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RD CONGO
La recrudescence des violences sexuelles persiste
Badylon Kawanda Bakiman

KIKWIT, RD Congo, 16 oct (IPS) - Les violences sexuelles se multiplient avec une ampleur inquiétante en République démocratique du Congo (RDC). Plus de 29.000 cas de violences sexuelles ont été enregistrés dans sept provinces du pays entre 2011 et 2013, selon une enquête publiée le 8 octobre à Kinshasa.

Anxieuse, Victorine K., une adolescente de 14 ans, est assise silencieuse sur un tabouret, à Sukantima, un des quartiers de Kikwit, la principale ville de la province du Bandundu, dans le sud-ouest de la RDC. Elle a été violée le 3 octobre vers 18 heures lorsqu’elle revenait de la rivière.

«Un garçon, Mbuta Ntunene, 17 ans environ, m’a toujours sollicitée, mais je ne consentais pas. Cette fois-ci, il est venu m’attendre, caché dans la brousse quelque part. Quand je passais avec un bidon d’eau, il est sorti brusquement de sa cachette et m’a forcée à avoir des relations sexuelles contre mon consentement», témoigne-t-elle à IPS.

Les parents de la victime affirment à IPS qu’elle a été conduite chez un médecin qui a confirmé cet acte après consultations. «Le dossier est maintenant au niveau de la justice».

Contacté par IPS, Mbuta, l’accusé, s’est refusé à tout commentaire et a préféré quitter la ville clandestinement pour une destination inconnue.

Le 23 septembre, à Kenge, une localité à plus de 20 kilomètres de Kikwit, Madelaine Mbutu, 37 ans, a été violentée lorsqu’elle travaillait au champ. «Son bourreau est allé avec une machette et l’a menacée de mort si elle ne cédait pas», déclare James Ilunga, avocat de Mbutu, qui suit l’affaire au tribunal de grande instance de Bulungu, à 110 km de Kikwit.

«Neuf enfants d’un à 12 ans ont été violés avec une extrême violence au début de ce mois au Sud-Kivu», a affirmé, le 8 octobre, Dr Denis Mukwege, gynécologue spécialiste dans la réparation des traumatismes liés aux violences sexuelles.

Dr Mukwege a fait cette annonce à l’occasion de la «visite de solidarité» effectuée par Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, aux milliers de femmes victimes des violences sexuelles à l’hôpital de Panzi à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans l’est du pays. Pour Kobler, «un cas de violence sexuelle est un cas de trop».

Au total «29.354 cas de violences sexuelles et basées sur le genre ont été enregistrés dans sept provinces de la RDC entre 2011 et 2013», indique le rapport publié le 8 octobre dans la capitale, par le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant.

Le Bas-Congo, le Bandundu, la Province orientale, Kinshasa, le Katanga, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont les provinces concernées par le rapport élaboré grâce à un appui financier du Fonds des Nations Unies pour la population.

Le rapport ajoute: «Au moins 40 femmes sont violées chaque jour en RDC, soit plus d’une femme toutes les heures».

Geneviève Inagosi, ministre du Genre, a déclaré à la presse que «le viol à lui seul en RDC occupe au moins 81 pour cent des victimes. Celles-ci sont à plus de 98 pour cent des femmes, même dans des zones sans conflit».

Inagosi souligne que 59 pour cent des cas restent inconnus et la majorité des victimes ont moins de 18 ans. «Avec une bonne sensibilisation dans des médias, nous pouvons prévenir des violences sexuelles».

«Lors de nos enquêtes, nous découvrons que la ruse, l’alcoolisme, la violence, les conflits armés, la haine, la pauvreté, des coutumes qui exigent des mariages précoces et des mutilations des sexes... sont parmi les causes de la recrudescence des violences sexuelles», explique à IPS, Valentin Mbalanda, un des enquêteurs-juristes en RDC.

Mbalanda regrette de constater que même certains enseignants-éducateurs violent leurs élèves filles pour des points appelés «points sexuellement transmissible».

Il déclare qu’il enquête actuellement sur un cas où une fille de 13 ans avait été violée, le 29 septembre, par un commerçant ambulant qui lui avait brandi l’argent. «La loi congolaise en la matière prévoit que le fait d’avoir des relations sexuelles avec une mineure, même avec son consentement, constitue une infraction de viol», souligne-t-il.

«Comment allons-nous nous développer avec ces fléaux? Avons-nous péché du fait d’être nées femmes? Pourquoi devons-nous être systématiquement violées?», demande, inquiète, Pélagie Fumuntu, une paysanne du Bandundu.

Dans une lettre adressée à l’ONU et publiée le 2 octobre à Kinshasa, 'Human Rights Watch', une ONG de défense des droits humains, a demandé des poursuites judiciaires et des sanctions à l’encontre de tous les acteurs des violences, des crimes de guerre et des viols massifs.

Zainab Hawa Bangura, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les violences sexuelles dans les conflits, a affirmé que «les Nations Unies sont prêtes à déployer toute leur puissance pour traquer tous les violeurs, qui qu’ils soient et où qu’ils se cachent». (FIN/2013)

 

 

 

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