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OUGANDA
Une adolescente se tourne vers l’aviculture pour combattre la pauvreté
Amy Fallon

KAMPALA, 10 juil (IPS) - Lorsque Eunice Namugerwa, une jeune de 18 ans vivant dans le bas-quartier de Kisenyi, à Kampala en Ouganda, a décidé de démarrer une entreprise pour soutenir sa famille en août 2012, elle griffonnait trois idées sur un bout de papier: une porcherie, une boutique de produits de mode et l’élevage de poulets.

Elle ne savait pas que son esprit d'entreprise signifierait qu'elle serait invitée à inspirer d’autres dans la capitale ougandaise en s’exprimant lors du TEDx-Kampala, un évènement de TED (Technologie, divertissement, design) organisé indépendamment, qui aspire à propager et partager des idées.

Namugerwa a commencé son entreprise par nécessité. Son père, le soutien de la famille, est mort d'une maladie liée au VIH en 2004. Et en 2012, sa mère séropositive était trop malade pour travailler encore.

"C'était vraiment très difficile parce qu'il y avait tant de défis pour moi", déclare Namugerwa à IPS.

"Il y a la maltraitance des enfants. L'environnement n'est pas bon, c'est trop sale. Vous êtes toujours affecté par la maladie. Nous aurions pu mourir de faim à la maison. Je ne voulais pas de ce genre de chose, mendier pour l'argent. Je cherchais un moyen pour m’en sortir", dit-elle.

Toutes ces trois idées seraient difficiles, mais Namugerwa avait surmonté beaucoup d’obstacles par le passé. En dépit du fait d'être renvoyée de l'école plusieurs fois lorsque sa famille n’arrivait pas à payer ses frais de scolarité, Namugerwa a appris à jouer à la flûte et à la guitare grâce à 'Butterfly Project' (Projet Papillon), qui forme les jeunes à devenir des entrepreneurs sociaux.

Après avoir découvert son talent de chanteuse, le projet a décidé de payer ses frais et Namugerwa est devenue élève à l'Ecole de musique de Kampala.

En 2011, elle a créé son propre projet pour aider les enfants défavorisés en leur apprenant à chanter, à danser, à faire le théâtre et du sport.

Mais pour son prochain projet, elle devait faire quelque chose pour sa famille. Alors, elle a élaboré trois budgets, un pour chaque idée. Cette élève, qui est en classe de terminale, ne savait pas qu'il y avait un marché pour une boutique de vêtements et pensait qu’acheter des cochonnets pour une porcherie serait trop coûteux.

Après avoir examiné ses plans, Namugerwa a conclu qu'un élevage de poulets nécessiterait moins de capital.

Dans la même période, elle a rencontré Tiarna Elmer, un enseignant britannique du primaire et volontaire pour l’organisation 'Mengo Youth Development Link', qui travaille dans les quartiers pauvres de Kampala, puisqu’elle s’efforce d’améliorer l'éducation et les talents des enfants dans le sport.

Elmer a donné à Namugerwa un demi-million de shillings ougandais (576 dollars) pour acheter quelques poussins et louer une petite parcelle dans le district de Wakiso, qui se trouve à 30 minutes de route de Kisenyi.

Namugerwa a commencé la ferme avec des poulets en Noël 2012 et elle a ensuite acheté des pondeuses. "De nos jours en Ouganda, les œufs sont chers; un seul coûte 400 shillings ougandais (15 cents)", indique Namugerwa.

"Chaque fois qu’elles pondent des œufs, je vends les œufs, faisant entrer un peu d'argent".

Aujourd'hui, Namugerwa a 200 poulets dans sa ferme, qu’elle gère les week-ends et pendant les vacances. Le reste du temps, son frère de 23 ans garde la ferme. La location pour la parcelle est de 11 dollars par mois et les deux enfants, en plus de leur sœur de 22 ans, ont également créé une boutique de DVD à côté de la ferme.

Cette entrepreneuse en herbe ne s'est pas encore fait de l'argent, mais espère commencer à gagner environ un million de shillings ougandais, soit 385 dollars, par mois dans un peu moins de deux mois. Elle donnera l'argent à sa mère, qui avait l’habitude de frire des pommes de terre au marché local pour un revenu, mais est maintenant alitée.

"Elle est toujours très malade, mais dit qu'elle est très contente de l'idée parce que maintenant, nous n'avons plus beaucoup de problèmes avec la nourriture", déclare Namugerwa, qui vit toujours à Kisenyi.

"La plupart de mes amis sont fiers de ce que je fais. Certains veulent être comme moi, ils disent 'Je veux faire les mêmes choses que toi'".

Bien sûr, il y a eu également des obstacles sur le chemin.

Namugerwa mentionne le problème des maladies qui font des ravages parmi les poussins, ainsi que le coût de leur alimentation. "Ils mangent tellement, alors vous devez toujours acheter de la nourriture pour eux. Mais ce n'est pas difficile. Chaque chose a ses défis".

"J'aimerais voir davantage de femmes s'engager dans l'élevage et aussi dans les affaires. Je voudrais encourager plus d’Ougandais à trouver des solutions (aux problèmes)", indique-t-elle.

Il est important, affirme Namugerwa, que les jeunes femmes aient de soutien. Bon nombre de ses amies ont abandonné l'école et sont tombées enceintes.

"Elles ont abandonné parce qu'elles n’arrivaient pas à payer les frais de scolarité. Elles n’arrivaient pas à trouver à manger", souligne-t-elle.

"Les garçons les dérangent. Elles ont décidé 'peut-être dois-je aller avec cet homme et obtenir de l'argent'. Elles finissent par tomber enceintes. C'est un gros problème".

On croit que quatre femmes sur cinq en Ouganda travaillent dans l'agriculture, selon l'Enquête 2008 sur le genre et la productivité réalisée par le Centre de recherches sur la politique économique de l'Ouganda. (FIN/2013)

 

 

 

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