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RD CONGO
Une nouvelle stratégie pour réduire la mortalité maternelle et infantile
Badylon Kawanda Bakiman

KIKWIT, RD Congo, 28 juin (IPS) - Une nouvelle stratégie globale visant à sauver des milliers d’enfants de zéro à cinq ans et de mères d’ici à fin de 2015, lancée par le gouvernement congolais à la fin-mai, devrait atteindre 430.000 enfants et 7.900 femmes, selon les autorités.

Cette stratégie, qui sera mise en œuvre à partir de juillet 2013, aidera des ménages à avoir des ressources pour améliorer l’accès aux soins de santé, a affirmé Félix Kabange, ministre de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC).

Elle consiste à faire «la couverture universelle des soins ciblant des populations vulnérables... les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans en mettant en œuvre des kits familiaux», a déclaré le ministre en lançant la campagne à Kinshasa, la capitale congolaise, le 31 mai.

Les kits comprendront des moustiquaires imprégnées d'insecticide pour lutter contre le paludisme, des vêtements pour femmes enceintes, et des matériels d'assainissement du milieu.

«Nous devrons également sensibiliser la population pour des consultations prénatales, le planning familial», explique à IPS, Dr Marie Thérèse Kyungu, directrice du Programme national pour la santé de la reproduction au ministère de la Santé en RDC.

Selon Kyungu, la population doit vite recourir aux centres de santé pour combattre des maladies comme la diarrhée, la pneumonie... qui tuent des enfants.

«Toutes les 30 minutes, au moins une femme meurt en couche en RDC. Chaque année, environ 15.000 femmes meurent en donnant la vie», indique un communiqué du ministère de la Santé, publié le 31 mai.

Par ailleurs, dans un rapport publié le 7 mai, 'Save the Children', une ONG britannique avait classé la RDC à la dernière place sur une liste de 176 pays suivant l’indice des mères qui meurent à l’accouchement.

Réagissant à ce rapport, le ministre de la Santé avait déclaré, le 10 mai, que le taux de mortalité maternelle et néonatale en RDC est passé de 1.800 à 549 décès pour 100.000 naissances en 20 ans, soulignant ainsi le progrès réalisé.

Dr Paulin Kiyankay, médecin directeur de l’hôpital secondaire 'Ya nge' de Kikwit, dans la province du Bandundu (sud-ouest de la RDC), déclare à IPS que le paludisme, la diarrhée, la malnutrition... sont les principales causes de décès des nouveau-nés.

Mais, «pour les femmes enceintes, ce sont des hémorragies, des accouchements difficiles, des infections, des asphyxies, des hypothermies...qui les emportent», ajoute-t-il.

Pour accompagner le gouvernement dans sa nouvelle stratégie, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) remettra des kits complets d’outils de travail aux hôpitaux de 66 zones de santé, répartis dans l’ensemble du pays suivant un calendrier qui sera élaboré prochainement pour assurer un accouchement optimal.

Simon Banana, chargé de nutrition à l’UNICEF en RDC, souligne que l’institution travaille aussi avec le Programme national de nutrition et apporte des traitements aux enfants qui sont atteints par la malnutrition aigüe et sévère. «A chaque campagne de supplémentassions en vitamine A et en vermifuge, nous arrivons à une couverture de 80 pour cent».

«L’Union européenne (UE) met à la disposition de la population congolaise 42 millions d’euros pour la santé des enfants, des femmes et des victimes des violences sexuelles en RDC», a déclaré Jean-Michel Dumond, chef de délégation de l’UE en RDC. Selon lui, «1.200 enfants et 40 femmes enceintes pourraient être sauvés chaque jour avec une attention sanitaire adéquate».

Toutefois, Louis Kasende, député provincial de l’opposition à Bandundu ville, émet des réserves. «Je doute que ce projet puisse aboutir car la RDC est très vaste et il y a beaucoup de problèmes liés à l’accès aux soins de santé primaire et à la nutrition. Le temps même est insuffisant», indique-t-il à IPS.

Kasende ajoute que les 430.000 enfants et 7.900 mères évoqués par le gouvernement ne représentent presque rien pour un pays de plus de 70 millions d’habitants.

«Pourquoi lancer cette stratégie juste à quelques pas de 2015 l’année où l’ONU pourra évaluer les Objectifs du millénaire pour le développement?», demande Valentin Mbalanda, président d’une ONG de défense des droits de l’Homme, basée à Kikwit. «Cette précipitation ne va pas résoudre le problème si la pauvreté continue à régner» dans le pays, ajoute-t-il à IPS.

Pour sa part, Benjamin Mumpini, député national de la majorité présidentielle, déclare à IPS: «Il y a près de 80 millions de dollars venus des partenaires et du gouvernement pour cette stratégie. Si le gouvernement n’arrive pas à concrétiser ce projet, nous allons interpeller le ministre de tutelle au parlement».

Rose Kakika, étudiante à l’Université du Bandundu, estime que le gouvernement «doit d’abord lutter contre la pauvreté, construire et équiper des hôpitaux et maternités pour qu’un tel projet soit efficace».

Kakika déclare qu’il y a aussi le problème de distance entre les villages et les hôpitaux situés en ville, qui varie en moyenne de cinq et 100 kilomètres. Elle témoigne qu’en mars 2012, sa tante était décédée dans la brousse entre Mongonzala et Bulungu, sur un trajet d’environ 80 km à vélo, pour avoir beaucoup saigné après avoir accouché en cours de route.

«Toutes ces inquiétudes sont fondées. Mais le gouvernement et ses partenaires s’efforcent de résoudre petit à petit ces problèmes, quel que soit le temps que cela pourra prendre», affirme Dr Kyungu. (FIN/2013)

 

 

 

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