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AFRIQUE
Les agriculteurs recherchent de financement privé
Busani Bafana

MAPUTO, 9 sep (IPS) - Le Nigeria compte mettre à profit un prêt de 3,5 milliards de dollars obtenu auprès des banques locales pour l'agriculture, selon le ministre nigérian de l'Agriculture et du Développement rural, Akinwumi Adesina.

Le gouvernement endosse le risque dans le but d'attirer la participation du secteur privé, a déclaré Adesina à IPS. "Nous développons une approche pour que le secteur privé ait accès au financement, parce que sans financement, vous ne pouvez pas faire grand-chose", a-t-il indiqué en marge du lancement d’un rapport sur les statistiques de l’agriculture africaine à Maputo, la capitale du Mozambique, le 4 septembre.

"Nous travaillons sur de nouveaux instruments de financement qui permettront à nos marchés de capitaux de travailler pour l'agriculture. L'agriculture représente 44 pour cent de notre PIB (produit intérieur brut) et 70 pour cent de tous les emplois, mais elle bénéficie seulement de deux pour cent de tous les crédits bancaires au Nigeria", a-t-il expliqué.

L'Afrique importe actuellement près de 40 milliards de dollars de vivres par an, mais elle devrait mettre en œuvre des mesures pour attirer les investissements du secteur privé dans l'agriculture afin de réduire sa facture d'importation d’aliments et d'augmenter son autosuffisance, déclarent à IPS les experts du secteur.

"Au cours des 10 prochaines années, les pays africains ne devraient pas dépendre de l'aide alimentaire, mais doivent produire leur propre nourriture et acheter à l’intérieur de l’Afrique lorsqu’ils manquent de vivres", a indiqué à IPS, le professeur Mandivamba Rukuni, chercheur sur l’agriculture et directeur de l’organisation 'Barefoot Education for Africa Trust'.

"L’autonomie alimentaire signifie la création de la richesse et les agriculteurs devraient être directement liés aux marchés. Plus de gens auront plus d'argent dans leurs poches si davantage de petits fermiers cultivent de façon rentable, et cela peut être fait", a affirmé Rukuni.

Selon le Rapport sur les statistiques de l’agriculture africaine, lancé par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) à Maputo, les pays africains ont produit 157 millions de tonnes de céréales et importé 66 millions de tonnes en 2010.

En août, le Forum pour la recherche sur l'Afrique en Afrique a mis la facture d'importation alimentaire actuelle du continent à plus de 40 milliards de dollars, une somme qui, selon l'organisation, serait mieux dépensée pour permettre aux fermiers africains de devenir autosuffisants.

Les chefs d'Etat et de gouvernement africains se sont engagés à améliorer le développement agricole et rural en Afrique dans la Déclaration de Maputo en 2003. Elle inclut l'objectif ambitieux des gouvernements d'allouer au moins 10 pour cent des budgets nationaux à l'agriculture et au développement rural.

Mais au cours des 10 dernières années, seuls quelques-uns des 54 Etats membres de l’Union africaine (UA) ont fait cet investissement. Ce sont le Burkina Faso, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Environ 27 autres pays ont développé des plans nationaux formels d'investissement dans l'agriculture et la sécurité alimentaire en fonction des accords.

Ces accords sont le résultat de tables rondes nationales qui rassemblent les principaux acteurs de l'agriculture afin qu’ils s'accordent sur les priorités d'investissement.

Actuellement, l'un des rares pays qui priorisent l’investissement dans l'agriculture est le Nigeria. Dans ce pays d'Afrique de l'ouest, le gouvernement a élaboré le Système nigérian de partage des risques basé sur l’incitation pour des crédits agricoles (NIRSAL), qui vise à réduire les risques dans la chaîne de valeur du financement agricole en renforçant à long terme les capacités et en institutionnalisant les incitations pour des crédits agricoles. L’objectif du NIRSAL est d'élargir le crédit bancaire dans la chaîne de valeur agricole.

Pendant ce temps, Rukuni a affirmé à IPS que bien que la plupart des pays africains n'aient pas pu consacrer 10 pour cent à l'agriculture, ils ont vu la sagesse de le faire.

"Bien que 10 pour cent soit un bon chiffre à souligner, ce n'est pas un chiffre magique. Ce qui est plus important à avancer, c’est le financement public catalytique, où le gouvernement, ses experts, les agriculteurs et le secteur privé travaillent ensemble et comprennent vraiment ici qu'il est important pour le gouvernement d'investir pour susciter des investissements du secteur privé", a souligné Rukuni.

Citant la Chine, l'Inde et le Brésil comme des exemples de partenariats public-privé en marche, Rukuni a indiqué qu'il était temps pour que les Africains comprennent qu'il n'y a pas de compétitivité dans l'agriculture sans que les gouvernements et le secteur privé ne fixent des objectifs communs dans le développement des infrastructures, par exemple.

"La plus grande astuce est que le secteur privé mette plus d'argent dans l'agriculture", a-t-il déclaré. "Il n'y a nulle part au monde aujourd'hui où vous pouvez faire avancer le gouvernement ou l’industrie si le gouvernement et le secteur privé ne travaillent pas ensemble".

Le rapport de l'AGRA note que bien qu'elle dispose de plus de 70 pour cent de terres excellentes non exploitées, les propriétés foncières en Afrique continuent de baisser. Cette diminution a eu un impact sur la productivité des 33 millions de petits fermiers responsables de près de 90 pour cent de la production agricole du continent.

L'alliance estime qu'un pour cent de croissance dans l’agriculture augmentera le revenu des pauvres de plus de 2,5 pour cent, mais seulement 0,25 pour cent des crédits bancaires dans le Marché commun pour l'Afrique australe et orientale va aux petits agriculteurs.

La commissaire de l'UA chargée de l'agriculture et du développement rural, Rhoda Peace Tumusiime, a déclaré à IPS que l'investissement dans l'agriculture africaine est devenu plus que jamais urgent et que cela s'est reflété dans le mouvement politique vers le développement des plans nationaux pour l'agriculture tel que proposé dans le cadre du Programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA) pour éliminer la faim et réduire la pauvreté.

"Les 70 pour cent de la population qui dépendent de l'agriculture, constituent un gros chiffre, alors si nous nous concentrons sur l'amélioration de la situation de ces 70 pour cent, la pauvreté sera éradiquée. Nous ne voulons pas d'une situation où les économies se développent, mais pas l'agriculture", a-t-elle souligné. (FIN/2013)

 

 

 

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