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ABYEI
La région presse deux Soudans pour une résolution
Une analyse d’Andrew Green

JUBA, 12 nov (IPS) - Le référendum non contraignant à Abyei – au cours duquel les gens ont voté massivement pour rejoindre le Soudan du Sud - et la célébration qui a suivi, ont apporté peu de solution immédiate au problème d'Abyei qui s’envenime depuis longtemps.

Le spectre d’un conflit potentiel se dessine plutôt entre les Dinka Ngok et la tribu des Misseriya, alliée à Khartoum, qui revendique également le territoire.

Le Soudan et le Soudan du Sud revendiquent cette région de 10.000 kilomètres carrés, qui abrite les Dinka Ngok et – de façon saisonnière – les Misseriya, qui y amènent leur bétail pour le pâturage.

Comme l’a souligné le Bilan en matière de sécurité humaine (HSBA), qui fournit une analyse indépendante des problèmes auxquels sont confrontés les Soudans, la saison de pâturage commence à Abyei en novembre. Bientôt les Misseriya entreront en contact avec quelques-uns des dizaines de milliers de Dinka Ngok qui sont revenus dans la région pour le référendum. Le HSBA prévient que cela "posera de grands défis pour l’UNISFA" - la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei.

Luka Biong, le porte-parole du Haut comité pour le referendum d’Abyei, a reconnu que la violence - bien que peu probable - est une issue possible du vote. Il a indiqué à IPS qu’une attaque des Misseriya pourrait "déclencher une petite guerre ou dégénérer en une grande guerre si le Sud est prêt à se battre". Mais aucun des gouvernements n'est intéressé par une autre bataille, a-t-il ajouté.

Biong a expliqué que les leaders des Dinka Ngok ne se faisaient aucune illusion que le référendum règlerait la question d'Abyei une fois pour toutes. Cependant, cela n'était pas vraiment le problème.

"Il y a une possibilité que cela pourrait [créer] une véritable pression", a-t-il souligné, ajoutant que les autorités devront "voir la conséquence de ce que nous avons dit". Et par rapport à cela ils ont réussi. Bien qu'ils essaient, les actions des Dinka Ngok seront difficiles pour les deux gouvernements - surtout Juba – à ignorer.

Dans l'accord de paix qui a mis fin à plusieurs décennies de guerre civile au Soudan, il a été promis à la communauté d’Abyei un référendum qui devrait coïncider avec le scrutin de janvier 2011 pour déterminer l'avenir du Soudan du Sud. Le Sud a organisé son scrutin et s’est rapidement séparé du Soudan. Mais il n'y a pas eu de référendum pour Abyei.

En septembre, un groupe d'experts de l’Union africaine (UA) a demandé qu’un référendum pour les Dinka Ngok seuls ait lieu en octobre. Toutefois, l'UA s'est abstenue de cette proposition lorsque Khartoum s'est opposé à l'exclusion des Misseriya.

Les leaders des Dinka Ngok ont continué avec le référendum, malgré les avertissements de l'UA selon lesquels cette démarche pourrait menacer la paix dans la région. Et le 31 octobre, les responsables du Haut comité pour le referendum d’Abyei ont annoncé les résultats de leur référendum unilatéral organisé à la hâte pour déterminer l'avenir de cette zone contestée.

Le vote a inclus seulement la communauté des Ngok Dinka favorable au Sud et, comme prévu, la décision a été presque unanime - plus de 63.000 personnes ont voté pour rejoindre le Soudan du Sud. Douze personnes ont voté pour qu’Abyei continue de faire partie du Soudan, ont annoncé les responsables.

Dès que les voix ont été lues, les dirigeants des royaumes Dinka Ngok ont signé des engagements déclarant leur intention de rejoindre le Soudan du Sud.

Les autorités de Juba, ne voulant pas perturber leur relation avec Khartoum, ont exprimé leurs sentiments par rapport au référendum connu en gardant le silence.

Mais Biong espère que le vote des Dinka Ngok poussera l'UA à relancer les négociations entre Khartoum et Juba. Il existe des preuves que cela se passe déjà.

Une équipe de l'UA devrait arriver à Abyei le 5 novembre, pour une visite de deux jours. Avant la visite, ils ont déjà demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'étendre son soutien à la proposition de septembre 2012, qui demande aux "habitants d'Abyei de déterminer leur avenir politique, et le droit d'accès permanent pour les populations migratoires".

Toutefois, amener Khartoum et Juba à la table sera difficile. La relation notoirement froide entre les deux gouvernements est actuellement plus détendue, comme l’a signalé la visite du président soudanais Omar al-Bashir à Juba en octobre.

Les deux pays profitent de cette détente. Lorsque le Soudan du Sud, enclavé, faisait sécession, il a pris avec lui trois-quarts des réserves pétrolières du Soudan. Mais le Soudan a conservé le seul pipeline que le Soudan du Sud a pour exporter son brut. Au début de 2012, Juba a arrêté la production de pétrole, invoquant les frais élevés que Khartoum imposait pour l’utilisation du pipeline.

Le problème a été résolu après plus d'un an et la production a repris en mars. Jusqu'ici, le Soudan du Sud a réalisé 1,3 milliard de dollars grâce à la reprise des ventes, selon le ministère du Pétrole, un montant sur lequel il a payé 329 millions de dollars au Soudan.

Dr Alfred Lokuji, un professeur des questions de paix et de développement rural à l'Université de Juba, la capitale du Soudan du Sud, a déclaré à IPS que, compte tenu de la situation actuelle, les deux parties "feront attention à ce que les choses ne dégénèrent pas" quand il s'agit d'Abyei.

Les dirigeants des deux pays ont contourné la question d'Abyei. Ils ont demandé une administration et une force de police conjointes pour la région, mais n'ont pas réussi à indiquer à quel moment cela se produirait. Ils n'ont même pas abordé la question d'un référendum, bien que Juba ait exprimé son soutien à la proposition de l'UA dans le passé.

Mawien Makol Arik, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Soudan du Sud, a déclaré à IPS que le gouvernement ne permettrait pas que le vote des Dinka Ngok perturbe l'amélioration des relations.

"Les deux présidents ont publié un communiqué visant à accélérer effectivement la mise en place de l'administration d'Abyei", a-t-il indiqué. "Les gouvernements ne font pas partie du référendum, il n'y a donc [pas] de perturbation qui va se produire". (FIN/2013)

 

 

 

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