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ZIMBABWE
Le pays traverse un terrain politique cahoteux
Jeffrey Moyo

HARARE, 26 mars (IPS) - Leroy Muzamani originaire de Highfield, un bidonville à faible revenu du Zimbabwe, est assis les mains au menton.

Vêtu d'un t-shirt usé, de chaussures qui ont été réparées à plusieurs reprises et d’un pantalon trop grand, il attend au ministère des Travaux publics dans la capitale du pays, Harare, espérant qu'ils l’embaucheront pour travailler comme ouvrier occasionnel pour cette journée.

"Nous cherchons toujours des emplois occasionnels qui n’existent même pas. Depuis [les] élections de 2002, beaucoup d'entre nous ont placé nos espoirs sur nos dirigeants politiques, pensant qu'ils règleraient nos problèmes de chômage, mais hélas...", déclare Muzamani à IPS.

Muzamani est un professionnel du marketing qui n'a jamais été employé dans sa profession qualifiée. Et il accuse le gouvernement de ne pas prioriser la situation désespérée des chômeurs du Zimbabwe.

Selon la Banque centrale du Zimbabwe, le taux de chômage du pays était de 10,70 pour cent en 2011. Cependant, le Programme alimentaire mondial estime que le taux de chômage du Zimbabwe atteint 60 pour cent.

Par conséquent, comme beaucoup d'autres Zimbabwéens, Muzamani a perdu espoir dans la direction politique que cette nation d'Afrique australe est en train de prendre.

"Nous avons beaucoup de questions sans réponse actuellement puisque nous [vivons] des épreuves, nous demandant qui changera vraiment la dynamique de notre politique pour le mieux. [Les] principaux partis politiques se sont révélés être des échecs puisqu’ils sont pris par des luttes internes de pouvoir", affirme-t-il.

L’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF) est accablée par des fissures internes puisqu’il est dit que des groupes dissidents sont en train de se positionner pour succéder à leur leader âgé de 90 ans, le président Robert Mugabe.

Une faction de la ZANU-PF serait dirigée par la vice-présidente du pays, et du parti, Joyce Mujuru. Le secrétaire des affaires juridiques de la ZANU-PF, Emerson Mnangagwa, dirigerait une autre.

Le parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique-Tsvangirai (MDC-T) est également affligé par des divisions au milieu des appels pour que son leader, Morgan Tsvangirai, démissionne en raison de son échec répété dans les urnes depuis 2002.

En février, le secrétaire général adjoint du MDC- T, Elton Mangoma, a écrit une lettre à Tsvangirai, l’exhortant à démissionner et à préparer le terrain pour un nouveau leader qui a des idées fraîches.

Toutefois, cela n'a pas été bien apprécié par les partisans de Tsvangirai au sein du parti, qui ont demandé la suspension de Mangoma. Cela a par conséquent causé l'anxiété pour beaucoup de Zimbabwéens comme Muzamani qui estiment les leaders politiques du pays ne leur offrent aucun espoir pour un avenir meilleur.

"Il y a une confusion croissante parmi les Zimbabwéens ordinaires par rapport aux leaders politiques dans lesquels ils vont placer leurs espoirs; ils doutent désormais de Mugabe, et ils doutent également de Tsvangirai maintenant", souligne à IPS, Whatmore Makokoba, un observateur politique.

Les responsables de la société civile du pays sont également sceptiques par rapport à l'avenir des principaux partis politiques du Zimbabwe.

"Avec l'élargissement des fissures dans les principaux partis politiques du Zimbabwe, la ZANU- PF et le MDC-T, pour eux vraiment, l'avenir semble incertain. Les deux partis peuvent être dirigés pour leur Waterloo", indique à IPS, Claris Madhuku, directrice de la Plateforme pour le développement de la jeunesse, un groupe de pression pour la démocratie dans le pays.

Analyste politique indépendant, Malvern Tigere, explique à IPS que cela soulève la question de savoir "qui les Zimbabwéens doivent-ils suivre maintenant entre un échec et l'échec?".

"D'abord, c’était Mugabe qui a suscité les espoirs du Zimbabwe à l'indépendance à l’égard de la Grande-Bretagne en 1980 quand il est arrivé au pouvoir. Mais son gouvernement a seulement aidé à diminuer les gains réalisés pendant la période coloniale et maintenant beaucoup de Zimbabwéens jettent un regard rétrospectif sur l'époque coloniale avec nostalgie", explique Tigere.

"Deuxièmement, nous avons Tsvangirai qui a allumé l'espoir de se départir de [l’accrochage] de Mugabe au pouvoir, mais il est maintenant personnellement embourbé dans des querelles de leadership dans son propre parti, rendant déçus des millions de ses partisans".

Mais les principaux partis politiques du pays ne voient pas les choses de cette façon.

"La ZANU-PF a une histoire d'un degré incontestable de l'unité depuis sa création il y a plus d'un demi-siècle et elle reste un parti politique auquel les Zimbabwéens font confiance à ce jour", déclare à IPS le porte-parole national de la ZANU-PF, Rugare Gumbo.

Le porte-parole national du MDC-T, Douglas Mwonzora, est également convaincu du leadership de son parti.

"Le MDC-T demeure la seule alternative pour un vrai changement au Zimbabwe. C'est un parti organisé inébranlable par des rumeurs fallacieuses de fissures propagées par nos détracteurs", confie-t-il à IPS.

Mais le journaliste des questions socio- politiques, Brian Mateyo, déclare à IPS que "si les principaux acteurs politiques sont échouent vraiment, cela signifie qu'il existe des motifs pour que d'autres forces politiques émergent".

David Chidende, chargé des programmes pour 'Youth Information and Education for Behaviour Change' (Information et éducation de la jeunesse pour un changement de comportement), un groupe de pression pour la démocratie, n'exclut pas de troubles civils.

"Des soulèvements dirigés par des civils peuvent se produire, mais ce n'est pas trop évident. Les jeunes doivent à nouveau élaborer des stratégies et former un mouvement de masse qui défendra la voie de la démocratie pour ce pays. En tant jeunes de ce pays, nous sommes les plus touchés, et si nous nous reposons, nous risquons de souffrir à perpétuité", souligne Chidende à IPS.

Muzamani affirme qu’il se peut que ce soit la seule façon d'imposer un changement politique.

"En que personnes ordinaires trahies, nous serons un jour forcés par les circonstances de prendre les choses en main et mener seuls la lutte pour un changement politique", déclare Muzamani. (FIN/IPS/AF/SA/DV/IP/LB/HD/IF/CS/PR/MD/TRA- EN/RK/JM/NA/14) (FIN/2014)

 

 

 

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