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RD CONGO
Les groupes armés intensifient l'utilisation d'enfants
Taylor Toeka Kakala

GOMA, RD Congo, 20 août (IPS) - Malgré la réinsertion, entre janvier et juillet, de quelque 1.700 enfants-soldats par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), plus de 2.000 autres sont toujours utilisés par 27 groupes armés au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Assis sous un arbre, Maurice, 16 ans, regarde devant lui d'un air hébété. Cet ex-enfant soldat associé aux forces et groupes armés à été retiré de nouveau d'une milice du Nord-Kivu et accueilli au Centre de transit et d'orientation pour ex-enfants soldats (CTO) de Nyakariba, dans la province, afin de le réintégrer dans la vie civile.

Le seul espoir pour cet ex-enfant soldat était sur une chèvre que 'Caritas Goma' lui avait offerte pour reprendre la vie civile. Mais sa famille l'avait mangée à son absence.

"Contraint par des difficultés économiques après ma première réunification familiale..., j'ai donc pris la décision de retourner aux armes", déclare Maurice à IPS. Il a rejoint la milice Nyatura, après avoir été démobilisé du groupe des Patriotes résistants congolais (PARECO).

Dans un communiqué publié à la fin-juillet, l'UNICEF a dénoncé "une tendance inquiétante où les enfants sont de plus en plus comptés parmi les victimes" des conflits qui secouent le Nord-Kivu depuis le début des combats, en mai 2012, qui opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles du M23.

Mais la présence des ex-enfants soldats dans les rangs du M23, documentée par l'ONG 'Human Right Watch', ne représente qu'une facette problème, estime Basile Bashimbe, juriste au programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-enfants soldats à 'Caritas Goma'.

"Malgré l'adhésion de la RDC... à la Convention relative aux droits de l'enfant, notre pays est sur la 'liste de la honte' des forces et groupes armés impliqués dans le recrutement et l'utilisation d'enfants", déclare Bashimbe. Cette liste est établie sur des preuves recueillies par l'ONU, dit-il à IPS.

Dans une région où les relents nationalistes, les revendications ethniques, les conflits fonciers et les matières premières motivent la guerre, "les milices utilisent les enfants comme main-d'œuvre vulnérable et hautement influençable", souligne-t-il.

Chaque ex-enfant soldat, "relâché dans une famille qui a peur de lui" à cause de son passé, bénéficie d’une réinsertion familiale par le don d'une chèvre, affirme Justin Akili, qui avait participé, en 2003, à la rédaction du 'Plan opérationnel' du programme DDR en RDC. Un ex-enfant soldat en âge scolaire reçoit aussi un kit et des frais scolaires pour ses études jusqu'a l'obtention de son diplôme d'Etat (baccalauréat).

Face au double défi pour un ex-enfant soldat de refaire sa vie et de faire ses preuves dans la communauté, le programme DDR prévoit qu'il bénéficie aussi d’une réinsertion socioéconomique par la poursuite d'une activité génératrice de revenus ou par l'apprentissage d'un métier pour sa réintégration dans la société.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) rend visite, trois mois après la réunification familiale, à chaque ex-enfant soldat pour voir s'il est bien réintégré ou s'il a un problème de protection, a expliqué à IPS, Rita Palombo, déléguée du CICR à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

Mais "en raison des difficultés pour vivre et de la persistance des milices, les enfants qui étaient combattants avec arme, ne s'adaptant non plus à une vie normale, sont donc révoltés et n'ont, en tête, que l'idée de retourner dans la brousse", explique Akili à IPS.

L'idée du retour au maquis est, pour l'UNICEF, la conséquence du non-achèvement du 'Plan opérationnel' DDR, initié en 2003 par la RDC, les Nations Unies et les ONG pour la réinsertion des ex-combattants et celle des ex-enfants soldats.

En 2003, certains groupes armés de la RDC avaient jusqu'à 40 pour cent d'enfants dans leurs troupes, avait estimé l'ONU, au moment où ce pays d'Afrique centrale représentait la moitié des 130.000 enfants-soldats en Afrique, sur les 300.000 à travers le monde.

Jusqu'en 2006, la commission gouvernementale chargée du DDR en RDC n'avait démobilisé que 19.000 ex-enfants soldats avant de connaître des difficultés, selon l’UNICEF.

La Cour pénale internationale faisant peur maintenant, avec l'arrestation de certains chefs de guerre congolais accusés pour, entre autres, l'utilisation d'enfants-soldats, les statistiques ont diminué, affirme Potient Bashonga, chargé de suivi des ex-enfants soldats à l'UNICEF/Goma.

"J'ai accepté que mon fils réintègre ma maison parce qu'on lui avait promis un soutien économique. Avec cette promesse non tenue, il risque de reprendre les armes", déclare le père d'un ex-enfant soldat qui a requis l’anonymat.

Aujourd'hui, "le problème de la réinsertion socioéconomique reste crucial" dans tous les villages ou des enfants ont été enrôlés dans les rangs des FARDC ou des groupes armés, souligne Bashimbe. (FIN/2013)

 

 

 

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