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DEVELOPPEMENT
Les Nigérians de Bakassi incertains de leur avenir
Ngala Killian Chimtom

BAKASSI, Cameroun , 19 sep (IPS) - Thomas Effiom, un pêcheur de 35 ans à Jabane, une petite localité de la péninsule de Bakassi, au Cameroun, vide les eaux de crue de la chaussée boueuse de sa maison. C'est un rituel qu'il accomplit chaque fois que l’océan Atlantique déborde.

"C'est un énorme problème ici", déclare-t-il à IPS. Très souvent, les eaux de crue balaient les maisons des habitants de la région puisque ces structures en bois offrent très peu de résistance aux forces de la nature.

Cela fait un peu plus d'un mois que le Cameroun a pris la pleine souveraineté de la péninsule de Bakassi, un territoire de 665 kilomètres carrés englobant un certain nombre d'îles recouvertes de mangroves.

Effiom, comme quelque 90 pour cent des 300.000 personnes dans la région, est un Nigérian qui est né et a grandi à Bakassi, un territoire riche en pétrole dans le golfe de Guinée, sur lequel le Nigeria et le Cameroun ont eu un différend de longue date.

Et alors qu'il est incertain de la façon dont le gouvernement camerounais acceptera et prendra des mesures en faveur des Nigérians vivant dans la région, il est réticent à retourner à la nation la plus peuplée d'Afrique de plus de 168 millions d’habitants.

Président de l'Association des pêcheurs de Bakassi, James Nnandi a affirmé à IPS qu'il n’était pas sûr de son avenir ici sous l’autorité du Cameroun. Mais alors qu'il aurait aimé retourner au Nigeria, il a indiqué qu'il a deux épouses et sept enfants à nourrir.

"Nous survivons ici grâce à la pêche. C'est avec les poissons que j’arrive à nourrir ma famille, et je ne peux pas être sûr de trouver un autre emploi au Nigeria", a souligné Nnandi, 50 ans, à IPS.

En 2002, la Cour internationale de justice avait statué que la péninsule appartenait au Cameroun. Mais il a fallu encore quatre ans avant que le Nigéria n’accepte de céder le territoire au Cameroun.

Deux ans plus tard, en 2008, une période transitoire de cinq ans a commencé, et a pris fin le 14 août avec le Cameroun prenant finalement la pleine souveraineté de la région.

Selon les termes de l'Accord Greentree négocié le 12 juin 2006 entre le Cameroun et le Nigeria avec l'appui des Nations Unies, les Nigérians dans la région pourraient choisir soit de retourner au Nigeria ou de rester à Bakassi. Ceux qui ont choisi de rester pourraient conserver leur nationalité nigériane ou se naturaliser Camerounais.

Dans les deux cas, l'accord exige que le Cameroun respecte les droits fondamentaux des Nigérians dans la région.

Mais rester à Bakassi, signifie également vivre sans un accès aux soins de santé et aux services de base comme l'électricité et l'eau courante. Et le Cameroun, ce pays d'Afrique centrale, a encore beaucoup à faire pour améliorer la vie des personnes vivant ici.

Glory Benson, une femme nigériane professeur de 40 ans, originaire de la péninsule de Bakassi, a affirmé que le système de santé dans la région était précaire.

"Ce n'est pas une tâche facile pour les femmes d’accoucher ici. Donc, nous voulons que le gouvernement fournisse une sage-femme à l'hôpital ici, qui puisse nous aider", a-t-elle déclaré à IPS.

L’accès à l’éducation primaire est tout simplement difficile.

Pierre Mufuh Chong, directeur de l'Ecole primaire publique de Wabane, a indiqué qu'il a du mal à convaincre les parents d'envoyer leurs enfants à l'école.

Bien que le gouvernement ait rendu gratuit l’enseignement primaire depuis longtemps, Chong a estimé que les taux de scolarisation pourraient être moins de 50 pour cent.

"Les parents sont très mobiles. Ils voyagent avec leurs enfants pour vendre [principalement du poisson fumé]. Quand les parents ont du mal à élever les enfants, ils les amènent au Nigeria parfois. Lorsque nous trouvons qu'il est très difficile d'amener les enfants [à aller] à l'école, mon personnel et moi-même [allons] de porte à porte. Nous faisons ce que nous appelons l'évangélisation éducative, afin d'encourager les enfants à venir à l'école", a-t-il expliqué à IPS.

Pour que le contrôle de la zone par le Cameroun soit effectif, le pays doit avoir une politique de développement plus efficace pour la péninsule de Bakassi, selon Ntouda Ebude, un expert en géostratégie et professeur à l'Université de Yaoundé.

Ebude a déclaré à IPS qu'il est peu probable que le Cameroun atteigne les Objectifs du millénaire pour le développement dans la péninsule de Bakassi. Parmi ces objectifs, figurent l'accès à l'éducation, la réduction de la mortalité maternelle et la pauvreté.

Il a affirmé que bien que les statistiques officielles sur la mortalité maternelle et infantile soient difficiles à trouver, une simple observation indique que beaucoup de femmes dans la péninsule meurent en donnant la vie, et que de nombreux enfants meurent dans leur enfance.

Depuis 2010, le gouvernement du Cameroun a mis de côté environ huit millions de dollars pour des projets de développement dans la région.

Mais même le gouverneur de la région Sud-Ouest du Cameroun, Bernard Okalia Bilai, a reconnu en août que la péninsule de Bakassi manquait de services de base comme l'électricité et l'eau malgré les investissements du gouvernement. Il a également noté que les fonctionnaires de la région ne résidaient pas toujours à Bakassi, et leur a demandé d'y rester.

"Le gouvernement travaille pour améliorer la vie ici, mais vous devez persévérer pendant un moment, parce que cela pourrait être aussi votre propre contribution patriotique au développement de la région", a-t-il déclaré. (FIN/2013)

 

 

 

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