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POLITIQUE
Abeyi, une région revendiquée par deux Soudans
Andrew Green

ABEYI, 30 oct (IPS) - Lorsque Chris Bak, 25 ans, est revenu, il y a deux semaines, dans la ville frontalière contestée d'Abyei, qui a voté cette semaine pour savoir si elle doit rejoindre le Soudan ou le Soudan du Sud, il l’a à peine reconnue comme l’endroit où il avait grandi.

"Tout est sale", a-t-il déclaré à IPS. "Nous faisions juste le tour, mais nous n'avions pas [reconnu] cet endroit".

La ville se trouve au centre de la région d'Abyei, une zone de 10.000 kilomètres carrés qui chevauche la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. Ces deux pays revendiquent la région, avec ses réserves de pétrole et ses vastes étendues de terres fertiles. Un accord de paix signé en 2005 a mis fin à des décennies de guerre civile au Soudan et a ouvert la voie à l'indépendance du Soudan du Sud, mais n'a pas réussi à régler le sort d'Abyei.

Depuis son retour, Bak campe dans une salle de classe abandonnée, espérant qu'il ne pleuvra pas parce que l'école n'a pas de toit. Il partage la salle avec un ami qui présente des symptômes de paludisme. Bak tente de trouver un médecin, mais après trois jours de renseignements auprès des gens, il n'en avait toujours pas trouvé.

"Il y a des difficultés qui nous attendent", a-t-il indiqué. "Nous avons besoin de faire avancer Abyei".

Bak est retourné à Abyei après cinq ans d'absence pour participer à un référendum initialement proposé par l'Union africaine (UA) pour octobre, qui est censé décider du sort de cette région contestée.

Mais le Soudan a refusé d’y prendre part, puisque le référendum aurait exclu des membres de la communauté Misseriya, pro-Soudan, qui visitent Abyei de façon saisonnière pour faire paître leurs vaches. Face à l'intransigeance de Khartoum, l'UA n'a pas organisé le vote ou présenté une nouvelle proposition.

Cela n'a pas faibli l'enthousiasme de la majorité de la communauté Dinka Ngok qui a continué avec un référendum unilatéral qui a pris fin le 29 octobre.

Une organisation de chefs de tribus, qui s’appelle le Haut comité pour le référendum d'Abyei, a commencé à organiser en septembre des voyages pour les gens qui voulaient prendre part au vote. Ils estiment qu'ils ont ramené 100.000 personnes dans la région, bien qu’il soit impossible de vérifier ce nombre.

Ils envisagent d'annoncer les résultats avant la fin du mois et il est probable qu'ils votent pour une appartenance au Soudan du Sud.

Toutefois, l'UA a "fermement condamné" cette démarche, la qualifiant d'une "action illégale" et prévenant que cela pourrait menacer la paix dans la région. Le Soudan du Sud a indiqué qu'il ne reconnaîtra pas les résultats.

"Si les gens d'Abyei décident, nous verrons à qui ils enverront leurs résultats, car ils ont dit qu'ils le feront sans le gouvernement du Soudan du Sud et sans le gouvernement du Soudan", a déclaré Michael Makuei Lueth, le porte-parole du gouvernement du Soudan du Sud il y a une semaine. "Et si cela est fait sans nous, à qui enverront-ils leurs résultats?".

Dr Alfred Lokuji, un professeur des questions de paix et de développement rural à l'Université de Juba, la capitale du Soudan du Sud, a affirmé à IPS que ce vote "ne va pas accomplir grand-chose", puisque l'UA et Juba ont clairement fait savoir qu'ils ne reconnaîtront pas les résultats.

Il ne prévoit aucune violence pouvant provenir du vote. Toutefois, il a qualifié cette démarche unilatérale de "symbolique", montrant que la communauté Dinka Ngok est déterminée à faire régler la situation.

Le président soudanais, Omar al-Bashir, s'est rendu à Juba il y a une semaine, pour une rencontre avec le président Salva Kiir du Soudan du Sud. A la fin de la réunion, les deux dirigeants ont annoncé des plans visant à aller de l'avant avec une administration et une force de police conjointes pour Abyei, bien qu’ils n'aient pas réussi à indiquer à quel moment cela se produirait.

Les leaders des Dinka Ngok, fatigués de vivre dans une situation délicate, ont rejeté cette proposition.

En partie, c'est parce qu'ils n'ont plus le luxe d'attendre que Juba, Khartoum et la communauté internationale parviennent à une solution définitive.

En 2008, des combats ont éclaté dans cette région entre des milices soutenues par le gouvernement soudanais et des forces de ce qui est devenu par la suite le Soudan du Sud. 'Human Rights Watch' estime que 60.000 personnes avaient fui les violences. A l'époque, Bak et sa famille avaient fui vers Aweil, qui est à cinq heures de route à l’ouest d'Abyei et est situé au Soudan du Sud.

Les combats ont éclaté à nouveau en 2011, quelques semaines seulement avant que le Soudan du Sud ne se sépare officiellement du Soudan pour devenir le plus jeune pays du monde. Ces combats ont ruiné la ville d'Abyei. Le sol est parsemé de fondations en béton sur lesquelles des maisons étaient construites. Une tour de téléphonie cellulaire peinte en rouge et blanc renversée repose de travers au sommet des arbres et des bâtiments.

Ayant ramené des milliers de personnes à Abyei pour voir de première main la dévastation de la région, les leaders des Dinka Ngok sont confrontés à la pression des gens comme Michael Acuil Deng, un ingénieur qui vit à Juba, de faire quelque chose désormais.

"Vous voyez ici et là, nous devons [faire] une grande planification pour que notre région soit la meilleure", a-t-il souligné à IPS. "Maintenant, tout est comme le désert. Elle [la région] est détruite. Désormais, nous commençons à partir de zéro. Nous devons construire la région". (FIN/2013)

 

 

 

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