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OUGANDA
Ramener à l’école les enfants engagés dans le travail
Amy Fallon

KAMPALA, 19 juin (IPS) - Des enfants à travers le monde se plaignent peut-être du fait d’aller à l'école et de faire leurs devoirs de maison, mais pas Raya*, une fille de 14 ans, en Ouganda, que ses parents obligeaient à vendre dans la rue au lieu de l’envoyer à l’école.

Pendant deux ans, elle a été forcée par ses parents analphabètes à vendre, tous les jours, sous la pluie et le soleil, la canne à sucre issue du jardin familial, aux clients dans les rues d'Entebbe, à environ 35 kilomètres de la capitale ougandaise, Kampala.

Parfois, elle vendait seule le produit, quelquefois, elle le vendait avec l'aide de sa mère. Les enfants, les voyageurs et les personnes âgées étaient ses principaux clients, mais beaucoup de gens prenaient la canne à sucre et s'enfuyaient sans payer.

Les recettes journalières de Raya, normalement 8.000 shillings ougandais (trois dollars), étaient utilisées pour mettre de la nourriture sur la table pour ses parents et ses quatre sœurs.

"Cela se passait lorsque ma mère n'avait pas d'argent et qu'elle ne pouvait plus m’amener à l'école", s’est rappelée cette élève actuellement en classe de troisième.

"Ce n'était pas facile... La journée était dure parce que le soleil était trop fort et je parcourais de longues distances à pied à la recherche de clients. Si je me reposais, nous n'aurions pas de nourriture cette nuit-là. Je n'aimais pas cela parce que je voulais aller à l'école".

Il y a 2,75 millions d'enfants âgés de cinq à 17 ans engagés dans des activités économiques en Ouganda, selon le rapport 2009/2010 de l'Enquête nationale sur les ménages en Ouganda (UNHS, son sigle anglais).

Le Plan national d'action pour l'élimination des pires formes de travail des enfants en Ouganda pour les périodes 2012/2013 et 2016/2017, définit l'enfant comme une personne ayant moins de 18 ans.

Le rapport, publié en mai 2012 par le ministère ougandais des Affaires de Genre, du Travail et du Développement social, définit le travail des enfants comme "un travail qui est mentalement, physiquement, socialement et/ou moralement nuisible et dangereux pour les enfants; un travail qui interfère avec la scolarisation des enfants; un travail dangereux qui, par sa nature ou les circonstances dans lesquelles il est effectué, met en danger la santé, la sécurité et la moralité de l'enfant".

Un peu plus de la moitié - environ 1,4 million – des enfants ouvriers en Ouganda travaillent dur dans des métiers dangereux parmi lesquels figurent l’exploitation des pierres, la fabrication et la pose de briques, l'extraction du sable et de l'argile, la fabrication du charbon de bois, la pêche, le lavage de voiture et la chasse.

Beaucoup d'autres travaillent dans des hôtels et des bars, où ils finissent souvent par être bastonnés ou abusés sexuellement, a souligné Barbra Ongodia, un agent social de l'ONG locale 'Kids in Need' (Enfants dans le besoin – KIN). Certains travaillent également comme domestiques et dans les industries de construction et de l'agriculture commerciale.

Ongodia a indiqué à IPS qu'il pourrait en réalité exister plus de 10 millions d'enfants ouvriers en Ouganda, un pays de 34,5 millions d’habitants. Selon Ongodia, la plupart des enfants ouvriers viennent à Kampala, en provenance du nord du pays, et travaillent dans la capitale, après avoir connu des années de traumatisme de la guerre contre l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

La LRA a combattu dans les parties nord et nord-est de l'Ouganda pendant 23 ans, jusqu'à ce qu'elle soit chassée du pays en 2006. Cette guerre, qui a contraint près de deux millions de personnes dans des camps de personnes déplacées à l'intérieur pendant des décennies, a été la plus brutale que l'Ouganda ait connue depuis son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1962. Elle a été également caractérisée par l'utilisation d'enfants soldats et de la brutalité.

Ce groupe rebelle opère actuellement en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et dans l'ouest du Soudan du Sud.

Selon les statistiques de l’UNHS, l’ouest de l'Ouganda compte le plus grand nombre de cas d'enfants engagés dans le travail, suivi des régions de l'est et du centre, puis du nord.

La prévalence croissante du travail des enfants est attribuée à plusieurs facteurs, y compris les niveaux élevés de pauvreté, le fardeau du VIH/SIDA, les coûts de l'éducation, l'insécurité alimentaire et la flambée du nombre d’orphelins de moins de 18 ans.

Ongodia a affirmé que le travail des enfants menaçait tous les Ougandais. "Les compétences du pays sont en train d’être compromises parce que ces enfants n'apprennent rien, ils deviennent juste des vagabonds", a-t-elle déclaré.

Hamidu Kizito est un journaliste local qui suit depuis une décennie la campagne "Stopper le travail des enfants" en Ouganda, menée par Hivos, une organisation néerlandaise de développement. Il a indiqué à IPS qu'il y a un "trait culturel" attaché aux enfants engagés dans le travail.

"Je me souviens que... quand nous étions enfants, nous avions l'habitude de travailler, mais nous n'étions pas débordés de travail", a-t-il dit.

"Mais avec le temps, il y avait des familles où les enfants étaient débordés de travail au détriment de leur éducation et de leur santé... La lutte, c’est la façon dont nous pouvons changer la perception afin que tout le monde sache que ce n'est pas juste", a-t-il déclaré.

Raya a été finalement sortie des rues avec l'aide d'un Comité de KIN pour une région libre du travail des enfants, composé de membres ordinaires de la communauté qui aident les ONG à identifier les enfants engagés dans le travail. KIN a trouvé des enfants qui travaillent depuis environ cinq ans, a indiqué Ongodia.

KIN travaille avec les familles des enfants ouvriers et on enseigne aux parents des compétences pour mener des affaires. Ils peuvent également emprunter de l'argent auprès des associations villageoises d'épargne et de crédit.

*Le nom de famille a été retiré pour protéger l’identité de la mineure. (FIN/2013)

 

 

 

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