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DOMINIQUE
Les économies d’une petite île détruites par une météo erratique
Desmond Brown

CASTRIES, Sainte-Lucie, 5 déc (IPS) - Malcolm Wallace savait toujours de quel côté son pain serait beurré. A l'âge de 19 ans, il a construit et exploité sa propre serre sur la ferme de son père à la Dominique, plantant des laitues, poivrons, tomates et des concombres.

"C’était très lucratif et je me faisais vraiment de l'argent", a déclaré Wallace, aujourd’hui un chercheur de troisième cycle à l'Institut des Caraïbes de recherches agricoles et de développement (CARDI), basé à Trinidad.

"La pression était d'ordre financier. Vous faites des choses et vous voyez que cela rapporte de l'argent, que vous êtes réellement en mesure de prendre soin de votre famille et de faire un peu la fête. Quel jeune ne veut pas cela?", a-t-il indiqué à IPS.

Les gouvernements des Caraïbes ont longtemps cherché à attirer davantage de jeunes dans leurs secteurs de l'agriculture, et l'Organisation des Etats des Caraïbes orientales (OECO), composée de neuf membres, a déclaré l’agriculture et le tourisme "les principaux piliers pour le développement dans la région".

Samuel Carrette, secrétaire permanent au ministère de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire, des Ressources naturelles et de la Pêche pour la Dominique, affirme que l'OECO se concentre sur ces deux secteurs afin de construire une base économique saine, d’améliorer la qualité de vie des habitants, de fournir des emplois et de réduire la pauvreté.

Mais il déplore que les deux secteurs soient sérieusement mis à l’épreuve par la variabilité du climat et les changements climatiques.

"Pour l'agriculture, nous avons beaucoup de situations où des serres sont affectées, emportées par des ouragans ou des vents violents. Nous avons des inondations de champs, nous avons le problème des voies d'accès qui sont en train d’être bloquées ou emportées", a-t-il souligné à IPS.

"La variabilité de la météo constitue un défi très grave pour nous en termes de programmation des activités", a-t-il déclaré, en référence aux défis pour l'industrie du tourisme.

En 2011, la Dominique a connu ses pires inondations enregistrées. Cela a fait suite à près d'un an de sécheresse, de 2009 à 2010, qui a gravement affecté le secteur de l'agriculture. En 2008, l'industrie de la pêche de l'île a été détruite par l'ouragan Omar.

"Le gouvernement a dû trouver des fonds pour reconstruire l'industrie de la pêche en fournissant aux pêcheurs tout le matériel de pêche nécessaire pour la reconstruction", a expliqué Carrette.

L'OECO est un regroupement de neuf membres qui englobe Antigua-et-Barbuda, la Dominique, la Grenade, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte- Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Anguilla et les îles Vierges britanniques sont des membres associés.

Les pays de l'OECO ont des ressources très limitées - naturelles, matérielles et financières - ainsi que de petits marchés et de petites économies.

Ignatius Jean, le représentant de l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA) en Jamaïque et un ancien ministre de l'Agriculture pour Sainte-Lucie, a déclaré à IPS que "la sécurité alimentaire, c’est la sécurité nationale".

Jean a affirmé qu'une partie du mandat de l'IICA est de soutenir les Etats membres dans la gestion des ressources naturelles, et l'adaptation aux changements climatiques en particulier. Il travaille également pour montrer les liens entre les secteurs de l'agriculture et du tourisme.

Il a souligné "la nécessité d'une approche multidisciplinaire dans le sens de la gestion de la situation", notant que cela implique une évaluation des impacts des changements climatiques et la création de stratégies d'atténuation et d'adaptation.

"Nous ne pouvons pas fuir notre territoire. Nous devons apprendre à vivre avec. C'est ce que sait que l'adaptation", a-t-il indiqué.

L’IICA a des programmes en cours visant à faire en sorte que les stratégies de développement agricole en Jamaïque, à Saint-Vincent-et-les Grenadines, en Dominique et en République dominicaine soient résistantes au climat.

Keith Nicholls, un spécialiste des changements climatiques au Centre de la Communauté des Caraïbes sur les changements climatiques (CCCCC), basé à Belize, croit que les impacts des changements climatiques paralyseront les marchés de niche du tourisme dans la région.

Il a déclaré à IPS que l'augmentation des vagues de tempêtes provoquée par les changements climatiques a un impact sur le secteur de la plongée, en particulier les récifs coralliens.

"En fin de compte, si les coraux vont souffrir, alors la perte de la biodiversité représentera la perte d'un avantage concurrentiel dans le tourisme", a-t-il souligné.

L'augmentation de la gravité des tempêtes et des ouragans fera également fuir les visiteurs, a déclaré Nicholls. Il a estimé que les visiteurs ne viendront pas dans une région réputée dangereuse, étant donné en particulier la vulnérabilité des stations balnéaires aux vagues de tempêtes.

"Les touristes viennent ici pour le soleil et la mer. Les biens immobiliers perdent leur appel à cause de l'érosion des plages", a indiqué Nicholls.

"Des conditions extrêmes de sécheresse signifient que nous n'avons pas d'eau et l'industrie du tourisme est fortement basée sur les ressources en eau. Si les touristes ne peuvent pas trouver de l'eau dans votre pays, ils iront ailleurs pour avoir de l'eau", a-t-il affirmé.

Toutefois, ce n'est pas seulement l'absence d'eau qui préoccupe Nicholls, mais son abondance.

"S'il pleut pendant la saison sèche et s’il pleut tout le temps, nous n'allons pas vouloir venir dans un tel endroit", a-t-il déclaré.

* Une vendeuse de produits agricoles dans un marché en Dominique, qui a été tour à tour frappée par des inondations et de graves sécheresses. Crédit: Desmond Brown/IPS (FIN/2013)

 

 

 

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