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AFRIQUE
De bonnes idées permettront de nourrir les pauvres
Ed McKenna

ADDIS-ABEBA , 12 juil (IPS) - A travers l'Afrique, les petits fermiers, qui sont quelques-uns des gens les plus pauvres au monde, sont en train d’être progressivement introduits à des approches innovantes, telles que les programmes de prêts d'entreprise et les pratiques de conservation, pour lutter contre l'insécurité alimentaire.

Les petits agriculteurs africains aux ressources limitées contribuent pour 80 pour cent à la production alimentaire en Afrique subsaharienne, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Mais l'investissement et le soutien à l'agriculture en Afrique doivent être innovants et viser rien d’autre que la transformation des pratiques des petits agriculteurs, selon Chris Henderson, conseiller politique à 'Practical Action', une organisation qui défend les approches agro-écologiques pour accroître la souveraineté alimentaire mondiale.

"La transformation des systèmes d’agriculture à petite échelle devrait être une partie importante de la solution à la réalisation de la sécurité alimentaire, l’amélioration de la nutrition et à la croissance équitable dans les pays africains", a déclaré Henderson à IPS.

Il s'exprimait en prélude à une réunion internationale de haut niveau de deux jours sur l’éradication de la faim en Afrique, qui s’est tenue à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, du 30 juin au 1er juillet. Elle était organisée par l'Union africaine, la FAO et l'Institut Lula, une fondation soutenue par l'ancien président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva.

Des experts estiment que relever le défi de renforcement de la sécurité alimentaire dans les pays africains exige des solutions novatrices afin que les agriculteurs puissent produire assez de vivres pour nourrir une population qui devrait atteindre deux milliards d'ici à 2050.

'One Acre Fund' est une ONG ambitieuse qui se désigne comme une entreprise pour les fermiers d'Afrique. En accordant des prêts sous forme d'intrants agricoles et d'appui technique aux agriculteurs pauvres, elle vise à doubler leurs revenus par demi-hectare.

Ce fonds utilise un modèle d'entreprise innovant où des agriculteurs postulent pour le développement agricole et reçoivent un prêt de 80 dollars sous forme de semences et d'engrais. Chaque fermier signe un contrat qui l’oblige à rembourser le prêt, plus un frais de service, et un taux forfaitaire de 16 pour cent d'intérêt, en espèces à la fin de la saison agricole.

'One Acre Fund' a commencé au Kenya en 2006. Elle couvre actuellement 125.000 agriculteurs au Kenya, au Rwanda et au Burundi. Dans trois ans, elle vise à représenter le plus grand réseau de petits fermiers d'Afrique.

Le fonds a aussi quelque chose appelé un faisceau de marchés, qui est une autre approche d'aider les agriculteurs de subsistance à "se sortir" de la pauvreté en vue d'améliorer le commerce et l'accès au marché. Cela consiste à identifier les groupes d'agriculteurs locaux existants, leur fournissant une éducation sur la façon d'améliorer leurs techniques agricoles, d’utiliser des intrants agricoles et un budget pour s'offrir du matériel agricole coûteux tel que les engrais.

"Les petits fermiers sont marginalisés dans tout et ont un accès extrêmement limité aux intrants ou aux informations sur les marchés. L'agriculteur réussit dans une proportion à accéder aux intrants et aux chaînes de valeur. Les fermiers sans accès aux semences et aux engrais ne réussiront pas", a expliqué à IPS, Stephanie Hanson, directrice de la recherche sur les politiques à 'One Acre Fund'.

Selon Hanson, 98 pour cent des clients paient leurs prêts à temps, ce qui est une bonne indication que la majorité des agriculteurs augmentent leurs revenus par demi-hectare.

Des approches traditionnelles de conservation sont également revigorées par des organisations comme 'Farm Africa', une organisation caritative qui travaille avec de petits fermiers à travers le continent.

Les petits agriculteurs à Kitui, une zone semi-aride dans l'est du Kenya, ont reçu une formation dans la construction de structures en terre qui permettent de capturer autant d'eau de pluie que possible pendant une courte averse. Ces structures, ou micro-bassins, sont sous forme de terrasses et de petites fosses ou des fosses zai, qui sont remplies de couche arable et de fumier pour faire un lit de plantation absorbant fertile pour les cultures.

"Le projet est conçu pour aider les petits fermiers à améliorer leur résistance à la sécheresse dans des zones arides et semi-arides, qui sont de plus en plus touchées par les effets du changement climatique. Des zones comme Kitui sont devenues une priorité et nous travaillons pour améliorer la capacité de quelque 7.000 ménages dans la région à faire face à la sécheresse", a indiqué à IPS, Matt Whitticase, le chargé de la communication pour 'Farm Africa'.

Selon Whitticase, les rendements des cultures ont triplé grâce à cette formation et de nouvelles méthodes agricoles.

"L'augmentation des rendements signifie que les familles ont un mois supplémentaire de nourriture à partir de leurs récoltes, ce qui veut dire que les agriculteurs ont plus d'argent à dépenser sur des choses essentielles telles que l'achat d'animaux et des produits essentiels pour leurs fermes", a-t-il indiqué.

Les transferts de fonds électroniques permettent de transformer l'agriculture de subsistance en une activité génératrice de profits en Ethiopie avec l’Agence pour la transformation agricole (ATA) du pays.

En 2012, 10.000 personnes les plus pauvres souffrant de l'insécurité alimentaire en Ethiopie ont reçu des transferts d'argent électroniques directement dans leurs comptes bancaires pour la première fois. Il s'agit d'une intervention visant des agriculteurs autrefois "non bancarisés" ou "sous-bancarisés" dans le pays.

"Une entreprise génératrice de profits requiert l'accès aux services financiers. Pour se développer, chaque petite entreprise a besoin de crédit et des services bancaires, que ce soit pour investir dans des infrastructures nécessaires, des intrants améliorés, des semences et des engrais, ou pour financer des efforts d'expansion", a déclaré à IPS, Khalid Bomba, directeur général de l'ATA. (FIN/2013)

 

 

 

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