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AFRIQUE
Etats-Unis et Malaisie en tête "des accaparements de terre"
Stephen Leahy

UXBRIDGE, Canada , 13 juin (IPS) - L'Afrique est la cible principale pour les "accaparements de terre" par des investisseurs étrangers, selon un nouveau rapport publié lundi sur les acquisitions de terres à grande échelle dans le monde.

"L'Afrique est l’endroit pour des accords fonciers bon marché et la plupart des investisseurs viennent des pays occidentaux comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni", a déclaré Michael Taylor, un responsable de la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC, son sigle anglais).

Globalement, quelque 45 millions d'hectares de terre ont été ou sont sur le point d'être cédés à des investisseurs étrangers en Afrique, en Asie du sud et en Amérique latine. Cela équivaut à 60 pour cent des terres agricoles de l'Europe.

Environ la moitié de cette superficie est pour la production alimentaire et l’autre moitié pour les biocarburants, selon des données compilées par l’ILC, une alliance mondiale de près de 100 organisations intergouvernementales et de la société civile, y compris la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement.

"Certains investisseurs ne pratiquent pas en réalité l’agriculture et sont seulement intéressés par la spéculation foncière", a indiqué Taylor à IPS.

Des communautés rurales sont en train d’être déplacées de leurs forêts, terres traditionnelles, agricoles et pâturages par des investisseurs internationaux, a expliqué à IPS, Teresa Anderson de la Fondation Gaia, le partenaire britannique du Réseau africain pour la biodiversité.

La plupart des terres productrices de denrées alimentaires en Afrique appartiennent en commun aux communautés locales. En Asie et en Amérique du sud, des centaines de millions de petits fermiers, d’éleveurs et de populations indigènes n’ont pas de titres fonciers officiels. Et quand cela convient aux gouvernements, ils ignorent cette propriété foncière coutumière et vendent ou louent les terres à des entreprises privées.

Le capital privé des fonds de pension et des entreprises d'investissement sont à la quête de terres productrices de denrées alimentaires puisqu’ils les considèrent comme le prochain grand produit de base rentable.

"Les investisseurs recherchent des rendements annuels de 20 à 25 pour cent et beaucoup parviennent à les obtenir", a affirmé Taylor.

Des experts de l'Université de Géorgie ont terminé récemment une évaluation de 34 acquisitions de terres en Afrique et ont conclu que dans la plupart des cas, les populations locales ont perdu "leurs terres et moyens de subsistance, souvent en l'absence de réels avantages".

Les Etats-Unis, la Malaisie, les Emirats Arabes Unis et le Royaume-Uni sont les premiers investisseurs étrangers non seulement en Afrique, mais dans d'autres pays, selon le nouvel Observatoire mondial de 'Land Matrix' de l’ILC. 'Land Matrix' est un site internet qui indique les emplacements et les détails de près de 1.000 transactions foncières à travers le monde.

Les plus gros accords fonciers transnationaux sont au Soudan du Sud et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 'Land Matrix' énumère chacun des accords fonciers, y compris les entreprises impliquées, la taille de l'acquisition et l'utilisation prévue. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la plupart des accords fonciers semblent être pour la production d'huile de palme.

Il est très difficile de suivre la trace et de détailler les accords fonciers à travers le monde et l’ILC espère que les gens fourniront des informations en retour, estime Taylor.

"Il existe un grand nombre d'achats de terres en cours qui ne sont pas reflétés dans Land Matrix", a-t-il indiqué.

La plupart d’entre eux sont des achats ou des mises en bail de terres à l’interne par les élites au sein des pays. Il est très difficile d’enquêter sur ces cas, a-t-il souligné.

"Au cours des trois dernières années, le gouvernement a vendu plus de 50.000 hectares de nos terres à des entreprises", a déclaré Lalji Desai, un Maldhari, un berger traditionnel dans l'Etat de Gujarat en Inde.

Cela fait partie des plans du gouvernement de l'Etat pour le "développement", mais les Maldharis et les fermiers locaux veulent rester dans l'agriculture. "La terre est très fertile, nous ne voulons pas l’abandonner", a expliqué Desai à IPS depuis Ahmedabad, au Gujarat.

Jusqu'à 70 villages avec une population de 125.000 habitants se retrouvent aujourd'hui en train de vivre dans des "régions d'investissement spéciales" et leurs terres sont en train d’être distribuées à des entreprises étrangères comme Suzuki et Hitachi, a-t-il souligné.

"Ce ne sont pas des gens bien instruits. Ils n’auront pas d’emplois auprès de ces entreprises", a-t-il indiqué.

La plupart des entreprises reçoivent beaucoup plus de terres qu'elles n’en ont besoin et se font de l'argent en revendant les terres. "Les prix des terrains ont augmenté de 20 fois au cours des 10 dernières années. Tout le monde veut acheter de terres, y compris des politiciens puissants", a expliqué Desai.

Les populations locales veulent rester sur leurs terres et s'emploient à renforcer leur mouvement et à bénéficier de plus d'attention du public. "Nous voulons que les gens sachent que le meilleur usage de nos terres, c’est la production alimentaire", a-t-il déclaré.

C'est le genre de situation que l’ILC espère rendre public à travers le site internet de 'Land Matrix'.

L'espoir est que 'Land Matrix' devienne un outil important pour corriger le manque de transparence qui entoure encore les transactions foncières à grande échelle, a indiqué Ward Anseeuw, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

"Land Matrix est passé d'une base de données à un outil public de promotion d’une plus grande transparence dans la prise de décisions au sujet des terres et des investissements au niveau mondial", a ajouté Anseeuw dans une déclaration. (FIN/2013)

 

 

 

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