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ETHIOPIE
Examiner les profondeurs de la corruption
Ed McKenna

ADDIS-ABEBA/LONDRES , 24 juin (IPS) - L'Ethiopie peut être l'une des économies non productrices de pétrole à croissance plus rapide en Afrique ces dernières années, mais la corruption dans ce pays de la Corne de l'Afrique est un facteur dissuasif pour des investisseurs étrangers en quête de partenariats stables à long terme dans les pays en développement.

"Les banquiers, les mineurs et les promoteurs qui présentent des projets aux comités d'investissement dans les pays qui sont mal lotis dans les classements pour la corruption, ont souvent du mal à obtenir des investissements. La corruption soulève des drapeaux rouges parce qu’elle rend les marchés locaux non compétitifs, imprévisibles et par conséquent, largement hostiles à ces acteurs à long terme", a déclaré à IPS, Ed Hobey, analyste de l'Afrique de l’est à 'Africa Risk Consulting', un cabinet-conseil pour les risques politiques.

Le 11 mai, dans la plus grande répression de la corruption en Ethiopie au cours des 10 dernières années, les autorités ont arrêté plus de 50 hautes personnalités dont des responsables du gouvernement, des hommes d'affaires et un ministre.

Melaku Fanta, le directeur général de 'Revenue and Customs Authority' (Trésor public), qui équivaut au rang de ministre, son adjoint, Gebrewahid Woldegiorgis, et d'autres responsables ont été arrêtés pour des soupçons d’évasion fiscale.

Mais ces arrestations ont soulevé des questions au sujet de la corruption endémique au sein de l'élite politique du pays.

Berhanu Assefa de la Commission fédérale de l'Ethiopie pour l'éthique et contre la corruption a indiqué à IPS que ces arrestations ont mis en lumière la façon dont la corruption s'est infiltrée dans les niveaux plus élevés de l’administration.

"La corruption est un problème grave auquel nous sommes confrontés. Nous voyons maintenant que la corruption se produit dans des milieux plus élevés que ce que nous avions prévu précédemment. Les zones vulnérables à la corruption sont l'administration des terres, les impôts et les recettes, le système judiciaire, les télécommunications, l'obtention des terres, les domaines de l’octroi de licence et le secteur des finances", a-t-il expliqué.

L’Ethiopie est classée 113ème sur 176 pays sur l'Indice des perceptions de la corruption de 'Transparency International', une coalition mondiale de la société civile qui encourage la reddition des comptes. Le pays a également perdu près de 12 milliards de dollars depuis 2000 à cause des fuites financières illicites, selon l’Intégrité financière mondiale (GFI, son sigle anglais), dont les statistiques sont basées sur des données officielles fournies par le gouvernement éthiopien, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

Dr Getachew Begashaw, professeur d'économie à 'Harper College' aux Etats-Unis, a indiqué à IPS qu'il y avait une crainte que les récentes arrestations très médiatisées soient simplement du théâtre politique destiné à apaiser les principaux bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale et le FMI, et à donner de la crédibilité à la lutte du nouveau régime contre la corruption. Le Premier ministre, Hailemariam Desalegn, a pris la direction du pays après le décès de son prédécesseur Meles Zenawi en août 2012.

"Ils utilisent cela comme un coup médiatique pour apaiser non seulement les donateurs, mais aussi pour duper le peuple éthiopien. Parce que beaucoup d’Ethiopiens dans le milieu des affaires, non affiliés aux partis, se plaignent, et cette plainte descend jusqu’aux gens moyens dans les rues", a-t-il déclaré à IPS.

Selon la Banque mondiale, les compagnies appartenant au groupe d'entreprises, le Fonds de dotation pour la réhabilitation du Tigré (EEFORT, son sigle anglais), représentent environ la moitié de l'économie moderne du pays. Le groupe est étroitement lié au parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPDRF, son sigle anglais), une alliance de quatre partis.

EFFORT est un conglomérat formé à partir des actifs collectés en 1991 par l'EPRDF pour réhabiliter la région du Tigré dans le nord de l'Ethiopie après qu’elle a été décimée par la pauvreté et les conflits. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF, son sigle anglais) est le principal parti de la coalition EPDRF.

Cependant, les Tigréens représentent seulement huit pour cent des 90 millions d'habitants du pays. Selon Abebe Gellaw, un journaliste éthiopien en exil et fondateur de 'Addis Voice', une plateforme en ligne qui fournit des informations qui sont par ailleurs censurées par le gouvernement éthiopien, EFFORT est devenu une raquette d'affaires pour l'élite du Tigré qui monopolise les principales sources de la richesse du pays.

"Le TPLF contrôle des institutions importantes du gouvernement et une partie significative de l'économie. Pendant plus de 15 ans, EFFORT a été utilisé par le TPLF pour canaliser les ressources publiques et les fonds vers les coffres du TPLF à travers des accords illicites, des contrats, l'évasion fiscale, des pots-de-vin et toutes sortes d'opérations illégales", a-t-il indiqué à IPS.

Azeb Mesfin, la veuve de Zenawi, dirige actuellement cet empire d'entreprises de plusieurs milliards de dollars.

Elle affirme que son mari se payait un salaire modeste de 250 dollars par mois, mais le site Internet "the Richest.org", qui publie les richesses nettes des personnes les plus prospères du monde, a récemment divulgué que Meles était en fait l'un des dirigeants les plus riches d'Afrique ayant amassé une fortune personnelle estimée à trois milliards de dollars. Cela a amené beaucoup à s'interroger sur la provenance des richesses de l'ancien dirigeant – alors qu’il n'avait pas d’engagements d'affaires connus.

Les fuites financières illicites dues à la corruption constituent un obstacle majeur au développement d'un pays, sapant les institutions, les économies et les sociétés. Selon le Rapport 2013 sur les progrès de l’Afrique, réalisé par 'Africa Progress Africa Panel', le continent perd plus à travers les fuites financières illicites qu'il n’en reçoit sous forme d'aide et d'investissement direct étranger. (FIN/2013)

 

 

 

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