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ZIMBABWE
Les politiques de Mugabe affament des gens
Jeffrey Moyo

HARARE, 10 sep (IPS) - Tambudzai Javangwe, dans le district de Mwenezi, dans le sud du Zimbabwe, manque de nourriture et chaque jour, elle quémande des aides auprès des personnes de bonne volonté pour nourrir ses six petits-enfants orphelins et elle-même.

Javangwe, 66 ans, a eu de faibles récoltes de maïs cette saison, qu'elle attribue à la fois à un manque d’intrants agricoles comme les engrais et les semences, et à l'insuffisance des pluies durant la saison agricole.

"Nous avons eu de mauvaises récoltes ici cette année et la famine nous touche déjà durement, et mes petits-enfants orphelins vont souvent à l'école le ventre vide", a déclaré Javangwe à IPS.

Elle est l'une des deux millions de personnes confrontées à de grandes pénuries alimentaires dans le pays, en grande partie à cause de l'échec des politiques foncières controversées du président Robert Mugabe, selon des analystes et économistes locaux.

Dans une déclaration le 2 septembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a prévu une période de grandes pénuries alimentaires pour 2014, puisqu’une personne sur quatre en milieu rural est censée avoir besoin de l'aide alimentaire.

L'analyste politique Malvern Tigere a indiqué que le fait que le Zimbabwe manque de vivres signifie que le programme de réforme agraire controversée de Mugabe, à travers lequel plus de 300.000 personnes ont été réinstallées sur des terres appartenant auparavant à 4.000 fermiers commerciaux blancs, a été un échec.

"L’aveu inhabituel de Mugabe selon lequel le Zimbabwe avait manqué de vivres au cours de sa campagne électorale, a témoigné de l'échec de l'agriculture commerciale dans le pays et a vraiment contredit les affirmations de son parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF), selon lesquelles l'agriculture avait atteint son point culminant après la saisie des fermes commerciales en 2000", a expliqué Tigere à IPS.

Depuis la saisie des fermes commerciales appartenant aux Blancs, la production alimentaire a considérablement diminué dans ce pays d'Afrique australe. Un rapport publié en juillet par l'Agence nationale de la statistique du Zimbabwe, intitulé "Enquête nationale sur la pauvreté, les revenus, la consommation et les dépenses", indiquait que les agriculteurs commerciaux avaient contribué pour un taux dérisoire de 15,6 pour cent à la réserve nationale de céréales en 2012. C’était une baisse significative par rapport à 1994, lorsqu’ils avaient contribué pour plus de 50 pour cent à la réserve nationale.

Michael Hamandishe, un économiste indépendant, a affirmé que le gouvernement de la ZANU-PF était conscient que le pays devait être confronté à des pénuries alimentaires d’ici à 2014 à cause de l'insuffisance des précipitations au cours de la saison agricole précédente, qui a duré d'octobre 2012 à février 2013. Cela, a-t-il dit, était un problème aggravé par des fermiers mal équipés.

"Le nouveau gouvernement de la ZANU-PF a vu cela [la famine] venir parce que tout le monde a constaté les faibles pluies ici qui ont entraîné de mauvais rendements agricoles, ce qui a été également dû au manque d'intrants agricoles, essentiellement pour les fermiers réinstallés dans le cadre du programme de réforme agraire", a-t-il expliqué à IPS.

"Le gouvernement zimbabwéen ne pouvait pas adopter des mesures de précaution à temps pour lutter contre la famine qui se dessine et considérant que le même gouvernement que nous avons aujourd'hui n’a pas réussi à améliorer la situation alimentaire dans le pays depuis l'indépendance en 1980, je ne vois rien de nouveau en termes de gestion pour combattre les pénuries alimentaires imminentes", a déclaré Hamandishe.

Gibson Nhari, un agent de vulgarisation agricole basé dans le district rural de Guruve, dans la province du Mashonaland central, à 150 km de Harare, a attribué les pénuries alimentaires qui se dessinent aux coûts élevés des produits tels que les engrais, et les prix des céréales qui ont augmenté de 15 pour cent depuis 2012.

Le prix de l’engrais composé de nitrate d'ammonium au Zimbabwe est passé de 30 dollars en 2012 à 35 dollars cette année, et l’engrais 'Compound D' coûte aujourd'hui 31 dollars contre 26 dollars en 2012.

"L'incapacité des petits fermiers à acheter des intrants tels que les produits chimiques, les semences et les engrais, a entraîné de faibles rendements dans le pays, causant des pénuries alimentaires", a expliqué Nhari à IPS.

Toutefois, les responsables de la ZANU-PF ont imputé les pénuries alimentaires aux sanctions imposées par les pays occidentaux.

En 2002, l'Union européenne (UE) a premièrement imposé des sanctions au Zimbabwe, y compris des interdictions de voyager et le gel des comptes bancaires de hauts responsables de la ZANU-PF et des entreprises ayant des liens avec Mugabe.

Les Etats-Unis ont suivi avec des sanctions sur le commerce bilatéral avec le Zimbabwe un an plus tard.

Toutefois, en mars, l'UE a suspendu ses sanctions contre un certain nombre de responsables et d'entreprises au Zimbabwe, bien qu’elles demeurent en vigueur pour 10 personnes, dont Mugabe, et deux entreprises.

Les sanctions américaines contre le Zimbabwe demeurent.

"Le programme de réforme agraire est une trouvaille de la ZANU-PF pour autonomiser les Zimbabwéens noirs locaux, mais les sanctions imposées à notre pays ont eu un impact négatif sur les bénéficiaires du programme pour produire efficacement des rendements suffisants. Mais je vous dis que nous continuerons à persévérer avec l'utilisation de nos propres ressources", a déclaré à IPS, Goodson Nguni, un leader de la ZANU-PF.

Le 29 août, au Salon de l'agriculture 2013 au Zimbabwe, Mugabe a promis d'importer 150.000 tonnes de maïs de la Zambie voisine, affirmant qu’aucun Zimbabwéen ne mourrait de faim.

Mais cela ne suffira pas, puisque le PAM indique que le Zimbabwe aura besoin de 2,2 millions de tonnes de maïs l'année prochaine.

Le directeur du PAM au Zimbabwe, Sory Ouane, a déclaré à IPS: "Beaucoup de districts, principalement vers la partie sud du Zimbabwe, ont récolté très peu et les gens tirent déjà le maximum de leurs stocks de vivres en diminution". (FIN/2013)

 

 

 

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