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OUGANDA
Des communautés tracent une ligne pour la REDD
Amy Fallon

KAMPALA, 1 oct (IPS) - Pendant que l'encre s’assèche sur un accord de 3,6 millions de dollars entre l'Ouganda et la Banque mondiale pour appuyer les préparatifs du pays à la REDD, certains analystes sont pessimistes au sujet du potentiel de ce mécanisme.

La Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation (REDD) a été officiellement convenue lors de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) à Bali, en Indonésie en 2007.

La REDD est destinée à récompenser la préservation des forêts avec des crédits carbone qui peuvent être vendus aux entreprises polluantes du Nord qui souhaitent compenser leurs émissions nocives. (La REDD+, convenue plus tard, étend le concept au-delà des forêts et des plantations pour inclure l'agriculture).

Xavier Mugumya, le négociateur de l’Ouganda sur la REDD, a déclaré à IPS qu’en plus des 3,6 millions de dollars de la Banque mondiale, le gouvernement autrichien a offert une subvention de 650.000 euros (865.000 dollars). Mais cela n'est qu'une fraction du montant total prévu dans la Proposition pour la préparation à la REDD (RPP) du pays.

"Nous avons encore besoin de près de six millions de dollars pour atteindre notre budget tel que proposé dans la RPP de l'Ouganda", a indiqué Mugumya.

Lauren Goers Williams est une associée au sein du Programme sur les institutions et la gouvernance de 'World Resources Institute' (WRI), basé à Washington, qui travaille avec des partenaires de la société civile au Cameroun au cours des quatre dernières années. Elle a avoué être quelque peu une "sceptique de la REDD": "A certains égards, c’est une idée très simple: créer une incitation économique pour protéger les forêts".

"Lorsqu’elle est apparue pour la première fois, les gens agissaient comme si c'était aussi simple comme le fait de dire 'Ne coupez pas les arbres, sortez et mesurez le carbone et nous avons fini'.

"Mais en réalité, tous ces pays ont en quelque sorte déjà du mal à savoir comment gérer leurs forêts ou à comprendre la façon de protéger certaines d'entre elles tout en s'efforçant pour le développement économique", a-t-elle expliqué à IPS.

Cette analyste, qui possède également une expérience dans le travail avec des communautés au Brésil et en Indonésie, a indiqué qu’une grande partie de son travail consiste à essayer d'attirer l'attention sur les questions sociales et de gouvernance dans la conception et la mise en œuvre des programmes de REDD.

"Au début, les gens ne parlaient pas des peuples indigènes. Ils ne parlaient pas des droits des personnes qui vivent dans bon nombre de ces forêts", a-t-elle dit. "Bon nombre [d'habitants des forêts] n'ont pas de droits formels, mais ils vivent toujours dans ces zones, dépendant de ces ressources et beaucoup d'entre eux ont des revendications coutumières sur ces terres".

David Mwayafu, de l’ONG Coalition pour un développement durable de l'Ouganda, a été également impliqué dans la mise en œuvre des projets de REDD. Il a affirmé qu'il était important que le financement du climat atteigne réellement les communautés et aborde les facteurs de la déforestation et de la dégradation tout en permettant aux peuples des forêts d’exploiter durablement les forêts.

"Il n'existe aucun mécanisme clair pour la répartition et le partage des recettes en Ouganda, bien qu’il soit probable que cela nécessitera plusieurs approches en fonction des besoins des communautés et de la localité puisque les besoins des communautés diffèrent", a-t-il souligné à IPS.

Mais les Ougandais sont disposés à conserver les forêts parce qu'ils comprennent l'importance de cela, a indiqué Mwayafu.

"Ils font cela en sachant que l'environnement fournit divers services éco-systémiques tels que le bois, des médicaments, matériaux de construction, le bois de chauffage [charbon et bois de feu], brise-vents et des habitats pour les animaux", a-t-il déclaré.

Goers Williams a expliqué que l'un des messages importants à tirer de son expérience au Cameroun était que les décideurs politiques doivent trouver des moyens de s’engager avec les communautés locales au sujet de la REDD sur les termes propres de la population locale et d'une manière qu'elles comprennent.

"Il peut y avoir beaucoup de fatigue et beaucoup de suspicion", a-t-elle dit.

"Il y a donc certainement un besoin réel de sensibilisation et de formation pour comprendre réellement l’origine de ces groupes et comment leurs besoins peuvent être différents des besoins de quelqu'un qui est assis dans la capitale, et essayer vraiment de travailler avec eux pour régler cela".

Mwayafu a souligné la nécessité d'un flux réciproque d'informations.

"Si vous mettez en œuvre un projet dans la communauté, sensibilisez-la sur les opportunités, les défis et l'importance du projet; offrez-lui une occasion par laquelle elle pourra poser des questions maintenant et à l'avenir à travers un forum ou un dialogue, afin que ce ne soit pas un flux d'informations dans un seul sens, mais une approche interactive", a-t-il expliqué.

"Quand nous parlons de REDD, nous parlons réellement de 'l'humanité avec ses besoins'", a déclaré Mwayafu.

"Si nous n'abordons pas ces questions de subsistance, nous serons en train de travailler contre les communautés dont la subsistance dépend des ressources forestières", a souligné Mwayafu. "Il y a tellement de questions complexes qui se posent, sociales et environnementales, en plus de celles d’ordre économique".

Goers Williams a déclaré: "Je ne suis pas sûre que nous verrons un jour un mécanisme de REDD qui soit un énorme mécanisme international, géré par la CCNUCC qui compense facilement les gens pour avoir réduit leurs émissions".

"Mais je pense qu'il existe beaucoup de petites choses que la REDD peut faire potentiellement", a-t-elle ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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