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DEVELOPPEMENT
La REDD, une 'fausse solution' pour l'Afrique
Analyse de Isaiah Esipisu

NAIROBI, 17 juil (IPS) - La Réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD) semblerait être une stratégie d'atténuation qui répond parfaitement aux besoins de l'Afrique.

La déforestation et l'agriculture sont responsables d'une part importante des émissions de gaz à effet de serre en Afrique – bien que le continent soit loin d'être l’un des principaux responsables du réchauffement de la planète. Conserver et même étendre la couverture forestière de l'Afrique - le Bassin du Congo renferme la deuxième plus grande forêt tropicale au monde - réduirait les émissions et absorberait à la fois le carbone dans l'atmosphère.

Mais ce concept a autant ses critiques que ses défenseurs.

"La REDD est une très bonne chose pour l'Afrique, bien que vous ayez toujours des détracteurs en quête de son inconvénient. C’est bon notamment pour les pays ayant principalement des forêts de miombo (ou de savane)", affirme Sharon Kockott, un directeur de 'Conservation Science Africa', une entreprise qui travaille sur la préservation et la réhabilitation des prairies communautaires au Botswana, au Kenya, en Zambie et au Zimbabwe.

La REDD fonctionne en calculant la quantité de carbone stocké dans les arbres dans une zone donnée et en émettant des crédits-carbones pour l'entretien et la gestion durable de ce carbone séquestré.

Kockott déclare à IPS que la protection des stocks de carbone dans les forêts de savane est aussi vitale pour atténuer le changement climatique que pour protéger les forêts tropicales du Bassin du Congo.

"La théorie derrière la REDD estime qu'une forêt n'existe pas de façon isolée - en particulier les forêts de savane. Considérez cela comme un barrage. L’essentiel de l'eau se trouve dans la partie la plus profonde du barrage (les plus grands stocks de carbone sont dans les forêts équatoriales) et les savanes sont comme le bord d'un barrage – en réalité l'eau de surface se retire plus rapidement", explique-t-elle.

Mais Nnimmo Bassey, le directeur de 'Health of Mother Earth Foundation' (Fondation santé de la mère terre) et membre du 'Réseau aucune REDD en Afrique', pense autrement.

"La REDD est une fausse solution pour atténuer les changements climatiques. Lorsque vous conservez une forêt donnée sans offrir une solution alternative, les bûcherons se déplaceront certainement vers d'autres endroits parce que le besoin est toujours là", dit-il à IPS.

"L'effet net est que la déforestation n'est pas stoppée. Même si elle l'a été pour un endroit donné, il n'existe aucune assurance qu'elle soit ainsi à perpétuité", estime Bassey.

Il souligne que la REDD permet également à divers types de plantations d’être considérées comme des forêts. "Cette position autorise ceux qui voient les arbres comme de simples puits de carbone à remplacer les forêts par des plantations, décimant ainsi la biodiversité, la diversité culturelle et d'autres utilisations précieuses des forêts et des produits forestiers".

La REDD risque simplement de priver les communautés dépendantes des forêts des zones de projet, affirme Bassey, les déplaçant en échange d'un nombre limité d'emplois comme ouvriers ou gardiens des ressources forestières dont elles jouissaient auparavant.

Des milliards de dollars ont été promis pour développer, mettre en œuvre et étendre la REDD, mais en étudiant un mécanisme de suivi des financements comme 'Climate Funds Update' de l'Institut de développement d’outre-mer, il est clair que relativement peu de ce montant a été déboursé jusque-là en réalité - particulièrement en Afrique.

L'atténuation des changements climatiques exige des données précises et détaillées ainsi que des mécanismes de vérification. Le développement de la REDD a rapidement révélé des lacunes dans la capacité administrative de diverses institutions locales, nationales et même internationales en Afrique.

Les défis que des projets comme la REDD doivent relever incluent la complexité d'établir des niveaux de référence – déterminer des choses comme la quantité de carbone qu'une forêt peut stocker, et comment cela va changer au fil du temps sous un scénario "habituel" - et la conception d’un projet qui produira de meilleurs résultats. Puis, une fois ces questions réglées sur papier, il y a l'immense problème de la vérification des estimations et des projections par rapport aux réalités sur le terrain dans des localités souvent difficiles d’accès.

La difficulté d'effectuer de façon crédible tout cela se reflète dans le fait que jusqu'ici, les crédits-carbones de la REDD ne font pas partie du marché de la conformité, des crédits qui vont vers le respect des obligations formelles pour réduire les émissions. Les crédits-carbones générés par la REDD font plutôt partie d'un marché volontaire, achetés par des sociétés dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises.

Le projet pour la REDD du Corridor de Kasigau au Kenya, par exemple, a vendu une partie de sa première tranche de 1,45 million d'unités volontaires de carbone - représentant le même nombre de tonnes de carbone séquestré - à Nedbank, en Afrique du Sud, dans le cadre du positionnement de la banque elle-même comme une entreprise neutre en carbone.

"En raison de la récession économique internationale qui a commencé il y a quelques années, il y a moins d'argent qui soit alloué aux programmes sur la responsabilité sociale", souligne Kockott. "Les entreprises achèteront toujours en premier les crédits de réduction des émissions qui répondent aux objectifs qu'elles doivent atteindre avant de penser à ceux qui sont volontaires". (FIN/2013)

 

 

 

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