Olanya avait été enseignante pendant un an dans le village de Lukome, également dans le nord du pays, quand elle a réalisé en 2008 qu'elle pouvait se faire plus d'argent en travaillant au noir comme conductrice de boda pendant les week-ends et les vacances scolaires.

Un grand nombre d'hommes gagnent leur vie grâce à ce travail. Pourtant, il n'y a qu'une seule conductrice connue à Gulu, déclare Olanya à IPS. En tant que femme dans une industrie dominée par les hommes, son sexe peut constituer un avantage pour elle, mais aussi un obstacle.

"En réalité, une femme boda gagne plus d'argent qu’un homme boda", admet la motocycliste, qui indique qu'elle gagnait près de 360.000 shillings ougandais (138 dollars) par mois en enseignant, mais peut ramener à la maison jusqu'à 50.000 shillings ougandais (19 dollars) par jour en tant que conductrice.

"Dans la plupart des cas, ils font plus confiance aux femmes bodas qu’aux hommes à cause de la façon dont elles conduisent. Nous ne sommes pas si rapides".

Le nombre exact de conducteurs de boda dans le pays est inconnu, bien qu’il soit estimé à plus de 145.000 à Kampala seule, la capitale ougandaise, selon un bulletin d’informations de 'Red Pepper', un journal et une publication locale en ligne.

Ce pays d'Afrique de l'est a été décrit comme ayant une "économie bodaboda", même si les statistiques sont difficiles à trouver.

Un projet de connaissances et de recherches réalisé en 2002 par un consultant en transport, John Howe, et financé par le ministère du Développement international du Royaume-Uni, intitulé "Boda Boda – Des services de transport rural et urbain à faible capacité de l'Ouganda", indiquait "qu’environ 1,6 million, soit sept pour cent de (34,5 millions d’habitants), dépendent de l'industrie pour une partie de leurs moyens de subsistance. Les moyens de subsistance de 100.000 autres sont soutenus par les services de réparation et d’entretien dont l'industrie a besoin".

Les regards et commentaires désobligeants de certains conducteurs hommes lorsque Olanya est sur la route, ou à son point d’attente, devraient être probablement attendus.

"Parfois, ils disent seulement que ce travail est adapté pour les femmes qui ne sont pas mariées, que je suis trop légère pour le travail, que je vais trop lentement", décrit Olanya.

D'autre part, elle doit souvent faire face à de fréquentes tentatives de violations de la relation client-transporteur.

"Toutes les fois que vous transportez les hommes, certains vous flattent, certains d'entre eux (font des commentaires sur) le fait de faire l'amour", déclare Olanya.

"Certains d'entre eux veulent vous offrir plus d'argent que ce que vous avez demandé pour en profiter. Vous devez avoir des principes".

"Il y a certains emplois qui exigent des principes, en particulier le travail d'un boda. Ce n'est pas facile".

Ayant passé des années à faire face à des élèves têtus, Olanya, qui conduit aujourd'hui sa moto TVS résistante, une moto de l'un des fabricants en Inde, dans une robe qui lui arrive à la cheville et des sandales, affirme qu'elle sait comment "ne pas agacer les clients".

"Vous parlez tendrement, mais vous devez tenir bon", explique-t-elle.

C'est la moquerie des membres du même sexe qui est peut-être la plus douloureuse et la plus frustrante.

"Certaines d'entre elles m’admirent. Mais certaines disent que je ferais mieux de chercher d'autres options, comme peut-être faire une affaire", indique Olanya.

"Elles ont seulement l'opinion que la boda n’est pas pour les femmes, cela est seulement censé être pour les hommes et non pour des femmes professionnelles comme moi, une salariée".

"Elles pensent que tout individu impliqué dans la boda est une personne inutile".

Olanya est catégorique en disant qu’elle est tout sauf cela - et jure qu'elle n’abandonnera pas de si tôt son travail à temps partiel.

"Je voudrais encourager les gens à accepter toute forme de travail qu'ils peuvent faire pour gagner leur vie, sans tenir compte du sexe. De nos jours, nous entrons dans un monde de quoi? De l'égalité", souligne-t-elle.

"Les femmes militent pour l'égalité. Nous ne devons pas dire que ceci est pour les hommes, ceci est pour les femmes. Juste quelque chose qui peut vous permettre de gagner votre vie, faites-le s’il vous plaît, au lieu de mépriser un emploi quelconque".

Olanya fait partie d'une tendance croissante d’enseignants et d’autres professionnels travaillant au noir comme conducteurs pour joindre les deux bouts.

Wilfred*, 35 ans, agent de police à Kampala, travaille en tant que conducteur à temps partiel cinq jours par semaine depuis six mois "pour la survie".

"Beaucoup de policiers le font", déclare Wilfred, qui dit qu'il gagne environ 125 dollars par mois à travers son travail à plein temps.

"C’est nécessaire parce que le salaire que nous percevons n'est pas suffisant". Il dit à IPS qu'il gagne normalement environ 20.000 shillings ougandais (sept dollars) par jour en transportant des passagers.

*Le nom de famille a été retiré. (FIN/2013)

 

 

 

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