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LIBYE
Vers un gouvernement de Cyrénaïque?
Maryline Dumas

AJDABIYA, Libye, 14 oct (IPS) - Le mouvement fédéraliste semble prendre un nouveau tournant en Libye, notamment dans l’est du pays. Dirigé par Ibrahim Jedran, le Conseil de Cyrénaïque s’impose peu à peu et devrait former un gouvernement d’ici à la fin-octobre, selon cet homme de 33 ans.

Nommé président du bureau politique du Conseil de Cyrénaïque en août dernier, Jedran vêtu d’un costume italien et portant une montre cerclée de strass, reçoit dans une suite de l’hôtel Amal d’Ajdabiya, à deux heures de route à l’est de Benghazi, en Cyrénaïque - la région historique de l’est de la Libye.

Jedran a installé son mouvement Ajdabiya, sa ville natale où le chômage frôle les 60 pour cent, selon le conseil local, et c’est d’ici qu’il déclare préparer le futur de la Libye.

«Nous voulons une fédération de Libye avec Benghazi comme capitale, puisque Tripoli a échoué», affirme Jedran à IPS début-octobre. «L’Etat central s’occupera principalement des affaires étrangères, de la défense, de l’intérieur et du pétrole», ajoute-t-il.

Membre de la tribu arabe des Magharbas, la plus importante à Ajdabiya, Jedran développe son programme: «L’Etat fédéré de Cyrénaïque, dont la capitale sera Ajdabiya, aura 18 ou 19 ministres que je vais nommer d’ici fin-octobre. Ils s’occuperont de la santé, de l’éducation, de l’agriculture...»

Ensuite, «nous organiserons des élections pour former un gouvernement choisi par le peuple», explique à IPS, Oussama Buera, un cadre fondateur des Jeunes du Conseil de Cyrénaïque.

Les revenus du pétrole seront «répartis selon la loi de 1958», déclare Jedran: 15 pour cent des revenus reviendront à la région où le pétrole est extrait, 15 pour cent couvriront les dépenses de fonctionnement de l’Etat central (salaires, bureaux...) et 70 pour cent serviront aux projets de développement (infrastructures).

«Effectivement, le revenu du pétrole doit être partagé selon le nombre d’habitants et la superficie des régions. Mais nous sommes contre un groupe qui impose ses vues. Pourquoi ne participent-ils pas aux élections?», demande, agacé, Mohamed Elharezi, conseiller politique du parti Justice et construction - proche des Frères musulmans qui contrôlent le parlement libyen.

A la question de savoir si le gouvernement de Tripoli, la capitale libyenne, ou la population refuse le programme de Jedran, Buera explique à IPS: «Lorsque nous nommerons les ministres, nous demanderons aux gens qui travaillent actuellement dans les ministères de Benghazi de décider - s’ils nous soutiennent, ils travailleront pour nous, car nous avons besoin de tout le monde, sinon ils partiront».

Le Conseil de Cyrénaïque affirme que la prise du pouvoir sera paisible. De toute façon, ce mouvement fédéraliste est fort de «plus de 17.500 hommes armés issus de la police, des brigades révolutionnaires et surtout, des gardes des installations pétrolières (GIP)», souligne Jedran.

Jedran a été chef des GIP de la zone-centre, jusqu’en juillet 2013 où il a organisé le blocage de certains ports pétroliers pour protester contre la corruption du gouvernement.

L’hypothèse d’une résistance armée à ses projets fait rire Jedran: «Les chats ne peuvent pas menacer les lions», dit-il, évoquant à la fois le gouvernement du Premier ministre Ali Zeidan à Tripoli et son allié, la puissante ville côtière de Misrata.

«Pas besoin de faire appel à Misrata. Il suffit de 500 hommes et de 48 heures pour que Jedran reparte la queue entre les jambes. Il n’est ni aussi fort ni aussi populaire qu’il le dit», réplique, railleur, Salah Bakoush, membre du bureau de 'Union for Homeland' - un parti influent de Misrata.

Le gouvernement libyen, pourtant, reste bien silencieux face aux plans du Conseil de Cyrénaïque. Selon ce conseil, le Premier ministre libyen a envoyé des émissaires officieux pour négocier. Mais, Jedran déclare avoir refusé de rencontrer toute personne sans lettre officielle du Premier ministre.

Pour calmer les revendications fédéralistes, le gouvernement prend régulièrement des mesures en faveur de la décentralisation. Ainsi, début juin, le Premier ministre Zeidan avait demandé à la compagnie publique chargé du pétrole (NOC), de s’installer à Benghazi.

Toutefois, l’adhésion au fédéralisme n’est pas automatique en Cyrénaïque. A Benghazi et Ajdabiya, les drapeaux aux couleurs de la Cyrénaïque (noir avec une étoile et un croissant blanc au centre) restent minoritaires par rapport à ceux de la Libye.

Les fédéralistes sont conscients qu’ils pourraient causer leur propre perte. «Nous sommes unis aujourd’hui, mais il est vrai qu’il y a beaucoup d’idéologies différentes: islamistes, monarchistes, autonomistes...», admet Buera qui espère néanmoins qu’une future élection permettra de régler la question.

Oussama Buera est bien placé pour évoquer ce problème puisque son propre père, Boubaker Buera, a refusé de prendre part au Conseil de Cyrénaïque. Président du parti fédéraliste Union nationale, le père préfère négocier avec le gouvernement de Tripoli.

Le Conseil suprême de Cyrénaïque - une association qui prône le fédéralisme - dirigé par Ahmed Zuber, garde également ses distances. Un de ses membres, Fathalla Ben Ali, déclare à IPS: «J’ai visité le Conseil de Cyrénaïque de Jedran; ce sont des adolescents de la politique. Ils ne savent pas ce qu’ils font».

Mais, le bref enlèvement du Premier ministre jeudi dernier à Tripoli, par un groupe armé, a inspiré ce commentaire d’un analyste anonyme: "Les fédéralistes vont en profiter pour dire que si Ali Zeidan se fait enlever par les gens chargés de sa sécurité, comment peut-il ensuite dire que le gouvernement est le meilleur acteur pour assurer la sécurité ailleurs dans le pays?" (FIN/2013)

 

 

 

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