Inter Press Service News Agency
13:20 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

ISLANDE
Les baleines trouvent une bonne société
Lowana Veal

REYKJAVIK, Islande, 23 avr (IPS) - Des affiches portant l'inscription "Savez-vous qui a attrapé vos produits de la mer?" apparaissent maintenant sur les bus, trains et autres endroits à Boston. Elles font partie d'une campagne organisée par une coalition de groupes américains de défense de l’environnement.

La campagne appelée 'Whales Need Us' (Les baleines ont besoin de nous) vise à attirer l'attention sur les liens entre les baleines islandaises et les poissons vendus aux Etats-Unis

L’image d'une baleine apparaît sur les affiches, ainsi que le nom du site web où les personnes intéressées peuvent trouver plus d'informations.

Les groupes ont décidé de se concentrer sur Boston parce que le lancement de la campagne à la mi-mars coïncidait avec l'ouverture de l’Exposition des produits de la mer d’Amérique du nord au Centre des congrès de Boston. Les partisans ont placé un piquet devant l'étal de 'HB Grandi', l’une des plus grandes entreprises de pêche en Islande, demandant aux curieux d’arrêter de faire le commerce avec l’entreprise à cause de ses liens avec la pêche à la baleine.

Cette exposition est le plus grand événement commercial de produits de la mer en Amérique du nord.

Au début de la manifestation, les consommateurs de poissons ont été invités à demander à leurs détaillants et restaurants locaux de vérifier que leurs produits de la mer ne proviennent pas d'une source liée à la pêches à la baleine de l’Island.

"La campagne a pris contact avec des détaillants, grossistes et l'industrie des services alimentaires à travers les Etats-Unis pour leur faire savoir que les consommateurs américains ne veulent pas acheter des produits de la mer provenant des baleiniers, et pour solliciter leur aide", déclare Susan Millward, directrice exécutive de l'Institut du bien-être des animaux, l'une des organisations derrière la campagne 'Les baleines ont besoin de nous'.

Le 18 mars, le dernier jour de l'exposition de trois jours, 'High Liner Foods' (HLF), une entreprise américano-canadienne de commercialisation de produits de la mer, a annoncé qu'elle cesserait d’avoir des relations commerciales avec 'HB Grandi' en raison de ses liens avec la pêche à la baleine. Elle a des relations commerciales avec cette entreprise islandaise depuis octobre 2013.

Depuis la fin de l'exposition, les sociétés américaines 'Trader Joe's' et 'Whole Foods Market' ont rompu les liens avec 'Legacy Seafoods', une autre société basée à Rhode Island, en Nouvelle- Angleterre, qui importe auprès de 'HB Grandi' des quantités importantes de poissons.

HLF dit qu'elle n'a pas de contrats existants en suspens avec 'HB Grandi', et s’est engagée à ne pas conclure de nouveaux contrats avec la société jusqu'à ce qu'elle renonce totalement à son implication et sont intérêt dans la pêche à la baleine.

"Même si la politique de HLF est stricte sur le fait de ne pas faire des affaires avec des fournisseurs directement impliqués dans la pêche à la baleine, elle n'a rien à faire avec les personnes ou actionnaires de 'HB Grandi'. Nous n'avons aucun contrôle sur la propriété des entreprises privées ou publiques dans la base des fournisseurs de HLF", souligne à IPS, Elvar Einarsson de la division d'approvisionnement de 'High Liner'.

A la fin de 2011, 'High Liner' a racheté les activités de la société 'Icelandic Group' aux Etats-Unis et en Asie. 'Icelandic Group' a également convenu d'un accord de licence sur sept ans avec HLF pour l'utilisation de la marque 'Icelandic Seafood' dans les pays d'Amérique du nord jusqu'en 2018.

"Pour HLF, la commercialisation et la vente de produits de la mer provenant d'Islande sous la marque 'Icelandic Seafood' constituent une partie importante de notre activité. Il n'y aura pas de changement sur les approvisionnements de HLF auprès de ses autres fournisseurs islandais et on espère que la situation de 'HB Grandi' changera de sorte qu'ils soient en mesure de devenir l'un des fournisseurs de HLF à nouveau", déclare Einarsson.

En septembre 2013, Kristjan Loftsson de Hvalur, une société baleinière, augmenté les parts de sa famille dans 'HB Grandi' de 10,2 pour cent à 14,9 pour cent. Sur le site web de 'HB Grandi', Loftsson est présenté en tant que président du conseil d'administration de la société.

A ce moment, il y avait de toute évidence une certaine inquiétude par rapport aux répercussions que cela pourrait avoir. 'Undercurrent', un site web qui traite des activités de pêche, a cité "un acteur de l'industrie islandaise" comme ayant dit: "Hvalur est la seule société baleinière en Islande, mais la pêche à la baleine est de plus en plus une activité controversée. C'est évidemment un risque pour une société qui vend des poissons sauvages que leur propriété est étroitement liée à la pêche à la baleine".

Vilhjalmur Vilhjalmsson, directeur général de 'HB Grandi', a déclaré publiquement qu'il ne parlera pas à la presse sur le commerce de la société avec 'High Liner Foods'. Dans un bref communiqué de presse publié par sa société, il est cité comme ayant déclaré: "Nous sommes d'accord avec la politique du gouvernement sur l'utilisation rationnelle des ressources naturelles et n'avons rien à voir avec les opérations que chaque actionnaire choisit de pratiquer ou de ne pas pratiquer".

Mais Millward souligne qu'ils ne cherchent pas à attaquer les industries de la pêche d’Islande en tant que tel. "Cette campagne n’est en aucun cas une attaque sur l'économie de l'Islande mais [elle] vise uniquement les entreprises liées à la société baleinière Hvalur" explique-t-elle.

En 2011, le président Barack Obama a émis des sanctions diplomatiques sur l'Islande dans le cadre de l'Amendement Pelly. La coalition 'Les baleines ont besoin de nous' a de nouveau fait usage de cet amendement.

"La campagne a également exhorté le public à contacter le président Obama en lui demandant de prendre des mesures ciblées contre les sociétés islandaises liées à la pêche à la baleine en invoquant l'Amendement Pelly, un instrument promulgué par le Congrès américain comme un moyen d’imposer la conformité avec les traités internationaux de conservation", a déclaré Millward à IPS.

Dans une certaine mesure, cette politique a fonctionné. Obama a dit qu'il invoquerait l'Amendement Pelly et engagerait un certain nombre de mesures visant l'Islande. Mais encore une fois, ces mesures semblent être diplomatiques plutôt que des sanctions commerciales, bien qu’elles soient ont plus étendues qu'auparavant.

Par coïncidence, Sigridur Ingibjôrg Ingadottir, une députée islandaise de l’Alliance social- démocrate vient de déposer une proposition au parlement qui appelle à une enquête sur les répercussions économiques et commerciales que la pêche à la baleine aura sur l'Islande.

"L'enquête prendra en compte à la fois les petits rorquals et rorquals communs", a-t-elle indiqué à IPS. "Sommes-nous prêts à sacrifier plus pour avoir moins, alors qu’il y a opposition croissante à la pêche à la baleine et l'Islande est en train d’attraper plus de baleines que ce qui est jugé durable par la CBI [Commission baleinière internationale]?". (FIN/2014)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ETATS-UNIS: Les coupures d’eau à Detroit violent les droits humains, selon des activistes
NICARAGUA: Les gens de Mayagna et leur forêt tropicale pourraient disparaître
CHILI: Le pays jure de dissiper l’ombre persistante de la dictature
BRESIL: Carton rouge à l’exploitation des enfants lors de la Coupe du monde
THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes
SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antirétroviral pour les femmes
KENYA: Division des opinions sur la faisabilité de l’introduction de l’option B+
OUGANDA: Les ARV, une pilule amère à avaler pour les enfants
ALLEMAGNE: La nouvelle révolution énergétique continue d'avancer
OUGANDA: Les adolescents ont du mal à révéler leur statut sérologique
More >>