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ANGOLA
L’extraction de diamants pourrait causer la disparition d’une antilope
Louise Redvers

DUBAI, 28 juin (IPS) - Les défenseurs de l’environnement exhortent le gouvernement angolais à arrêter les projets d’extraction de diamants à l'intérieur d'une réserve nationale qui abrite la dernière population d'une antilope rare au monde, la Géante de Sable.

On estime à moins de 100 le nombre de ces animaux de race pure qui restent et l'espèce est classée comme "très en danger" sur la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

En Angola, l'habitat naturel de la Géante de Sable est la Réserve de Luando, dans la province de Malange, dans le nord, où on pense qu’environ 70 antilopes vivent à l’état sauvage. Mais cette population est aujourd'hui menacée suite à l'attribution de droits de prospection à un groupe angolais de sociétés privées d’extraction de diamants.

"Légalement, on ne devrait pas permettre que cela arrive. La loi est très claire, l'activité minière est interdite dans les zones protégées", a indiqué à IPS, un porte-parole de la Fondation Kissama, une ONG angolaise de protection de l’environnement, qui a dirigé de grands projets de conservation, notamment la reconstitution des stocks de gros gibiers dans les parcs.

Ce porte-parole, qui a requis l’anonymat, a déclaré qu'il était préoccupé par l'impact physique que l'exploitation minière aurait sur la réserve. "Cela va mettre la population de la Géante de Sable très en danger et nous sommes très préoccupés que cela ait été autorisé par le gouvernement".

"C'est une situation désespérée. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale, nous avons besoin des gens pour faire du bruit et empêcher cela d’évoluer", a-t-il ajouté.

Des décennies de guerre civile, avec le braconnage généralisé, ont décimé la population de l'antilope Géante de Sable.

La 'Palanca Negra Gigante', comme on l’appelle en portugais, est le symbole national de l'Angola. 'Palancas Negras' est le nom de l'équipe nationale de football de ce pays d'Afrique australe, et la longue corne courbée de l'antilope est représentée sur le logo et la flotte de la compagnie aérienne nationale, 'Transportes Aéreos Angolanos' (TAAG).

Bien que de gros efforts, grâce à des programmes privés et ceux financés par le gouvernement, aient été faits pour préserver et promouvoir l'élevage de ces animaux à l'intérieur d'une section de 'Cangandala Park', un parc national également situé dans la province de Malange, la Réserve de Luando reste leur habitat naturel.

Mais 3.000 kilomètres carrés de la concession d’exploitation de diamants de Capunda se trouvent presque exclusivement à l'intérieur de la Réserve de Luando, à cheval sur les frontières des provinces de Malange et de Bie.

Selon la loi sur l’environnement et le code minier, l'activité minière est interdite à l'intérieur des zones protégées telles que les parcs nationaux et les réserves et tous les projets doivent faire l’objet d'une évaluation d’impact sur l’environnement afin d’en juger les risques et la pertinence.

Pedro Vaz Pinto, un Angolais qui a dirigé le programme visant à protéger la Géante de Sable à 'Cangandala Park', a déclaré à IPS: "L'exploitation minière à l’intérieur de la réserve serait une catastrophe pour les animaux. Il existe certainement des contraintes juridiques qui ne devraient pas autoriser cela".

Il a ajouté qu'il y avait déjà du braconnage incontrôlé lié aux activités minières le long du fleuve Kwanza. Il a dit que la viande était utilisée pour nourrir les mineurs et d’autres travailleurs.

"Je suis extrêmement inquiet avec la création de nouvelles activités minières industrielles organisées dans la zone et que le braconnage, qui est une menace réelle pour la Géante de Sable, n'augmente".

Mais malgré cela, en juin 2012, l'ancien ministre de la Géologie, des Mines et de l'Industrie, Joaquim David, avait signé le "Projet de Capunda", dont les détails ont été publiés dans le journal des affaires juridiques du gouvernement, la 'Diario da Republica'.

Les entreprises qui figurent derrière le projet - 'KCC Limitada', 'Yango Limitada' et 'AM & BC Limitada' – appartiennent toutes à l’Angola, mais ne sont pas connues avec des antécédents apparents d'une implication précédente dans le secteur du diamant.

L’entreprise publique de diamants du pays, Endiama, qui se fait payer automatiquement un capital dans chaque projet de diamant, détient une part estimée à 32 pour cent dans cette affaire.

Bien que le ministère de l'Environnement ait refusé de faire des commentaires, Endiama et le ministère de la Géologie et des Mines, ont tenté de dédramatiser la situation.

Le porte-parole d’Endiama, Antonio Freitas, a déclaré à IPS: "Endiama discute des alternatives possibles avec les investisseurs du projet. La concession est en grande partie à l'intérieur du parc national, mais la loi doit être respectée".

Et dans un courrier électronique, le ministre de la Géologie, des Mines et de l'Industrie, Francisco Manuel Monteiro de Queiroz, qui a remplacé David en août 2012, a indiqué à IPS que le ministère suivait ce processus avec intérêt.

"Nous travaillons avec le ministère de l'Environnement, Endiama et les sociétés concessionnaires pour corriger la situation en fonction de la loi sur l'environnement et du code minier".

"Le code minier priorise clairement la protection des zones de sensibilités environnementales, culturelles et autres lorsqu'elles sont confrontées à des projets miniers".

Brian Huntley, un écologiste sud-africain internationalement respecté, qui a étroitement collaboré avec le gouvernement angolais et plusieurs organismes des Nations Unies pour développer des stratégies de parc national, a salué cette réponse de haut niveau.

Il a indiqué que l'engagement des ministères était extrêmement positif, mais que c’était important que leurs paroles soient suivies d'actions définitives.

"La Géante de Sable est à un seuil absolument critique", a-t-il dit à IPS. "Elle est sur son dernier souffle avant de disparaître, alors cela ne va pas prendre beaucoup de temps pour la pousser sur le bord".

"C'est en réalité un miracle qu’elle tienne encore bon. Toute nouvelle pression sur elle sera la fin. La Géante de Sable est une icône nationale et elle est extrêmement importante pour le peuple et pour le gouvernement, elle doit être protégée". (FIN/2013)

 

 

 

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