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CARAIBES
La région se tourne vers le ciel pour sa sécurité en eau
Jewel Fraser

PORT OF SPAIN, Trinidad, 16 déc (IPS) - Un système vieux de plusieurs siècles visant à assurer la sécurité en eau est en train de faire son retour dans les Caraïbes.

On l’appelle 'la collecte de l'eau de pluie', et il est en train de devenir une partie officielle de la planification stratégique de la région face non seulement à davantage de tempêtes plus fortes, mais aussi aux sécheresses. D’ici à 2100, il pourrait y avoir une diminution de 20 à 30 pour cent des précipitations, indiquent les études, faisant que chaque goutte compte.

"La collecte de l’eau de pluie est, en effet, considérée comme l'un des moyens importants pour assurer la résilience et la redondance de la fourniture d'eau dans les Caraïbes, en particulier pour augmenter l'approvisionnement municipal existant en eau", a déclaré à IPS, Dr Natalie Boodram, directrice du Partenariat mondial de l'eau-Caraïbes (GWP -C). "L'eau de pluie peut servir d’un approvisionnement en eau de secours en cas de perturbation".

L’un des avantages est que la technologie est déjà en place, plusieurs ménages, en particulier dans les zones rurales, créant des systèmes de captage de l'eau de pluie qui coule sur les toits de leurs maisons afin de leur fournir de l'eau pour l'usage quotidien des ménages. Dans les îles Vierges, un peu plus de la moitié des maisons pratiquent la collecte de l’eau de pluie pour répondre à tous leurs besoins en eau.

Environ 500.000 personnes dans la région dépendent au moins partiellement de la collecte de l’eau de pluie, les plus grands utilisateurs comprenant Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, les Etats-Unis et les îles Vierges britanniques, les îles Turques- et-Caïques et les Grenadines.

Au début du mois d’octobre, les ministres de la Communauté des Caraïbes qui se sont réunis à la Barbade ont lancé le Programme de l'eau, du climat et du développement pour les Caraïbes (WACDEP) qui fait la promotion de la collecte de l’eau de pluie comme l'une des approches pour assurer l'approvisionnement en eau dans la région.

Bien que la collecte de l’eau de pluie ait existé pendant des centaines d'années, Boodram affirme que les systèmes municipaux qui dépendent de l'approvisionnement en eau de surface ont remplacé cette technique dans plusieurs régions des Caraïbes, alors il est nécessaire de "rétablir une culture de la collecte de l'eau de pluie dans la région".

Le GWP-C a entrepris un certain nombre de projets de collecte de l’eau de pluie dans les Caraïbes, dans le cadre de l'initiative mondiale de son organe mère visant à soutenir l'intégration de la sécurité en eau et l’adaptation au changement climatique dans la planification du développement.

L'objectif était d'éliminer certains des problèmes courants associés à la collecte de l'eau de pluie, tels que "l'exposition à la pollution atmosphérique, les excréments d'animaux, des contaminants provenant des toits mal entretenus, etc.", a expliqué Boodram.

La technologie promue par le GWP-C avec l'aide de ses partenaires, en particulier l'Institut de santé environnementale des Caraïbes, implique un système de détournement du premier flot.

"Le système du premier flot qui forme la partie inférieure du tuyau de descente est utilisé pour dévier la première eau contenant des polluants provenant du toit, s’assurant qu’ils n'entrent pas dans le réservoir/dispositif de stockage de l'eau qui est en train d’être utilisé. Le premier flot d’eau qui contient des débris qui sont sur le toit se déposerait ensuite au fond du tuyau de descente et l’eau plus propre se retrouve en dessus, ce qui permet à l'eau propre d’entrer dans le système de stockage", a-t-elle expliqué.

Cette conception était utilisée par l'Institut national de l'enseignement supérieur, la recherche, la science et la technologie (NIHERST) de Trinidad-et-Tobago, qui s’est associé avec le GWP-C pour introduire la technologie de la collecte de l'eau de pluie dans les communautés rurales de Trinidad "avec un accent sur les aménagements des abris utilisés en cas de catastrophe, notamment les écoles", a déclaré Lovaan Superville, la principale chargée de projets du NIHERST.

"A cause des changements climatiques, nous avons besoin d’être préparés contre les catastrophes", a-t-elle souligné, ajoutant que "la première chose à faire en cas d’ouragan est l'eau".

Le NIHERST a doté 15 écoles de la technologie de collecte de l'eau de pluie, et a également fourni à quelques-unes d'entre elles des panneaux solaires comme source d'énergie de secours. Pour assurer leur entretien, Superville a indiqué qu’ils formaient environ 25 personnes dans chaque communauté, c'est-à-dire Toco, Moruga, et Barrackpore.

"Les matériaux utilisés pour fabriquer les systèmes de collecte de l'eau de pluie sont facilement disponibles, faciles à nettoyer. Ils proviennent de matériaux locaux et ne sont donc pas chers", a-t-elle affirmé. "Tout plombier ou électricien, une fois formé sur la façon dont notre système fonctionne, peut facilement le reproduire".

Des interviews réalisées auprès des directeurs de certaines écoles à Moruga et Barrackpore, deux communautés dans le sud-est de Trinidad, confirment que les systèmes de collecte de l'eau de pluie ont été jusqu'ici un succès.

Benjamin Santoo, le directeur de la 'Rochard Douglas Presbyterian School' (Ecole presbytérienne Rochard Douglas), a déclaré à IPS que lorsque l'école a nettoyé le réservoir d'eau de robinet, "il y a quatre pouces de gadoue. Quand nous nettoyons les réservoirs d'eau de pluie, nous n'avons pas un tel problème".

"L'eau venait une fois par mois [à travers le réseau]", a-t-il ajouté. "Nous dépendions des camions-citernes qui nous donnaient de l'eau lundi, mercredi et vendredi. A cause de la population de l'école, plus de 500, l'eau que nous avions n'était pas suffisante à la fois pour servir à boire et à tirer les chasses d'eau des toilettes".

Dans plusieurs cas, les écoles recevaient de l'eau de robinet auprès du réseau municipal d'approvisionnement seulement deux fois par semaine, parfois moins. Avec l'installation des systèmes de collecte de l'eau de pluie, elles ont pu économiser l'eau de robinet pour la boisson et utilisent l'eau de pluie pour tirer les chasses d’eau des toilettes, arroser les jardins, et réaliser des projets scolaires.

* La collecte de l'eau de pluie est pratiquée dans les zones rurales de Trinidad, bien que cette méthode ouverte, non filtrée présente des risques que la conception promue par le Partenariat mondial de l’eau-Caraïbes cherche à éviter. Crédit: Jewel Fraser/IPS (FIN/2013)

 

 

 

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