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PHILIPPINES
Le pays commence à avoir de la sympathie pour la Chine
Une analyse de Richard Heydarian

MANILLE, Philippines, 3 déc (IPS) - Après des mois de tensions au sujet des territoires contestés en mer de Chine méridionale, il y a des signes croissants que le gouvernement philippin cherche à revoir ses relations tendues avec Beijing.

Et c’est pourquoi le président des Philippines, Benigno Aquino, dirige les efforts en cours visant à résoudre diplomatiquement les différends territoriaux et éviter un conflit désastreux dans la région.

Cette démarche, soutiennent les analystes, est en partie inspirée par les incertitudes qui subsistent par rapport à l'engagement militaire des Etats-Unis envers des alliés tels que les Philippines, qui n’ont pas encore bénéficié d’une aide militaire considérable pour renforcer leurs capacités de défense. Mais, c'est la reconnaissance de l'influence régionale croissante de Beijing et la futilité d'une approche conflictuelle qui a largement encouragé l'administration Aquino à rééquilibrer sa diplomatie avec la Chine.

Depuis la fin de 2012, les Philippines ont renforcé leur diplomatie internationale pour solliciter un soutien extérieur et repousser contre ce qu'ils perçoivent comme l'assurance territoriale croissante de la Chine. En dehors de l'accélération des négociations en vue de renforcer les relations bilatérales en matière de défense avec les puissances du Pacifique telles que l'Australie, le Japon et les Etats-Unis, les Philippines ont également déposé une plainte contre la revendication d’un grand ensemble d’îlots qui s'étendent sur la mer de Chine méridionale.

Ces efforts ont été principalement menés par le ministre des Affaires étrangères des Philippines, Albert Del Rosario, qui a bénéficié de relations étroites avec Washington et est largement reconnu comme l'une des principales voix de la région en faveur d'une augmentation de la présence militaire américaine en Asie.

En réponse, des éléments bellicistes en Chine ont brandi des sanctions économiques, tandis que le ministère chinois des Affaires étrangères a catégoriquement rejeté les appels pour un arbitrage international des différends maritimes. Les hauts dirigeants du pays, à leur tour, ont largement ignoré leurs homologues philippins dans diverses réunions régionales et internationales, entraînant une rupture dans les communications bilatérales.

En attendant, des forces militaires et paramilitaires chinoises ont étendu leurs opérations à travers les îlots disputés et ont consolidé le contrôle sur les territoires déjà occupés dans la mer de Chine méridionale, notamment Scarborough Shoal, qui a été le site d'une impasse dangereuse entre les forces philippines et chinoises à la mi-2012.

Toutefois, sans un soutien diplomatique et militaire important d’alliés extérieurs tels que les Etats-Unis et un appui régional solide pour une résolution diplomatique des différends au sujet de la mer de Chine méridionale, les Philippines avaient peu de chances d’amener la Chine par des cajoleries à faire des concessions significatives.

Les choses se sont aggravées en octobre, lorsque (a) le président américain, Barack Obama, a été contraint d'annuler ses voyages très attendus en Asie pour résoudre une crise politique intérieure, à cause de l'indignation des alliés régionaux qui espéraient un engagement américain plus profond envers l'Asie, et quand il y a eu (b) la révélation de graves désaccords dans les négociations en cours entre les Philippines et les Etats-Unis sur un pacte de défense élargi.

"Les deux parties sont conscientes qu'aucune action ne doit être prise pour aggraver la situation", a affirmé début octobre le président Aquino lors du Sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique à Bali, en Indonésie, essayant de dissiper les critiques selon lesquelles la Chine traîne les pieds sur l'élaboration d'un Code de conduite régional pour résoudre pacifiquement les différends territoriaux.

"Je ne peux pas dire que nous sommes si près de la signature du Code de conduite, mais tout le monde est maintenant convaincu que nous devons en parler. Donc, la solution, c’est d’aller désormais de l’avant pour mettre fin aux différends territoriaux dans la Chine méridionale".

Plus important encore, vers la fin d’octobre, Aquino est allé jusqu'à contredire ses propres membres du gouvernement, notamment le ministre de la Défense, Voltaire Gazmin, lorsqu’il a vigoureusement nié les allégations précédentes selon lesquelles les forces chinoises posent des 'blocs de béton' dans le Scarborough Shoal disputé, une action qui serait perçue comme un début pour l’établissement de bastions militaires dans la zone.

Il a déclaré à un grand rassemblement de journalistes étrangers à Manille que les blocs de béton étaient "très vieux" et ne constituaient "pas un phénomène nouveau", datant plus probablement de l’époque de la guerre froide. Il a également mentionné ses précédentes conversations avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang, en marge du Sommet de l'Association des nations de l'Asie du sud-est au début du mois d’octobre, soulignant comment en dépit des désaccords "au moins [les deux parties] se parlent".

Au cours des semaines qui ont suivi, il est devenu clair que Manille et Washington n’étaient pas encore parvenus à conclure un nouvel accord de défense pour permettre une coopération militaire bilatérale plus profonde et un élargissement de la présence américaine par rotation aux Philippines.

"C’est à un stade où il y a une négociation, donc c'est un processus de donner et de recevoir. Actuellement, nous n’avons pas convenu des questions soulevées", a déploré Gazmin (le 5 novembre), admettant une impasse dans les négociations en cours en matière de défense. "Ils [Etats-Unis] ont des propositions avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Mais c'est ainsi les négociations". (FIN/2013)

 

 

 

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