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COSTA RICA
Des fermiers deviennent des acrobates du changement climatique
Diego Arguedas Ortiz

ALVARADO, Costa Rica, 6 mars (IPS) - José Alberto Chacón traverse le chemin sinueux dans sa petite ferme sur les pentes du volcan Irazú, au Costa Rica, qui serpente parce qu'il l’a conçu pour empêcher la pluie d'emporter les nutriments du sol.

Son agriculture menée attentivement assure ses cultures de haricots, de maïs et de carottes sur sa parcelle de demi-hectare, qui, comme celle de nombreux autres fermiers de la région de Pacayas, est située sur des pentes raides qui sont sujettes à la perte de couches fertiles de la terre.

Chacón a déclaré à IPS qu'il applique constamment des techniques comme la conception d'un chemin sinueux, et la construction de terrasses ou de murs de retenue avec des restes de récolte, et il se sent comme un acrobate qui saute d'une mesure à une autre pour maintenir sa ferme familiale en vie.

"Ça fait mal de voir le sol en train d’être emporté dans le fleuve. Je vieillis et mon lopin de terre sera toujours de la même taille, alors je dois trouver des moyens de le rendre plat avec des terrasses, afin de continuer à l’exploiter aussi longtemps que Dieu le veut", a indiqué Chacón, 51 ans, qui est marié et a trois enfants.

Un de ses enfants aide dans la vente des produits excédentaires. Sa femme, Irma Rosa Loaiza, 50 ans, participe aux travaux champêtres. "Nous sommes un modèle d'agriculture familiale. Elle vient sur la parcelle pour apporter son aide", a souligné son mari.

La communauté de Pacayas, à une heure de route à l'est de San José, la capitale du Costa Rica, est située à l'extrême-est de la vallée centrale fertile du Costa Rica, entre les volcans Irazú et Turrialba. La densité de la population est plus élevée que la moyenne nationale et elle reçoit 2.300 millimètres de pluie par an, sur les pentes à hauteur de 70 pour cent.

Aujourd'hui, le changement climatique est un autre facteur, augmentant les précipitations et l'érosion du sol. Le ministère de l'Environnement et de l'Energie estime que l'érosion a réduit le produit intérieur brut (PIB) agricole de 7,7 pour cent entre 1970 et 1989.

Le recensement agricole 2014 peut montrer une aggravation de la situation dans ce pays d'Amérique centrale de 4,4 millions d’habitants, où l'agriculture a contribué pour 10,7 pour cent au PIB en 2000, mais 8,67 pour cent en 2012, selon les chiffres officiels.

Chacón, portant des bottes noires en caoutchouc et un chapeau blanc pour se protéger contre le soleil, avance le long des rangées cultivées. Son champ a une pente de 50 pour cent, et il y a une différence de hauteur atteignant 20 centimètres entre les rangées de maïs, assez pour que l'eau de pluie ne se déverse pas directement dans le fleuve Pacayas, dans le canyon en dessous.

Il est un agriculteur de subsistance, comme le reste des fermiers de la région, dont les parcelles sont d'une superficie moyenne de 2,5 hectares et qui gagnent leur vie à partir du flanc de la montagne. Si leurs récoltes échouent, ils ne mangent pas; s'ils plantent à outrance et que le sol est emporté, ils n’arrivent également pas à mettre de la nourriture sur la table.

"Il doit y avoir un équilibre entre la durabilité et la sécurité alimentaire. Je ne peux pas dire aux gens de la localité: cette terre est impropre à l'agriculture, vous devez planter des forêts, parce que c'est tout ce qu'ils ont", a déclaré à IPS, Beatriz Solano, un agronome, affecté à la région pendant les 17 dernières années par le ministère de l'Agriculture et de l'Elevage.

Une étude publiée en 2013 par la revue 'Environmental Science & Policy' décrit comment "une combinaison de précipitations extrêmes, de topographie escarpée et d'une utilisation douteuse de la terre a entraîné une forte érosion du sol et l’affaiblissement des services de contrôle du sol" dans la région.

Même les familles qui possèdent des terres sur des pentes plus douces ont dû appliquer de nouvelles techniques. La ferme biologique certifiée, Guisol, en est un exemple. Ses propriétaires, María Solano 68 ans, et Marta Guillén, 43 ans, exploitent de petites parcelles en utilisant des haies vives pour contenir l'érosion, comme elles l’ont montré à IPS.

Ce ne sont pas tous les producteurs de la région qui sont conscients de l'importance de telles actions. Une enquête réalisée en 2010 par un chercheur du Centre interaméricain de recherche et de formation sur l’agronomie tropicale (CATIE), basé dans ce pays, a constaté que sept agriculteurs sur 10 à Pacayas n'ont pas utilisé des techniques de protection du sol.

En outre, la petite taille des fermes signifie qu'elles ne bénéficient pas du paiement pour le couvert forestier, le système préféré de contrôle de l'érosion au Costa Rica.

Les experts disent que les dernières pratiques de préservation du sol dans l'agriculture familiale seront essentielles au Pacayas, en raison des changements dans les précipitations.

"Il y avait d’habitude des pluies régulières d'octobre à janvier ou février, avec un épais brouillard. Aujourd’hui, elles sont plus instables, et sans l'eau les pommes de terre ne se développent pas, et ce sont les agriculteurs qui perdent, parce que les semences et les engrais sont de plus en plus chers", a déclaré à IPS, Guillermo Quirós, un fermier de 68 ans qui a dû reconstruire les canaux de drainage sur sa ferme il y a deux ans.

* José Alberto Chacón enlève les mauvaises herbes entre les plants de haricots sur sa petite ferme à Pacayas, sur les pentes du volcan Irazú, au Costa Rica. Les terrasses aident à contrôler les eaux de ruissellement qui, autrement, causeraient l'érosion du sol. Crédit: Diego Arguedas Ortiz/IPS

** Les agriculteurs à Pacaya cultivent des plantes de façon inclinée sur la pente pour que les pluies n’emportent pas leur sol. Dans ce micro-bassin, 68 pour cent des champs ont une pente de plus de 30 pour cent. Crédit: Diego Argueda Ortiz/IPS (FIN/2014)

 

 

 

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