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BRESIL
Développement après les ravages d’un barrage
Mario de Queiroz

PETROLANDIA, Brésil, 15 jan (IPS) - Valdenor de Melo attend depuis 27 ans la terre et le dédommagement en espèces qu’on lui doit parce que son ancienne ferme était inondée lorsque le barrage hydroélectrique d’Itaparica était construit sur le fleuve São Francisco dans la région du Nord-Est semi-aride du Brésil.

"Je les aurai, je suis confiant", a-t-il déclaré à IPS, bien qu’il soit inquiet que ce sera après sa retraite en tant que fermier. Mais cet homme de 60 ans au moins a une maison en dur, dans laquelle il vit avec une partie de sa famille dans un village agricole construit à cet effet où toutes les maisons se ressemblent.

La famille Melo est l'une des 10.500 familles déplacées en 1988, selon les données officielles, par le réservoir du barrage d’Itaparica, qui génère 1.480 mégawatts d'électricité.

Mais le nombre réel de personnes forcées de quitter leurs terres par ce barrage est presque le double de ce chiffre - près de 80.000 personnes, a écrit Russell Parry Scott, un anthropologue américain, dans son livre intitulé "Negociações e resistências persistentes", publié en portugais. Le livre est basé sur des études menées à l'Université fédérale de Pernambuco, dans la région du Nord-Est, où il est professeur.

L’espoir éternel de Melo est basé sur le processus qui a commencé avec la construction du barrage et du réservoir de 828 kilomètres carrés, qui ont submergé quatre villes ainsi que des champs de berges sur une longueur de 150 km de la frontière entre les Etats de Bahía et de Pernambuco.

Contrairement à d'autres centrales hydroélectriques au Brésil, le barrage d’Itaparica a déclenché un mouvement organisé réussi de la part des familles rurales qui ont été déplacées.

Les associations des travailleurs ruraux de 13 municipalités se sont rassemblés dans le 'Pólo Sindical dos Trabalhadores Rurais do Submédio São Francisco' (Syndicat des travailleurs ruraux du fleuve du sous-moyen São Francisco) et ont commencé à organiser des manifestations au début de la construction, en 1979.

Les protestations ont attiré jusqu'à 5.000 manifestants, qui ont bloqué les routes et occupé des villes prévues pour être inondées, ainsi que les bureaux de l'entreprise de construction et les chantiers de construction, dans certains cas pendant des jours, défiant la dure répression policière.

Après sept ans de bataille, la Société publique hydroélectrique de São Francisco, qui possède 15 centrales et fournit de l'électricité au Nord-Est, a cédé et a signé l'Accord de 1986 visant à réinstaller les familles rurales, leur payer un dédommagement pour les biens qu'elles ont perdus, et leur fournir des subventions mensuelles d'entretien en attendant les premières récoltes sur leurs nouvelles terres.

Selon cet accord, au total 6.187 familles rurales devaient être réinstallées dans de nouvelles maisons, avec un maximum de six hectares de terres irriguées et un domaine de terres arides plus vaste pour chaque famille.

La superficie de terre varie en fonction du nombre de membres de la famille qui pourraient l’exploiter, les femmes comptant pour 60 pour cent de la valeur attribuée aux hommes.

Le 'Pólo Sindical' a participé à l'élaboration du plan de réinstallation et a maintenu la pression sur la société et le gouvernement, puisque le programme a connu des retards.

La fin de la dictature militaire de 1964-1985 et le retour à la démocratie ont donné du pouvoir aux mouvements sociaux et favorisé le triomphe du 'Pólo Sindical'.

Plus les petits agriculteurs déplacés étaient confrontés à la résistance, plus leur ténacité s’intensifiait. Ils cherchaient à éviter une répétition des abus des années précédentes, lorsque des milliers de Brésiliens ont été forcés de quitter leurs terres et leurs villes et ont reçu seulement un maigre dédommagement en espèces, ou aucun dédommagement du tout s’ils n'ont pas de titre juridique sur leurs terres, lorsque d'autres barrages hydroélectriques ont été construits sur le fleuve São Francisco.

Les familles rurales qui ont accepté l'accord de réinstallation - 85 pour cent de celles qui ont été déplacées, selon Scott - ont été réinstallées sur 126 nouveaux "agrovilas" ou villages agricoles éparpillés sur plusieurs municipalités, avec une moyenne de 50 familles environ chacun.

"Nous avons réussi la réinstallation d’une partie des familles, mais beaucoup sont parties - elles ne croyaient pas à notre mouvement, elles ont préféré prendre le paiement du dédommagement", et elles sont allées s’installer à la périphérie pauvre des grandes villes du Brésil, a expliqué à IPS, Adimilson Nunis, le coordinateur général du 'Pólo Sindical'.

Les agrovilas ont été construits avec l'infrastructure nécessaire à savoir l'assainissement, l'électricité, l'eau, les écoles, postes administratifs et de santé, a-t-il souligné. Et ces villages étaient situés autour de 12 domaines de terres qui devaient être irriguées, où chaque famille avait sa terre la plus productive.

Mais l'équipement d'irrigation qui permettrait aux familles de commencer à produire sur les terres n'avait commencé à arriver qu'en 1993, quatre ans après que la culture était censée commencer, et seulement dans trois des 12 domaines. La production irriguée a démarré sur six autres domaines dans les cinq années suivantes.

Mais la famille Melo a eu la malchance d'être réinstallée à Proyeto Jurante dans la municipalité de Gloria - l'un des trois agrovilas encore en construction.

La plupart des habitants ont abandonné et sont partis. "A agrovila 5 une seule famille est restée, et seulement trois sont restées à agrovila 9", attendant l'équipement d'irrigation, a déclaré Maria de Fátima Melo, la fille de Valdenor, qui espère emboîter les pas à son père pour devenir agricultrice, une fois la mise en place du projet d'irrigation.

Mais elle a obtenu un emploi municipal en tant que simple infirmière "juste au cas où", a-t-elle indiqué à IPS.

Les neuf projets qui fonctionnent depuis les années 1990 ont apporté des revenus plus élevés et des progrès technologiques à 4.910 familles, selon la Société de développement de la vallée de São Francisco et de Parnaíba (CODEVASF), l'agence gouvernementale chargée de la gestion des systèmes d'irrigation et de la fourniture d’une assistance technique.

Gloria est aujourd’hui une région productrice de pastèque. Le projet de réinstallation a contribué à cela lorsque l’équipement d'irrigation a été reçu en 1993 par 123 familles réinstallées dans trois agrovilas, qui gèrent également un centre expérimental, a souligné à IPS, Dorgival Araujo Melo, un agriculteur et conseiller municipal pour le Parti vert.

"L'irrigation est la solution pour le Nord-Est, mais avec des technologies qui économisent l'eau" pour s'adapter au climat semi-aride de la région, a-t-il affirmé.

Il est fier d'avoir réussi, dans sa zone d'irrigation, à remplacer les systèmes d’arroseurs peu économiques par des tuyaux d'irrigation goutte à goutte.

"La vie s’est améliorée avec la nouvelle maison, l'école à proximité, et la terre irriguée", a déclaré Ana de Souza Xavier. Mais, a-t-elle ajouté, elle aimait mieux cela lorsque les voisins ne vivaient pas si proche, et quand elle avait une grande cour "pour élever des chèvres et des poulets et cultiver des légumes". (FIN/2014)

 

 

 

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