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PAKISTAN
Retour de la musique dans une région des Talibans
Ashfaq Yusufzai

PESHAWAR, Pakistan, 16 jan (IPS) - Pendant plusieurs années les artistes de la province de Khyber Pakhtunkhwa, dans le nord du Pakistan, ne pouvaient pas chanter, danser ou jouer leurs instruments favoris. Ils avaient perdu leur voix puisque les Talibans menaient des attaques terroristes et interdisaient la musique, la qualifiant d'anti-islam.

Mais après des avancées timides de ces derniers mois, cette province pakistanaise grouille une fois encore du son de la musique.

Après la reprise des ventes ouvertes de la musique, et la représentation théâtrale occasionnelle, la musique est maintenant de retour dans les affaires en plein essor - dans beaucoup de régions, sinon toutes les régions. Ce grand changement s’est opéré dans les mois qui ont suivi les élections de mai 2013.

"Les cinq dernières années ont été très difficiles pour les musiciens à cause des militants talibans. Aujourd’hui, nous poussons un soupir de soulagement puisque les actes de terrorisme ont diminué", a déclaré le chanteur Gul Pana à IPS.

Les gens de la région, les Pachtounes, traditionnellement aimaient beaucoup la musique. Mais de 2008 à 2013, les musiciens ont connu une période difficile puisque la province était dirigée par le Parti national Awami (ANP), qui est contre les Talibans dont les militants menaient des explosions et des attaques-suicides. Les Talibans empêchaient les musiciens d’organiser des spectacles.

Avec la baisse de l'influence des Talibans dans la région et le nouveau gouvernement provincial qui encourage activement les artistes depuis son arrivée au pouvoir, la musique est en train de faire son retour.

"Grâce à un nouveau gouvernement, la majorité des chanteurs et instrumentistes ont repris le travail", a indiqué Pana, qui est un étudiant à l'Université de Peshawar, et qui est occupé à animer des concerts et des mariages et réaliser des chansons de lecture dans les films.

Swat, un district de Khyber Pakhtunkhwa, était jadis connu pour ses chanteurs et danseurs. Cette région montagneuse pittoresque renferme beaucoup de ruisseaux et de fleuves qui étaient utilisés comme toile de fond pour les chansons de films. Mais la zone a manqué d'artistes de 2007 à 2010 à cause des punitions infligées par les Talibans.

En janvier 2009, les militants talibans ont tués Shabana, une danseuse bien connue à Swat, envoyant un frisson dans le dos de la fraternité des arts du spectacle. Beaucoup ont fui ou abandonné complètement leur métier pour éviter d'être ciblée par les Talibans.

Mais la musique peut être entendue dans les collines et les vallées de Swat aujourd'hui. Les Talibans ont été expulsés de Swat par une opération militaire en 2010.

"Nous sommes de retour. Toutes les nuits, il y a des spectacles musicaux qui fournissent un divertissement aux habitants ainsi qu’aux amateurs du reste du pays", a déclaré Muhammad Suleiman, un joueur d'harmonium à Swat.

Suleiman affirme que ses deux filles danseuses étaient les seuls soutiens de sa famille de 12 membres mais que pendant le règne des Talibans, il était devenu difficile d'avoir deux repas par jour.

Sa fille Noreen Begum, 18 ans, a indiqué: "Aujourd’hui, nous recevons de nouveau des offres pour animer les cérémonies de mariage".

Elle a déclaré que la danse a toujours été une passion pour elle. "J'aime la musique et la danse. Et avec ce que je gagne, mes deux frères peuvent poursuivre leurs études à l'école", a-t-elle affirmé.

Des spectacles musicaux sont également de retour à Peshawar, la capitale de Khyber Pakhtunkhwa. Après que le parti 'Pakistan Tehreek Insaf' (PTI) de Imran Khan, un joueur de cricket devenu politicien, est arrivé au pouvoir à la tête d'une coalition dans la province, la scène de la musique a subi une transformation.

"Les gens nous invitent à animer des programmes privés et nous paient bien. Les Pachtounes sont traditionnellement friands de la musique et donnent de l'argent aux artistes pour montrer leur appréciation", a expliqué à IPS, Shah Sawar, un crooner en herbe.

Sawar, 25 ans, dit qu’il a récemment joué devant Imran Khan et a gagné des éloges de lui. "C’était encourageant d'obtenir d’Imran Khan une tape dans le dos".

'Nishtar Hall', le seul théâtre à Peshawar, est retourné à la vie puisqu’avec des débuts hésitants, il accueille désormais des animations musicales presque tous les jours.

"Nous recevons des appels de sponsors tous les jours. Outre les artistes locaux, des chanteurs provenant d'autres parties du pays animent également ici", a déclaré à IPS, Karam Khan, un responsable de 'Nishtar Hall', géré par le gouvernement.

Chaque cérémonie dans cette salle de 600 places attire des centaines d'amateurs qui affluent vers le lieu bien avant le début du programme, a-t-il indiqué.

"Révolu le temps où 'Nishtar Hall' restait fermée à cause des menaces des Talibans. La situation est revenue à la normale et les activités culturelles ont pris de l'ampleur", a déclaré Karam Khan.

Mashooq Sultan, une diva d'antan, est aussi contente du parti d'Imran Khan. "Il s'est avéré être une bénédiction pour plus de 10.000 artistes qui étaient pratiquement sans emploi avant que ce parti n’arrive au pouvoir. Il était devenu difficile pour moi de subvenir aux besoins de ma famille, car il y avait peu d’animations musicales. Nous apprécions Imran pour avoir amélioré la situation de l’ordre public", a-t-elle indiqué.

"Les six derniers mois ont été très bons pour nous. Nous avons organisé des spectacles à 'Nishtar Hall' et lors des cérémonies privées", a déclaré Sultan à IPS, affirmant avoir chanté 5.000 chansons à la télévision et à la radio.

Les Zones tribales sous administration fédérale (FATA), près de la frontière afghane, grouillent toujours de militants, privant les gens là-bas de la danse et de la musique. Certaines parties de Khyber Pakhtunkhwa où les Talibans ont encore de l’influence peuvent ressentir les restrictions sur la musique, même aujourd’hui.

Mais Sultan déclare que la musique ne peut pas être arrêtée dans cette partie du monde. "Les mariages et autres cérémonies festives sont considérés incomplets sans la musique et les Talibans ne peuvent pas l’interdire à jamais". (FIN/2014)

 

 

 

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