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/REPETITION CORRIGEE*/SOMALIE
Les soins de santé perdent du soutien
Ahmed Osman

MOGADISCIO, 30 sep (IPS) - Maryan Yusuf, 39 ans, est affaiblie et est à peine capable de parler à cause de la douleur atroce qu’elle ressent. Quelques heures plus tôt, elle a accouché à l'Hôpital d'Afgooye, en Somalie, où les médicaments essentiels diminuent à un rythme alarmant.

"C’est le quatrième enfant que j’ai mis au monde ici. Mais je ne peux pas obtenir autant de soins et de traitement comme j’en avais l’habitude. Je souffre maintenant. Je ne sais pas si je me retrouverai encore", a déclaré Yusuf à IPS alors qu'elle était allongée sur un lit d'hôpital qui n'avait pas de matelas.

L’Hôpital d’Afgooye, situé dans la ville agricole d’Afgooye, à 30 km au sud-ouest de Mogadiscio, la capitale somalienne, est l'un des nombreux centres de santé qui bénéficiaient de l’appui de l'organisation caritative internationale Médecins sans frontières (MSF). Grâce à cet appui, l'hôpital était en mesure de fournir des soins gratuits aux habitants d’Afgooye et des régions avoisinantes.

Mais cela fait presque un mois que MSF a quitté la Somalie à cause des problèmes de sécurité pour son personnel, et l'infirmière en chef à l'Hôpital d'Afgooye, Aisha Ahmed, a indiqué à IPS que l'hôpital était à court de médicaments et de vaccins de base.

L'Hôpital d'Afgooye de 20 lits n’a qu'un seul médecin et sept infirmier(ères), qui fournissent les services qu'ils peuvent aux centaines de malades qui arrivent chaque semaine.

"C'est l'endroit vers lequel se tournent les gens qui veulent des soins gratuits, mais depuis que MSF a quitté et qu’aucune agence n’a pris sa place, nous n’arrivons pas à satisfaire les besoins sanitaires des gens ici et dans la périphérie de la ville", a expliqué Ahmed.

L'organisation caritative internationale avait été l'un des rares fournisseurs de soins essentiels dans le pays au cours des 22 dernières années. La Somalie vit près de 20 ans de guerre, et ses citoyens sont touchés par la pauvreté et le manque de services essentiels.

Le gouvernement actuel a dû fonctionner avec des ressources financières limitées et la menace continue du groupe islamiste extrémiste Al-Shabaab, qui a mené un certain nombre d’attentats terroristes récents sur la capitale, bien qu'ayant été chassé des grandes villes à travers ce pays de la Corne de l'Afrique.

Dans une interview précédemment accordée à IPS, le porte-parole de la présidence, Abdirahman Omar Osman, avait expliqué que les "recettes mensuelles du gouvernement font environ trois millions de dollars, issues du port et de l'aéroport de Mogadiscio, alors que le budget qu’il nous faut pour mener nos activités quotidiennes est de 20 millions de dollars au moins chaque mois".

Les centres de santé appuyés par MSF fournissaient divers services, dont des soins de base gratuits, le traitement de la malnutrition, la chirurgie, la réponse aux épidémies, de l'eau et des fournitures de secours.

MSF a déclaré que plus de 1.500 agents ont travaillé pour ses programmes médicaux à travers la Somalie, y compris à Mogadiscio et dans les deux villes périphériques d’Afgooye et de Daynille, ainsi que huit autres villes à travers le pays.

"En 2012 seule, les équipes de MSF ont fourni plus de 624.000 consultations médicales, admis 41.100 patients dans des hôpitaux, pris en charge 30.090 enfants souffrant de malnutrition, vacciné 58.620 personnes, et aidé à mettre au monde 7.300 bébés", avait indiqué MSF en août dans un communiqué annonçant sa décision de quitter la Somalie. Dans une déclaration à IPS, MSF a indiqué qu'il y a un trafic normal des malades à l'hôpital, avec des niveaux normaux de soins.

Mais des médecins somaliens préviennent que cette décision aura un effet négatif sur la vie des "centaines de milliers de personnes".

Mohmaoud Yarow, un agent de santé à Mogadiscio, a déclaré que l'impact du retrait de MSF a été immédiat et que les centres de santé, qui bénéficiaient précédemment de l’appui de l'organisation caritative internationale, ont maintenant des centaines de personnes dans le besoin de soins et beaucoup manquent de médicaments avec lesquels les soigner.

"Je peux comprendre comment il a été difficile pour MSF de quitter la Somalie, mais l'impact que ce retrait a eu sur le secteur de la santé du pays est énorme... avec le temps, cela pourrait se transformer en une crise de santé mortelle", a affirmé Yarow à IPS, à Mogadiscio.

Les médias locaux ont signalé en août que des combattants d'Al-Shabaab ont pris le contrôle d'un ancien hôpital financé par MSF à Marere, dans la région du Moyen-Juba, ainsi que le matériel médical et les médicaments.

Les autorités médicales affirment aussi que le retrait de MSF complique davantage l’épidémie de poliomyélite à laquelle le pays est confronté puisque l'organisation caritative médicale fournissait des vaccins essentiels contre cette maladie.

Au début de cette année, la polio a été détectée dans plusieurs régions de la Somalie, y compris la région orientale du Puntland, ainsi que des parties du sud et du centre du pays. L'Organisation mondiale de la santé a confirmé 101 cas et une grande campagne de vaccination contre cette maladie virale a été lancée en août.

Le gouvernement somalien a indiqué qu'il était "profondément attristé" par la décision de MSF de se retirer et a réitéré son engagement à offrir un environnement de travail sécurisé à toutes les agences humanitaires dans le pays.

Abdelaziz Qafiifo, porte-parole du ministère du Développement humain et des Services sociaux de la Somalie, qui est responsable du secteur de la santé, a déclaré à IPS: "C’est regrettable que le retrait de MSF ait un impact sur la vie du peuple somalien. Nous comprenons les raisons de son départ, mais cette décision, quelle que soit sa justification, cause maintenant des souffrances énormes en Somalie".

*Cet article qui a été initialement publié le 24 septembre 2013, inclut maintenant un commentaire de MSF. (FIN/2013)

 

 

 

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