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AFRIQUE
Le plus grand projet hydroélectrique peut rencontrer des obstacles
John Fraser et Maurice Wa ku Demba

JOHANNESBURG/LUBUMBASHI, 26 août (IPS) - Il y a de grandes aspirations pour le projet hydroélectrique le plus important d'Afrique, Inga III, qui est prévu pour être construit en République démocratique du Congo (RDC). Mais des analystes sont sceptiques qu’un tel projet aussi ambitieux puisse être jamais réalisé.

En mai, le ministre congolais de l’Energie, Bruno Kapandji, a annoncé que le projet avançait, ajoutant qu’Inga III produirait 4.800 mégawatts (MW). Le projet sera érigé sur le site où deux barrages existants sur le fleuve du Bas-Congo (ouest de la RDC).

Le barrage sera construit sur l’une des chutes d’eau les plus grandes au monde, les Chutes d’Inga, où tombe le fleuve Congo d’une hauteur de près de 100 mètres et coule à la vitesse énorme de 43 mètres cubes par seconde. L’Afrique du Sud est à la fois un partenaire et le principal client du projet.

Ian Cruickshanks, un économiste indépendant, a salué la vision derrière Inga III, mais a exprimé des inquiétudes par rapport à son évolution.

"Le potentiel de ce projet est énorme et passionnant et pourrait faire une grande différence par rapport à l'Afrique subsaharienne", a-t-il indiqué à IPS.

"Cela pourrait fournir de l’électricité moins chère et plus propre que ce qui est actuellement produite dans les centrales électriques au charbon. Le fleuve est là - vous avez besoin d’y installer les turbines et construire les lignes électriques".

Inga III nécessitera 12 milliards de dollars, avec le coût de construction du barrage estimé à 8,5 milliards de ce montant. La réalisation du projet durera six ans.

Comme première étape, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) doivent approuver un paquet d’assistance technique de 63 millions de dollars pour le projet. Selon le document d'informations de la Banque mondiale sur le projet, 43 millions de dollars proviendront de sa branque de financement concessionnaire, l’Association internationale de développement, et le reste viendra de la BAD.

Cependant, Cruickshanks a averti que ce sera un problème pour transporter l'électricité sur cette longue distance jusqu’en Afrique du Sud. "Ma seule préoccupation suit les expériences du projet du barrage de Cahora Bassa sur le Zambèze au Mozambique. [Il] génère de l'électricité, mais la transmission aux clients en Afrique du Sud n'est pas efficace", a déclaré Cruickshanks.

"Ensuite, il y a un grand problème de sécurité des lignes électriques géantes [qui traversent] la RDC, qui est en guerre contre elle-même".

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la situation sécuritaire dans l'est de la RDC est précaire depuis juillet 2011.

De nouveaux affrontements entre le M23, un groupe armé constitué par d'anciens soldats tutsis qui se sont mutinés en avril 2012, les Forces armées de la RDC, et d'autres groupes armés locaux, ont fait déplacer encore des milliers de gens. Quelque 2,2 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur.

Ingénieur indépendant et spécialiste des questions énergétiques, Andrew Kenny a indiqué à IPS que des projets régionaux sont essentiels pour le développement de la fourniture d'électricité en Afrique, qui est essentielle pour le développement.

"Des lignes de transmission reliant les différents pays sont absolument nécessaires. Puisque la demande réelle dans la plupart des pays africains est si faible, beaucoup de projets de production fourniront plus d’énergie que tout le pays n’en a besoin, et le surplus doit être passé aux voisins dans le besoin", a-t-il affirmé.

"Le Grand Inga n'est possible que s’il est un projet régional qui fournit de l'énergie à beaucoup d’autres pays. Il en est de même pour une grande centrale à charbon que le Botswana envisageait".

Il a repris l’inquiétude de Cruckshanks au sujet de l'instabilité en RDC.

"Pour le moment, les investisseurs craindraient le risque politique et commercial dû à un gouvernement instable dans un pays ravagé par un conflit sanglant".

"Il y aurait également des risques dans les paiements pour l'électricité, l'exploitation et l’entretien des centrales hydroélectriques, le sabotage, la confiscation, la nationalisation et l'incapacité à rembourser les dettes. Ils craindraient également le risque présenté par les pays voisins qui possèdent des lignes de transmission: risques de confiscation, l'imposition de tarifs très élevés et un entretien inadéquat".

Analyste principal de la recherche et de la stratégie à 'Frontier Advisory', Simon Schaefer, a déclaré à IPS qu'il partage les préoccupations de Cruickshanks selon lesquelles un tel projet ambitieux soit possible dans une région troublée de l'Afrique.

"Je pense que le projet d’Inga III doit être vu dans le contexte plus large de la situation politique du pays et de la région", a-t-il dit. "La RDC est très fragmentée en interne. Il est douteux que le gouvernement de Kinshasa exerce réellement un contrôle/pouvoir efficace sur toutes les régions du pays".

Il a également noté que le projet est prévu depuis plusieurs années. Cependant, il a insinué que la taille du projet, le paysage politique complexe et les problèmes de la RDC et de la région sont des obstacles importants à sa mise en œuvre.

"La situation politique en RDC est instable et le pays a été souvent décrit comme un Etat en faillite. D'autres problèmes majeurs de la RDC sont la corruption endémique et l'absence d'institutions crédibles. Tous ces facteurs ne sont pas le point de départ idéal pour un projet de plusieurs milliards de dollars avec un horizon d’investissement long", a-t-il expliqué.

Toutefois, il a insisté sur les avantages d’une collaboration entre les pays africains pour aborder les problèmes d’électricité - une question qui a été soulignée par le président américain Barack Obama lors de son récent voyage en Afrique, quand il promettait des milliards de dollars dans des fonds américains pour appuyer les infrastructures énergétiques en Afrique.

"Je pense que les pays africains feraient bien de s'attaquer aux déficits d'énergie en développant des projets transfrontaliers et de se concentrer sur des réseaux intégrés de transmission à travers plusieurs pays", a indiqué Schaefer à IPS.

"Cela permettrait aux pays de partager le fardeau financier du projet et d’assurer l’absorption de l'électricité produite. L'engagement de l'Afrique du Sud d'acheter une quantité définie d'électricité auprès de la RDC est un premier pas vers une intégration accrue dans le secteur de l'énergie".

"Alors que l'objectif principal de la RDC peut être de générer des recettes et de créer des emplois à partir de la construction du barrage, le pays doit être réaliste par rapport à l’imitation, dans le domaine de l’énergie, de la part des pays de la région", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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