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SOUDAN
Recherché pour crimes de guerre, le président compte venir à l’ONU
Thalif Deen

NATIONS UNIES , 19 sep (IPS) - Le président soudanais Omar Hassan al-Bashir, accusé de crimes de guerre et de génocide dans la région politiquement troublée du Darfour, envisage apparemment de se rendre à New York et de s'adresser à l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine.

Cette visite proposée a suscité l'indignation des groupes de défense des droits de l'Homme et a été refusée par les Etats-Unis.

"La dernière chose dont l'ONU a besoin, c’est la visite d'un fugitif de la CPI", déclare Elise Keppler de 'Human Right Watch'.

La Cour pénale internationale (CPI) à La Haye "a invité les autorités américaines compétentes à arrêter Omar al-Bashir et à le remettre à la cour, au cas où il entrait sur leur territoire".

La CPI a rappelé aux Etats-Unis les deux mandats d'arrêt en cours émis le 4 mars 2009 et le 12 juillet 2010 contre al-Bashir pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le 6 mars 2009 et le 21 juillet 2010, le greffe de la CPI a transmis à tous les membres du Conseil de sécurité de l'ONU qui ne sont pas parties au Statut de Rome, y compris les Etats-Unis, les demandes d'arrestation et de transfèrement d'al-Bashir.

La Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI), un réseau mondial d'organisations de la société civile qui œuvre pour le renforcement de la coopération internationale avec la CPI, a indiqué qu'elle est "sérieusement préoccupée" par les informations selon lesquelles al-Bashir a demandé un visa pour participer à la 68ème session de l'Assemblée générale de l’ONU qui démarre mardi (24 septembre).

Parmi les intervenants lors de la journée d'ouverture, il y aura le président américain, Barack Obama.

Al-Bashir n'est pas sur la liste officielle publiée par les Nations Unies, qui devraient l’actualiser pour refléter des changements, le cas échéant.

Un diplomate du Tiers-monde, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré à IPS qu’à sa connaissance, les Etats-Unis ne peuvent pas refuser un visa à un chef de gouvernement invité ou à une délégation invitée parce que l’accord de siège entre l’ONU et les Etats-Unis exige la facilitation aux délégués qui participent aux réunions de l'ONU à New York.

William Pace, président de la CCPI, a indiqué que bien que l'Accord de siège de 1947 de l’ONU oblige le gouvernement américain à coopérer à la participation des représentants des gouvernements, le gouvernement américain a aidé au transfèrement d'un fugitif, Bosco Ntaganda, depuis la République démocratique du Congo jusqu’à la CPI à La Haye plus tôt cette année.

Interrogé pour une clarification, le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq, a déclaré à IPS: "La question de savoir si les Etats-Unis doivent accorder un visa au président al-Bashir pour qu’il assiste au Débat général [de l'Assemblée générale] est, d'abord et avant tout, une question à régler par les Etats-Unis, conformément aux règles applicables du droit international".

Il a reconnu qu’al-Bashir fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. "Le secrétaire général l’exhorterait par conséquent à coopérer pleinement avec la CPI, conformément à la Résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité, en se livrant à la CPI", a expliqué Haq.

Pace a déclaré que "si al-Bashir vient à l'ONU, la coalition veillera à ce que les responsables de l'ONU et les gouvernements respectent les principes de 'contact non essentiel' avec des personnes qui font l’objet de mandats d'arrêt internationaux pour les pires crimes contre l'humanité".

Interrogée sur la visite proposée, l'ambassadrice américaine aux Nations Unies, Samantha Powers, a indiqué qu'elle avait vu des informations publiées selon lesquelles al-Bashir a l'intention de se rendre à New York.

"Le président al-Bashir, comme vous le savez, reste accusé de génocide, crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par la CPI", a-t-elle dit. Un tel voyage "serait déplorable, cynique et extrêmement inapproprié".

"Nous suggèrerions qu’étant donné qu'il est sous ces chefs d’accusation, et que la CPI l’a inculpé, encore, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, qu'il lui serait plus approprié de se présenter à la CPI et de se rendre à La Haye".

Jose Luis Diaz, chef du bureau d'Amnesty International à l'ONU, a déclaré à IPS: "Nous étudions les différentes questions juridiques en cause, qui sont apparemment complexes".

Toutefois, a-t-il indiqué, "il serait scandaleux qu’al-Bashir vienne à l'ONU pour narguer la communauté internationale et se moquer essentiellement des victimes des crimes commis au Darfour".

Il a souligné qu’il y a deux mandats d'arrêt de la CPI en cours. Et comme l’a dit le président de l'Assemblée des Etats parties de la CPI, au cas où al-Bashir devrait transiter par un Etat partie sur son chemin vers New York, ce pays a l'obligation de l'arrêter et de le remettre à la CPI.

"Qui plus est, la Résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité exhorte tous les Etats et les organisations régionales et autres organisations internationales concernées à coopérer pleinement avec la cour, y compris dans l'envoi des suspects à La Haye", a déclaré Diaz. (FIN/2013)

 

 

 

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