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KENYA
Le peuple cherche justice alors que la procédure devant la CPI vacille
Miriam Gathigah

NAIROBI, 18 sep (IPS) - Comme le vice-président du Kenya, William Ruto, et le journaliste coaccusé, Joshua Sang, ont repris leur procès pour crimes contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI) le 17 septembre, beaucoup dans ce pays discutaient pour savoir si le procès se poursuivra jusqu'à son terme car quatre autres témoins se sont retirés le 15 septembre.

Javas Bigambo, un analyste politique à 'Interthoughts Consulting', un cabinet-conseils sur la gouvernance, le leadership et la politique, a déclaré à IPS que le retrait progressif des témoins pourrait conduire à l'effondrement de la procédure plus tôt.

Le début du procès de Ruto le 10 septembre a été reporté en raison de l'absence d'un témoin clé de l'accusation originaire de la province de la Vallée du Rift. Ruto est accusé de meurtre, de transfert forcé et de persécution des gens au cours des violences qui ont suivi les élections présidentielles contestées de 2007 dans ce pays d'Afrique de l'est.

Environ 1.300 personnes ont été tuées, 3.500 ont été blessées, et plus de 600.000 déplacées de leurs maisons pendant le conflit. Il a plaidé non coupable des charges.

Le premier témoin a fait sa déclaration mardi, mais elle a donné son témoignage comme un certain nombre d'autres témoins se sont retirés de l'affaire. Au début du procès il y a une semaine, la liste des témoins de l'accusation avait diminué de 20 noms des 42 au début. Quatre autres se sont retirés le 15 septembre, deux jours avant la reprise du procès.

Bigambo a affirmé que la "suspension soudaine et prématurée du procès de Ruto indique le désarroi dans lequel se trouve le Bureau de la procureure [de la CPI]".

"Pourquoi seuls les témoins alignés dans les affaires de Ruto et [du président kényan] Uhuru Kenyatta se retirent-ils et pas ceux de Sang? Il est possible qu'ils utilisent tous deux des méthodes de la terre brûlée [détruisant tout ce qui est utile à l’accusation] en vue d'obtenir que les affaires soient rejetées au motif de l'incompétence de l’accusation. Auquel cas, les allégations seraient déclarées frivoles et malveillantes", a expliqué Bigambo.

D'autres témoins étaient censés témoigner de la façon dont Ruto et Sang auraient profité des tensions et soupçons existants entre les Kalenjin et la communauté kikuyu pour inciter aux violences postélectorales. Les deux accusés sont de la communauté kalenjin.

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a été citée dans les médias comme ayant déclaré que le fait qu'il existait encore des témoins de l'accusation pour faire des déclarations dans le procès, était un miracle puisqu’ils avaient été intimidés.

Mais ceux qui sont touchés par les violences regardent les événements se dérouler avec une inquiétude croissante que la justice ne suive pas son cours. Durant les violences postélectorales, Sally Musa a été violée et sa maison, dans le bas-quartier de Mathare à Nairobi, la capitale, a été brûlée au début de 2008.

"J'ai une fille de cinq ans à partir [de ce viol] et nous sommes toutes les deux séropositives. Au début, les gens parlaient des victimes, mais nous avons été oubliées", a déclaré à IPS, Musa qui vit maintenant à Kariobangi, une autre installation informelle de Nairobi.

"L'affaire est maintenant Ruto contre la CPI. Et des Kényans soutiennent Ruto ou la CPI, mais des gens sont morts, nous avons perdu nos maisons. Je suis tombée enceinte, personne ne parle de cela. Ma joie n'est pas de voir Ruto emprisonné, mais de savoir qu'il y a justice".

Vincent Kimosop, directeur général de l'Institut international des affaires législatives, une ONG locale, a indiqué à IPS que la suspension et les retraits des témoins "sont source d'inquiétude".

"Peut-être que la protection des témoins est défectueuse et les témoins ont été identifiés [par des personnes au-delà du bureau de la procureure de la CPI], auquel cas ils [les témoins] auraient un motif de se retirer des affaires. L’accusation doit corriger ce problème, autrement elle n'aura plus bientôt de témoins pour faire des déclarations", a-t-il dit.

Kimosop a ajouté que le "profil de Ruto et de Uhuru Kenyatta rend le travail de la procureure difficile".

Les conseils de Ruto ont, cependant, reproché à l’accusation de préparer les témoins.

"Nous savons que la procureure Bensouda se fonde sur des histoires fabriquées et les soi-disant témoins ne sont plus disposés à participer à cette saga", a affirmé à IPS, sous couvert de l'anonymat, un responsable du bureau du vice-président.

"Ce n'est un secret pour personne que la procureure se fonde sur des rumeurs de fouineurs partisans de la société civile qui sont utilisés par des politiciens de l'opposition pour fabriquer des histoires et préparer des soi-disant témoins afin de régler des comptes politiques", a-t-il ajouté.

Toutefois, le responsable a souligné que Ruto continuerait à coopérer avec la CPI.

"Il a toujours été prêt à coopérer. Mais d'après ce que nous avons vu lors de l'ouverture du procès, cette affaire va s'effondrer plus tôt que prévu", a-t-il indiqué. "Quand les affaires s'effondreront, et elles le feront, l’accusation aura du sang sur la main pour avoir roulé les victimes de ces violences en ignorant les vrais coupables de ces crimes".

Ruto n'est pas sans soutien. La Tanzanie, l'Erythrée, l'Ouganda, le Burundi et le Rwanda ont écrit à la CPI pour demander à la cour d’autoriser Ruto à s'absenter du procès pour lui permettre de mener ses fonctions de vice-président.

Le 10 septembre, un parlement divisé et le sénat ont adopté une résolution visant à retirer le Kenya du Statut de Rome sur la CPI. Il faudra une année avant que le retrait ne prenne effet, et il n'aura aucun impact sur les affaires en cours devant la CPI. (FIN/2013)

 

 

 

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