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GHANA
La croissance de l’économie n’arrive pas à créer des emplois
Billie McTernan

ACCRA, 1 oct (IPS) - Bien que l'économie du Ghana ait enregistré une croissance de 7,1 pour cent en 2012, Jennifer Esi Avemee, 23 ans, a du mal à trouver un emploi permanent depuis l’obtention de son diplôme en 2011. "C'est très stressant", se plaint-elle. "Il est très difficile de subvenir à vos besoins".

Avemee a étudié les relations publiques à l'Institut de journalisme du Ghana et espérait obtenir un emploi dans le domaine après avoir terminé son service national à l'Office du tourisme du Ghana en 2012. Les années précédentes, il n'était pas rare que les diplômés soient maintenus dans l'institution où ils ont accompli leur service.

Cependant, en 2008, le Fonds monétaire international avait conseillé au gouvernement ghanéen de mettre un gel sur les recrutements dans le secteur public - sauf dans les domaines de la santé et de l'éducation – pour réduire la masse salariale du secteur public, mettant à rude épreuve les élèves en fin de scolarité et les diplômés en quête de travail. Ce gel a duré deux ans et a pris fin en 2011.

Avemee déclare à IPS que la situation est devenue si désastreuse que certaines de ses homologues se sont lancées dans la prostitution et le "sakawa", l’escroquerie sur Internet.

Des données et statistiques sur l'emploi au Ghana sont rares.

En 2012, le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale d’alors, Moses Asaga, avait admis que le gouvernement n'avait pas de données actualisées ou fiables sur le marché du travail.

Les informations disponibles auprès de l'Institut de la recherche statistique, sociale, et économique (ISSER) à l'Université du Ghana à Legon estiment qu'environ 250.000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque année, dont deux pour cent, soit environ 5.000, trouvent du travail dans le secteur formel.

Selon une recherche en cours de réalisation par l’ISSER, 23 pour cent des jeunes âgés de 15 à 24 ans et 28,8 pour cent des diplômés âgés de 25 à 35 ans attendent deux ans ou plus avant d'être employés.

Dr William Baah-Boateng, l'un des chercheurs de l'étude d’ISSER, affirme qu'au cours des 20 dernières années, la croissance du Ghana a été de 5,1 pour cent en moyenne, et que cela ne s'est pas traduit par une hausse des emplois.

Selon la Banque africaine de développement, ce pays d’Afrique de l’ouest a enregistré une croissance de 7,1 pour cent en 2012, grâce aux recettes provenant de la production de pétrole, du secteur des services et de l'exportation de l'or et de cacao. C'était une baisse par rapport aux 14,4 pour cent de croissance enregistrée en 2011, qui a été attribuée au démarrage de la production de pétrole dans le pays.

Un autre rapport de l'Organisation internationale du travail indique que le secteur public représente six pour cent des emplois au Ghana, tandis que le secteur privé informel renferme 86 pour cent.

"Vous ne pouvez pas gérer ce que vous ne pouvez pas contrôler", déclare à IPS, Edward Tagoe, 30 ans, co-fondateur de Nandimobile, une société de création de logiciels.

Tagoe est lui-même diplômé en 2007 de l'Université du Ghana et a créé Nandimobile en 2010, après avoir dirigé une petite entreprise tout en étant étudiant. Après l’université, Tagoe a suivi un programme de formation en entreprenariat pendant deux ans à 'Meltwater Entrepreneurial School of Technology', une organisation à but non lucratif à Accra qui aide à former et à encadrer des entrepreneurs ghanéens en herbe.

"Je suppose que je tombe dans la catégorie des personnes [diplômées] qui ont pris les choses dans leurs mains", dit-il en riant.

Quand les jeunes sortent de l'école ou l'université, il est probable qu'ils ne disposent pas d'expérience professionnelle formelle.

"Nous n'avons vraiment pas une culture de stage [ou] de travail à temps partiel ici", souligne Tagoe.

Pour Avemee, trouver un emploi a été un essai pour la forme parce que beaucoup de postes exigent cinq années d'expérience, ce qu'elle n'a pas.

Gameli Adzaho, 27 ans, qui après avoir obtenu son diplôme, a voulu poursuivre ses études, mais avait besoin d'argent pour les financer, s’est retrouvé dans une situation similaire.

"Quand j'ai obtenu mon diplôme en 2007, j’étais intéressé à aller dans la recherche en santé, mais avec juste le premier diplôme, vous ne trouvez pas habituellement cette occasion, ou vous auriez besoin de quelques années d'expérience professionnelle... donc il y avait un crochet 22", déclare-t-il à IPS.

Adzaho a pu depuis ce temps trouver un emploi en tant que professeur des sciences au Collège de Keta, dans la région de la Volta. En août, il a obtenu une bourse d'études pour une maîtrise en environnement et en santé humaine à l'Université d'Exeter, dans le cadre d'une initiative conjointe de 'Tullow Oil' et 'British Council' au Ghana. Ce programme accorde 50 bourses aux jeunes Ghanéens pour étudier au Royaume-Uni dans le but de développer une bonne base de ressources humaines pour l'industrie du pétrole et d'autres domaines de développement au Ghana.

En 2006, le gouvernement précédent du Ghana, le 'National Patriotic Party', avait mis en place le Programme national pour l'emploi des jeunes afin d'accroître les opportunités d'emploi pour les jeunes. Ce programme a été rebaptisé en 2012 par le gouvernement actuel, le 'National Democratic Congress', comme Agence de l’emploi et de développement entrepreneurial des jeunes du Ghana (GYEEDA).

La réputation de la GYEEDA est tombée en discrédit lorsqu’un rapport sur la surveillance de son évolution, publié en août, a révélé que des fonds alloués à la création d'emplois pour les jeunes, avaient été détournés.

Lors d'une visite d'Etat au Bénin du 9 au 10 septembre, le président ghanéen, John Dramani Mahama, a admis que la GYEEDA n'avait pas accompli ses missions aussi efficacement qu'elle le devrait.

"Il y a eu quelques problèmes, des lacunes dont les gens ont profité, mais nous travaillons sur cette situation", a-t-il déclaré. (FIN/2013)

 

 

 

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