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LIBAN
Le conflit syrien accentue la division de la population
Shelly Kittleson

TRIPOLI, Liban, 23 jan (IPS) - Dans la plus grande ville de Tripoli, dans le nord du Liban, la Rue de la Syrie traverse les quartiers qui soutiennent les côtés opposés de la guerre qui fait rage en Syrie, située à 30 kilomètres du Liban.

Les affrontements entre eux ont repris ce week-end après une attaque transfrontalière à la roquette.

La ligne de front de la région de Jabal Mohsen, donnant sur sa rivale Bab Al-Tabbaneh, est fortement marquée par 18 séries d'affrontements depuis 2008. La région porte des signes de la brutalité: des boutiques incendiées, des bâtiments criblés de petits trous par des tirs de mortier, des feuilles de toile criblées d'impacts de balles qui ont été suspendues à travers les rues pour protéger les snipers.

Après avoir traversé les postes de contrôle tenus par l’armée, qui a été chargée du contrôle de la sécurité pendant six mois après que les derniers affrontements de fin-novembre 2013 aient fait plusieurs morts et des dizaines de blessés, l’on peut voir beaucoup d’écoliers en train de traîner dans les rues de Jabal Mohsen.

Alors que Bab Al-Tabbaneh est majoritairement sunnite, la plupart des gens à Jabal Mohsen sont alaouites.

Les Libanais issus de la secte alaouite, le même groupe minoritaire et l’émanation de l'islam chiite auquel appartient le régime Assad en Syrie, représentent environ 11 pour cent de la population.

"Il n'y a pas d'écoles primaires ou secondaires ici et c’est risqué pour les garçons de traverser les zones sunnites", a déclaré un propriétaire de boutique.

Emad Salman, un peintre en bâtiment de 28 ans, a indiqué à IPS qu'il n’avait pas pu quitter la région pour aller travailler depuis novembre 2013 et que même ceux qui nécessitaient des soins médicaux avaient besoin d’escortes militaires pour sortir.

"Ils sont tous d’Al-Qaïda là-bas", a-t-il affirmé. "Quelque 15 hommes qui ont quitté Jabal Mohsen pour aller travailler ont été arrêtés et fusillés dans les jambes".

La dernière série d’hostilités semble avoir été déclenchée par des attaques contre deux mosquées sunnites, prétendument par des membres de la communauté Jabal Mohsen, à la fin du mois d’août 2013. Deux voitures piégées ont explosé devant les mosquées, tuant au moins 47 personnes et blessant plus de 400.

Ali Eid, fondateur du Parti démocratique arabe alaouite de la communauté, n’a pas répondu à une convocation le 30 octobre pour répondre aux accusations d’avoir fait passer clandestinement un suspect clé par la frontière vers la Syrie. Son fils et leader politique du parti, Rifaat Eid, aurait ensuite fait des déclarations incendiaires contre les services de sécurité libanais.

Un certain nombre d'épisodes ciblant les Alaouites s’en est suivi, accompagnés d’affrontements. La ville a été placée sous le contrôle de l'armée pour une période de six mois le 2 décembre 2013.

En visite dans la région, IPS a trouvé les murs de Jabal Mohsen recouverts de graffiti saluant le régime syrien. Une affiche populaire montrant les visages souriants de "trois personnes", le président syrien Bachar Al-Assad, son père Hafez et le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, était omniprésent.

A Bab Al-Tabbaneh appauvrie, un groupe d'adolescents a déclaré avec mépris à IPS que deux hommes alaouites avaient été poignardés dans le cadre d'une dispute "de famille" avec la communauté sunnite.

Dans l'air frais glacial, de jeunes adolescents se réchauffaient dans un garage qui serait invisible depuis la colline de Jabal Mohsen. Ils ont dit qu'ils "se préparaient pour la révolution".

Une femme sunnite portant un foulard a montré sa boutique incendiée, devant laquelle se tenaient des soldats. Cette femme a imputé une grande partie de la responsabilité au Premier ministre intérimaire, Najib Mikati.

Tripoli du Liban est le lieu de naissance de Mikati, un Sunnite de la coalition politique du 8 Mars dominée par le Hezbollah et l'homme le plus riche au Liban, qui a puisé une grande partie de sa richesse à travers une société de télécommunications qui marche en Syrie et dans des marchés émergents. Le Liban n'a pas de gouvernement depuis la fin du mois de mars 2013 lorsqu’un subordonné de Mikati a démissionné.

Mustafa Allouch, chef de la section du Courant du futur à Tripoli, qui fait partie de la coalition politique du 14 Mars, tient pour responsables des troubles le régime syrien et son ingérence vielle de plusieurs décennies au Liban.

La Syrie a maintenu une présence militaire dans le pays pendant 30 ans environ jusqu'en 2005, lorsqu’elle a été contrainte de se retirer après des manifestations massives et la pression internationale à la suite de l'assassinat du Premier ministre d’alors, Rafic Hariri.

Le Hezbollah, allié du régime d'Assad et fortement financé par l'Iran, n'a jamais été forcé de déposer les armes, et est généralement considéré plus puissant que les Forces armées libanaises.

Allouch, un chirurgien en chef dans un hôpital local, a souligné que le Hezbollah avait longtemps reconnu ouvertement sa participation à la guerre civile syrienne.

Reconnaissant que des figures de la coalition du 14 Mars avaient été également accusées d'avoir envoyé des armes en Syrie pour soutenir les rebelles, Allouch a indiqué que lui aussi avait été accusé de cela - par son propre cousin.

"Ma mère est alaouite", a-t-il souligné, "et j'ai un oncle qui est un général dans le régime syrien. Il a expliqué cela à son fils qui a cru. J’ai simplement ri et lui ai dit que si j'avais les moyens de le faire, je le ferais", a déclaré Allouch, qui en tant qu’adolescent a combattu comme un marxiste avec les forces palestiniennes au début de la guerre civile libanaise (1975- 1990).

Dans tous les cas, la quantité d'armes qui entrent en Syrie à partir du Liban est loin de celle qui arrive au Liban par d'autres frontières de la Syrie, a-t-il indiqué. "Mais c'est ainsi le Liban. Il y a des armes et des munitions plantées partout". (FIN/2014)

 

 

 

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