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POLITIQUE
Des Zimbabwéens craignent de nouvelles élections volées
Jeffrey Moyo

HARARE, 24 juil (IPS) - L'espoir de Gibson Muzungu pour des élections libres et équitables, le 31 juillet, s’est éteint après que des responsables locaux du parti au pouvoir au Zimbabwe, la ZANU-PF, ont saisi sa carte d'identité, apparemment pour vérifier s'il était un électeur inscrit.

"Je soupçonne déjà que les bureaux de vote seront truqués par la ZANU-PF après que les responsables locaux du parti m'ont forcé à donner ma carte d'identité, affirmant qu'ils voulaient vérifier si j'étais un électeur inscrit", a déclaré Muzungu à IPS. "Mais est-ce que j’ai besoin de quelqu'un pour vérifier pour moi alors que je peux le faire moi-même?". Sa carte d’identité ne lui est pas encore retournée et il soupçonne qu'elle sera utilisée pour un vote frauduleux.

Muzungu, qui est originaire du district de Chivhu, dans la province du Mashonaland, dans l'est du Zimbabwe, figure parmi des centaines de villageois dans son quartier dont les cartes d’identité auraient été saisies par des responsables présumés de l'Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF).

Il a ajouté que des chefs traditionnels locaux étaient occupés à déconseiller aux villageois de voter pour l'un quelconque des partis du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) afin d’éviter des violences postélectorales de la part de la ZANU-PF.

Tawanda Chimhini, directeur du Centre des ressources pour les élections (ERC), une organisation locale indépendante axée sur l’organisation des scrutins, a indiqué qu'ils étaient au courant de ce que des villageois sont en train d’être contraints de voter pour des partis donnés.

"Oui, nous savons qu'il y a des chefs traditionnels en campagne qui reçoivent des ordres de leurs maîtres politiques afin d’ordonner aux villageois de voter pour un parti par rapport à un autre. C’est illégal et nous attendons que la loi soit appliquée contre ces personnes. Le code de conduite électoral n’autorise pas cela", a expliqué Chimhini à IPS.

"L’ERC, comme l'électorat ordinaire, s'inquiète du fait que les élections de cette année puissent être truquées étant donné que beaucoup de gens n’ont pas pu se faire enregistrer, et que des pénuries de matériel de vote ont fait capoter le scrutin spécial pour les policiers et les militaires, qui a été aggravé par l’incapacité de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) à publier les informations de vote", a affirmé Chimhini.

Les 14 et 15 juillet, la ZEC a organisé des élections spéciales pour les forces de sécurité nationale du pays. Toutefois, le vote a été désorganisé et a montré que le corps électoral était mal préparé pour les élections à venir. Les bureaux de vote se sont ouverts tardivement, et beaucoup n'ont pas eu d’encre de vote, de bulletins de vote ou même de liste électorale. A la fin, seuls 10 pour cent des forces de sécurité enregistrées comme électeurs ont voté.

Selon la ZEC, environ 70.000 policiers et militaires se sont inscrits pour le vote spécial en prélude aux scrutins de cette année, puisqu’ils seront en train de travailler le jour des élections.

Toutefois, le service du trésor indique que le nombre total de militaires et de policiers sur le registre national des salaires est 48.500. La différence entre les chiffres a également suscité des inquiétudes chez les analystes, selon lesquelles les bureaux de vote spéciaux étaient truqués et que des "électeurs fantômes" viendront achever les bulletins restants.

La vice-présidente de la ZEC, Joyce Kazembe, a admis que l'exercice du vote spécial avait été truffé d'erreurs.

"Nous avons pris note des préoccupations et des disputes qui nous parviennent et nous allons les aborder pendant que nous avançons", a déclaré Kazembe à IPS.

Le 21 juillet, pendant qu’il s’adressait aux partisans à Gweru, dans la province de Midlands, au Zimbabwe, environ 340 km à l'ouest de Harare, le Premier ministre, Morgan Tsvangirai, a dit qu'il était préoccupé que la ZEC ait imprimé huit millions de bulletins de vote pour six millions d'électeurs enregistrés. Tsvangirai est le candidat à la présidentielle pour le parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique - Tsvangirai (MDC-T).

La 'Research and Advocacy Unit' (Unité de recherche et de plaidoyer), une organisation locale de recherche, en a rajouté aux inquiétudes de Tsvangirai, affirmant que plus de deux millions d'électeurs éligibles ne s'étaient pas fait enregistrer et que plus d'un million de personnes décédées étaient encore sur la liste électorale.

Mais le porte-parole national de la ZANU-PF, Rugare Gumbo, a déclaré qu’il n’a rien vu de mauvais dans l’impression des bulletins de vote supplémentaires par la ZEC.

"Si la ZEC a imprimé plus de bulletins de vote qu’il ne fallait, qu’y a-t-il de mauvais à cela? N'est-il pas préférable d'avoir plus en cas de dommages?", a indiqué Gumbo à IPS.

Les organisations de la société civile dans le pays ont également exprimé leurs craintes pour des élections truquées.

Raymond Majongwe, secrétaire général du Syndicat des enseignants progressistes du Zimbabwe, a affirmé que les politiciens allaient disputer un scrutin déjà décidé.

"Le MDC-T ne nous a pas écoutés quand nous leur disions d’enter dans cette course après la mise en œuvre des réformes électorales. Mais ils sont entrés néanmoins, et ils disputent un match gagné d’avance", a indiqué Majongwe à IPS. (FIN/2013)

 

 

 

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