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ZIMBABWE
Un enregistrement compliqué 'destiné' à empêcher des gens de voter
Michelle Chifamba

HARARE , 11 juil (IPS) - Comme beaucoup d'autres électeurs potentiels, Emilia Magirazi, 27 ans, a bravé un matin d'hiver glacial puisqu'elle attendait patiemment pour se faire enregistrer comme électrice dans la lente file d'attente à l’Ecole primaire de Kuwadzana 8, à Harare, la capitale du Zimbabwe.

Le second tour de l'enregistrement des électeurs au Zimbabwe a commencé le 19 juin et devrait finir le 9 juillet, avec l’élection présidentielle prévue pour le 31 juillet. Un premier tour a eu lieu pendant 20 jours, d’avril à mai.

Mais des gens comme Magirazi ont du mal à mettre leurs noms sur la liste électorale du Zimbabwe. C'est parce qu'elle est une ressortissante étrangère: Magirazi est née en Zambie, de parents zimbabwéens.

"Je suis arrivée ici avant l'aube, et vers midi, j’ai été finalement reçue par les responsables. Mais ils m'ont dit que je suis une étrangère et que je ne suis pas autorisée à me faire enregistrer. J’ai été orientée vers la caserne de l'armée ou vers la police pour le contrôle d’une infraction pénale quelconque", a expliqué Magirazi à IPS.

Bien que le 12ème amendement de la Loi 2011 sur la citoyenneté au Zimbabwe proscrive la double citoyenneté, la nouvelle constitution du pays, qui a été promulguée en mai, après le premier tour d'enregistrement des électeurs, reconnaît comme citoyens les personnes nées à l'étranger de parents zimbabwéens. Elle reconnaît également comme Zimbabwéennes toutes les personnes nées dans ce pays d'Afrique australe, quelle que soit la nationalité de leurs parents.

Mais comme Magirazi, des dizaines d'autres ressortissants étrangers ont été privés du droit de se faire enregistrer en tant qu'électeurs, malgré les dispositions de la nouvelle constitution.

Selon le bureau de l'Organisation internationale pour les migrations à Harare, entre 500.000 et quatre millions de Zimbabwéens vivent à l'étranger. La plupart ont fui le Zimbabwe pour des raisons économiques puisque entre 2003 et 2009, le pays avait l'un des pires taux d'hyperinflation au monde.

Avec le mot "étranger" inscrit sur son document national d'identité (ID), Magirazi a été renvoyée vers le bureau du greffier en chef pour demander un nouveau. La Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a indiqué que les personnes précédemment classées comme des ressortissants étrangers doivent demander la citoyenneté et des cartes d'identité nationales qui reflètent ce changement de statut afin de pouvoir voter.

Mais de longues queues et des demandes lourdes sont devenues monnaie courante au bureau du greffier en chef. Marshal Bachi, 35 ans, originaire de Dzivarasekwa, à Harare, a souligné qu'il a dû dormir dans les bureaux du greffier en chef quand il est allé retirer un nouveau ID puisque le précédent indiquait qu'il était un ressortissant étranger.

"Ils ont refusé de traiter mon ID parce que mon acte de naissance était sale et ils ont dit que je devrais obtenir un nouveau ... à cause de ce processus lourd, je pourrais ne pas être en mesure d'obtenir un ID pour me faire enregistrer comme électeur avant la fin du processus", a déclaré Bachi à IPS.

Le Centre des ressources pour les élections (ERC, son sigle anglais), une ONG locale, estime que le bureau du greffier en chef tente délibérément de frustrer les nouveaux électeurs afin de les empêcher de voter.

"Il semble que cela arrive à beaucoup d'électeurs potentiels. Les ressortissants étrangers ne pourront pas voter lors de la prochaine élection. Pour la première fois, ils ont pu jouir du fait d'être citoyens selon la nouvelle constitution, mais ils ne pourront pas exercer leur droit dans les conditions actuelles.

"Les dispositions de la Commission électorale sont en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain. Un certain nombre de gens sont en train d’être privés du droit de revendiquer leur citoyenneté au bureau du greffier en chef, malgré les déclarations de la ZEC selon lesquelles les personnes considérées auparavant comme des 'étrangères' peuvent demander de nouveaux ID", a indiqué à IPS, Tawanda Chimhinhi, le directeur de l’ERC.

Tawanda Mukurunge, un journaliste des affaires sociales basé à Harare, approuve cette opinion.

"Malgré le fait que les élections soient dans trois semaines seulement, il n'y a eu aucune tentative sérieuse de la part de la ZEC de sensibiliser les Zimbabwéens sur ce scrutin imminent et leur droit de voter. Le black-out sur l'information par la ZEC est un stratagème délibéré destiné à maintenir dans le noir les citoyens qui ne se doutent de rien. La possibilité d'une élection libre et équitable restera une chimère à moins que ces questions soient abordées", a-t-il expliqué à IPS.

Ian Makone, le directeur de cabinet du Premier ministre, Morgan Tsvangirai, a déclaré à IPS que davantage de gens étaient en train d’être empêchés de se faire enregistrer pour voter.

"Plus de 50 personnes n'ont pas réussi à se faire enregistrer au motif qu'elles étaient des étrangères et ont été renvoyées chez elles, alors qu’il a été dit aux personnes âgées qui n'ont pas eu d’ID de prendre l'autorisation au KG '6', un quartier général de l’armée où des documents nationaux tels que les passeports sont traités. Le gouvernement doit donc revoir cette question parce que cela se passe dans tout le pays", a-t-il dit.

Cependant, le 4 juillet, la Cour constitutionnelle du Zimbabwe a rejeté les appels demandant le report des élections. Beaucoup dans le pays affirment que la précipitation avec laquelle le président Robert Mugabe a fixé la date des élections n'a pas permis de disposer d’assez de temps pour réformer les forces de sécurité du pays.

Lors des élections précédentes, les forces de sécurité ont été accusées d'avoir fomenté des violences contre ceux qui s'opposaient à Mugabe. (FIN/2013)

 

 

 

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